Managers, découvrez tous les secrets concernant l’art de l’écoute active

Dans la grande majorité des cas, la reconnaissance est la première revendication des enquêtes de bien-être au travail et démontre, si c’était encore nécessaire, l’importance de ce levier qu’est l’écoute active. C’est en effet le moyen le plus sûr de combler ce besoin vital, créateur d’énergie, de plaisir et par conséquent, de performance. L’écoute est en effet « l’arme fatale » de tout bon manager qui se respecte. C’est un art subtile et délicat qui demande patience, bienveillance, concentration et qui exige une grande humilité. Utilisé à bon escient, c’est l’outil clé qui permettra de créer toutes les conditions pour motiver durablement vos collaborateurs et ainsi l’emmener à des niveaux de performance inégalés.

Qu’il s’agisse de fêter un succès, de débriefer une erreur, de mener un entretien annuel ou encore de gérer un collaborateur qui n’est pas lucide sur son niveau de compétence, il est impensable de faire l’impasse sur l’écoute.

Les prérequis de l’écoute active 

Il y a de nombreux prérequis pour que l’écoute du collaborateur soit la plus qualitative possible. Bien entendu, en fonction des circonstances, il n’est pas toujours facile de remplir l’ensemble de ces prérequis et il ne s’agit bien entendu pas d’attendre qu’ils soient tous réunis pour écouter, sinon les occasions se feraient rares. Mais dans la mesure du possible, il faut essayer d’en respecter le plus grand nombre pour optimiser ce temps qualitatif avec le collaborateur ou le collègue s’il s’agit de la gestion d’un projet transverse.

1.      Attitude ouverte, bienveillante et disponible : on coupe le téléphone, les mails et le regard est concentré sur l’autre.

2.      Curiosité : il est indispensable de s’intéresser sincèrement à l’autre.

3.      Prise de note : l’idée est de noter les items que l’on voudra creuser. Cela montre à l’autre que ce qu’il dit est important et va fluidifier l’échange, à condition de ne pas être concentré sur son bloc note mais bien sur ce que nous dit l’interlocuteur.

4.      Assis côté à côté ou de ¾ : on gardera le « face à face » pour les situations conflictuelles car le non verbal joue un rôle prépondérant dans la qualité de l’échange.

5.      Dans l’idéal, dans un lieu calme et neutre

6.      En individuel : le collaborateur ne se confiera pas de la même manière en présence d’un tiers ou en collectif.

Les questions ouvertes

Ce sont les questions où il est impossible de répondre par oui ou par non. Les questions fermées, notamment au début de la discussion, bloquent l’échange et ne libèrent que trop péniblement la parole de l’interlocuteur. La bonne nouvelle est que pour chaque question fermée, il existe une question identique sous forme de question ouverte.

Le management repose entre autre sur la forme de nos propos. Nous préfèrerons donc « Comment se sont passées les vacances ? » en lieu et place de « Les vacances se sont bien passées ? »

Les relances

Trois type de relances sont particulièrement efficaces et évitent le sempiternel « dis m’en plus » ou « mais encore » un peu rébarbatif et manquant terriblement de finesse.

1.      La relance écho pouvant s’accompagner de « c’est-à-dire ». L’objectif est de creuser le mot intéressant de la phrase.

–         Avec ce client c’est toujours compliqué !

–         « Compliqué ? C’est-à-dire ? »

–         Bah oui, il est tatillon et cherche toujours à négocier en mettant une pression maximale.

2.      La relance silencieuse : C’est la relance la plus efficace, la plus simple à réaliser car « il suffit » de ne rien dire, de montrer à l’interlocuteur que l’on attende qu’il poursuive et automatiquement, il va développer ses propos. L’être humain déteste les blancs et les silences. Il se sent alors obligé de développer son propos, vous n’avez qu’à compter jusqu’à 2 dans votre tête et c’est gagné ! La vraie difficulté c’est de se retenir de combler de vide, de laisser son égo de côté et de laisser à l’autre la place de s’exprimer pleinement.

3.      La relance écho sur dissonance : soit les propos de l’interlocuteur sont congruents « ton briefing est très clair, j’ai parfaitement compris ce que l’on attend de moi » soit ils sont dissonants : « globalement, ça me semble plutôt clair » et dans ce cas, il est indispensable de creuser la relance avec une relance écho sur dissonance :

–         Comment s’est passé la réunion ?

–         Dans l’ensemble, elle s’est bien passée.

–         « Dans l’ensemble », c’est-à-dire ?

–         Non mais elle s’est bien passée, c’est simplement que la tension était palpable entre Franck et Gisèle au sujet de l’implémentation du nouveau SI, le climat se dégrade de plus en plus entre les deux, il est urgent de faire quelque chose.

On apprend beaucoup en étant à l’écoute des dissonances : c’est un levier indispensable pour lire entre les lignes et savoir ce que l’interlocuteur pense réellement. « Plutôt, dans l’ensemble, globalement, relativement, pas mal, pas inintéressant, oui oui, non non… », toutes ces formulations révèlent des difficultés sous-jacentes qui méritent d’être creusées pour savoir concrètement ce que pense l’interlocuteur.

Les limites de l’empathie ou comment diriger l’échange

Il est déterminant de ne pas laisser le collaborateur tourner en rond sur les problèmes en apparences insolubles, ni de le laisser s’empêtrer dans une victimisation de sa personne luttant désespérément contre les embuches que la vie met sur son passage. Il est indispensable d’orienter la discussion pour rendre l’autre acteur de son développement en l’aidant à se projeter pour qu’il ait à nouveau prise sur le monde qui l’entoure.

« Que peux-tu faire ? Qu’est-ce qui est en ton pouvoir pour améliorer la situation ? Sur quoi as-tu prise ? » C’est l’essence même du rôle de manager coach : rendre le collaborateur acteur et responsable de l’évolution des situations. Si aucune solution n’émerge, il faut alors être capable de clore l’entretien et laisser le temps au collaborateur de faire le cheminement qui lui permettra de trouver les solutions adaptées à sa problématique.

Les opportunités de pratiquer l’écoute

Les opportunités de pratiquer sont multiples et les progrès viennent très rapidement. Vous pouvez-vous entrainer avec votre gardienne, le commerçant au pied de votre immeuble, vos enfants, vos amis ou tout autre être humain désireux de sociabiliser.

Et pour savoir si vous êtes sur la bonne voie, posez-vous sincèrement la question à chaque fois que l’échange avec un collaborateur se termine : qui a davantage parlé ? Est-ce lui ou bien moi ? L’échange lui a t-il permis de se recharger en énergie ou bien repart-il plombé et démoralisé ?

En définitive, l’écoute active est un levier facilement accessible, et l’essayer c’est l’adopter.

Martin Fourcade : les 5 raisons d’une domination sans partage

Est-il encore besoin de présenter le palmarès hallucinant d’un des plus grands champions de l’histoire du biathlon ? Au-delà d’un nombre impressionnant de podiums dans sa discipline, Martin Fourcade est le seul biathlète à avoir remporté consécutivement six gros globes de cristal. Un exploit d’autant plus inédit qu’il remporte le sixième et dernier globe à six courses de la fin de la saison, du jamais vu ! Dès lors, comment expliquer une telle domination ? D’où lui viennent ces extraordinaires dispositions pour ce sport particulièrement exigent ? Et surtout, quelles sont les raisons d’une telle régularité au plus haut niveau ? Retour sur le parcours du double médaillé aux Jeux Olympiques 2014 qui ne semble pas prêt d’être rassasié de victoires et de records.

Des référents qui ont transmis des passions

« Quand tu as trois garçons à la maison, il faut les faire bouger. Sinon, ils te démontent les meubles et les rideaux ». Marcel Fourcade.

La famille Fourcade vie dans les Pyrénées Orientales. Marcel, le père, est guide et accompagne en montagne des groupes de randonneurs avec lesquels il partage sa passion pour la nature. Avec trois garçons turbulents, les parents du jeune Martin n’ont d’autre choix que d’inciter leurs enfants, à la limite de l’hyperactivité, à aller faire du sport et se défouler dehors pour préserver la décoration du chalet familial.

Cette enfance n’est pas sans rappeler celle d’un autre immense champion, Kilian Jornet. Comme lui, ses parents, à travers le partage de moments en famille dans un environnement sportif et montagnard, ont encouragé, valorisé et sans doute sur-applaudi à certains moments les réussites sportives de leurs enfants. Et c’est notamment ce regard particulièrement positif et bienveillant qui lui a permis de développer ses exceptionnelles aptitudes.  

Martin Fourcade est donc bercé dans son enfance par divers éléments qui deviendront des fondements immuables sur lesquels repose sa carrière hors norme. L’amour pour la nature et la vie en montagne, la passion du sport, du ski de fond au biathlon en passant par le hockey ou le VTT, il développe progressivement un physique et un mental de champion.

Sous le regard protecteur de parents et d’entraîneurs qui croient en lui et l’encouragent tout au long de son développement, le catalan s’est construit sur des bases saines qui font aujourd’hui la différence, notamment à travers une reconnaissance particulièrement positive lui permettant de développer une réelle passion pour son art.

Un passionné qui veut prendre du plaisir avant tout

« Né dans les Pyrénées Orientales j’ai eu la chance de grandir dans un environnement idéal pour concilier mes deux passions, le sport et la nature. » Martin Fourcade

Ses référents primaires étant passionnés de sport et de nature, et c’est tout naturellement vers ces deux univers que s’orientent les centres d’intérêts et les sources de plaisir du prodige français. Plaisir d’autant plus décuplé que le biathlon permet de concilier les deux, ce qui aurait par exemple été moins le cas avec le hockey … ou le ping-pong.

Nous ne le répéterons jamais assez, ce n’est qu’à travers nos passions que nous développons des points forts et que nous prenons le plus de plaisir. Et ce n’est qu’en prenant du plaisir que nous obtenons de très bons résultats dans la durée.

De quoi alimenter un cercle particulièrement vertueux : il prend du plaisir et reçoit donc de nombreux messages positifs à travers la pratique de sa passion. Cela lui permet d’emmagasiner un maximum de confiance, une confiance qui développe son énergie pour ainsi lui permettre de briller pendant les compétitions.

La combinaison de tous ces facteurs permet donc au champion de prendre continuellement du plaisir à pratiquer son sport de prédilection et par voie de conséquence, à performer sur le long terme. De bon augure pour les chances de médailles françaises lors des JO 2018, le biathlète qui enchaîne les performances s’éclatant « comme quand il était gosse » à chaque sortie.

 

Un point fort différenciant cultivé dès le plus jeune âge

« Quand il a débarqué, on a tout de suite détecté qu’il avait le plus gros potentiel. Il était très facile sur tous les exercices physique » Thierry Dusserre, actuel entraîneur de l’équipe de France féminine de biathlon.

Une mutation génétique est en partie responsable de ses capacités physiques hors du commun. En effet, celle-ci améliore l’exploitation du fer par son organisme. De plus, à l’image des coureurs kenyans qui s’entraînent sur les hauts plateaux africains, il possède un taux d’hématocrite élevé lui permettant de transporter beaucoup d’oxygène dans son sang pour alimenter ses muscles.

Le catalan est un donc par nature un monstre de physique mais surtout, il a l’intelligence de constamment cultiver ce point fort sur lequel repose toute sa stratégie. Ses entraînements de présaison s’inspirent en effet des méthodes pratiquées dans l’aviron en laissant la part belle aux exercices cardio-vasculaires.

De ce point fort découlent des qualités complémentaires qui lui permettent de dominer son sport de la tête et des épaules. Se fatigant moins vite que ses adversaires, il est plus lucide dans la gestion de sa course et fait alors preuve d’une intelligence situationnelle qui fait toute la différence, dans un sport où chaque seconde compte.

Autre avantage et non des moindres, son athlétisme spectaculaire lui permet de largement compenser ses carences au niveau du tir couché. Ayant besoin de plus de temps que la moyenne pour ajuster ses cibles, il compense ce manque de rapidité grâce à sa vitesse à ski. C’est pour toutes ces raisons que l’épreuve sur 20 km lui réussit particulièrement bien.

Un challenger animé par une mission intemporelle et qui a des rêves (très) ambitieux dans le viseur

« Jusqu’aux JO de Sotchi, j’avais cette envie de gagner, d’être n o 1, d’être champion du monde, de devenir champion olympique. Une fois que j’avais réalisé tout ça, je me suis demandé ce qui pourrait encore me pousser. La réponse a été : être meilleur, parce que ça, ça n’a pas de limites ! » Martin Fourcade.

La mission intemporelle que se donne alors le champion : s’améliorer à chaque fois pour repousser les limites et être toujours plus fort et plus compétitif. Cette mission se ressent notamment dans le renouvellement perpétuel des exercices effectués lors de ses préparations, l’objectif étant de toujours optimiser les séquences d’entraînement.

Dans tout ce qu’il fait, que ce soit dans la fabrication de son arme, dans ses trajectoires ou lors de ses entraînements, il n’a qu’une obsession, cohérente avec sa mission : la recherche de la perfection. À l’image d’un Roger Federer qui cherche perpétuellement à réaliser le match parfait, la lassitude ne risque pas de le guetter sachant que la perfection, au grand damne des plus maniaques d’entre nous, n’existe pas.

Ces ambitions et cette confiance en soi ne sont pas synonyme d’arrogance. Le biathlète français a simplement compris que l’on atteint uniquement ce que l’on vise. Ce qui fait sa force, c’est donc aussi sa capacité à se fixer des objectifs ambitieux en s’accrochant à une motivation et à une détermination hors du commun pour les atteindre.

Son rêve ambitieux du moment : « être le premier biathlète à monter sur tous les podiums d’un championnat du monde ». Il ne se contentera donc pas du titre de champion du monde et heureusement car ses sources de motivations auraient disparu dès l’atteinte de cet objectif.

Au lieu de ça, il va continuer à accumuler les podiums et autres trophées jusqu’à venir à bout de ce projet particulièrement challengeant. Il y a donc fort à parier que les observateurs de la discipline n’ont pas fini de commenter ses exploits lors des différentes étapes du circuit mondial jusqu’à l’atteinte de ce record inégalé (et inégalable ?). C’est l’apanage des plus grands : construire des projets et ne pas se contenter de « simples » objectifs. C’est toute la différence entre lui et des comètes telles que Yannick Noah ou Niko Rosberg qui ont tout lâché dès que l’objectif était atteint.

Un perfectionniste besogneux obnubilé par les détails et le travail… de fond

« Dans son « boulot » de biathlète, c’est sa méticulosité qui l’emporte. Il sait ce qu’il va faire trois mois à l’avance ». Marcel Fourcade.

Fourcade a progressivement relevé son niveau d’exigence en même temps que son niveau sportif depuis son arrivée sur le circuit professionnel. Ce dernier prépare méticuleusement chaque détail de la course et cherche à recueillir le plus grand nombre de données possibles : conditions météorologiques, adversaires, parcours : il veut avoir un maximum d’informations pour partir serein en anticipant les différents scénarios envisageables et la meilleure façon de réagir en fonction de l’évolution de la course.

En cohérence avec sa mission, il teste sans cesse de nouvelles choses pour se préparer de la façon la plus optimale possible. « Je fais un mixte de tout ce qui a marché, je remplace ce qui n’a pas fonctionné ». L’été dernier, il s’est préparé avec les équipes de France de biathlon et de ski de fond… et avec l’équipe de Suède « pour tester différentes méthodes ».

Spontanément, il se présente lui-même comme quelqu’un de carré. Pour preuve, quand le quotidien l’Equipe lui formula une demande sur les détails d’une préparation estivale, ce dernier envoya la liste complète de son programme sans occulter le moindre détail. Il transmit alors aux journalistes une page de données chiffrées jusqu’au nombre précis de bananes et de pâtes de fruits avalées à l’entraînement.

Le fait d’avoir tout gagné présente aussi un réel avantage. Aux dires de ses proches, il prend le départ des courses avec beaucoup moins de stress qu’à ses débuts car il se focalise désormais uniquement sur la manière de remporter la course et non sur le résultat final. Cette concentration sur les basiques évite l’inhibition engendrée par le stress d’un trop plein de pression d’enjeu en focalisant le champion sur la pression sur le jeu, sur le « comment on fait pour gagner ? », qui réduit considérablement le stress.  

Même après un effort d’une intensité extrême, Martin Fourcade a la capacité de ne négliger aucun détail. Par exemple, à l’arrivée à la mass-start aux JO de Sotchi où il finit deuxième après un sprint dantesque, il prend le temps de saluer le vainqueur et marche d’un pas léger vers la zone mixte. Une véritable intox psychologique sachant qu’il tombera d’épuisement quelques minutes après, passant à deux doigts de l’évanouissement. Mais ne pas montrer ses faiblesses à ce moment-là de la course a forcément eu un impact pour la suite de la compétition qu’il remportera dans la foulée.

Pour résumer, celui qui marque chaque jour un peu plus l’histoire de son sport s’appuie, sans surprise, sur une recette qui fait mouche systématiquement. Martin Fourcade est en effet à lui seul une entreprise profondément cohérente. Animé par une mission intemporelle, il sait formuler des projets ambitieux en adéquation avec ses points forts et ses sources de plaisir qui découlent directement des sujets sur lesquels il a été valorisé étant petit. Il trouve ainsi l’énergie de se transcender à chaque course et de challenger l’existant sans remettre en cause les fondements sur lesquelles se basent ses réussites passées. Finalement, il ne reste qu’une question en suspens : jusqu’où ira le chasseur de records avec une telle capacité de travail ? Très loin sans doute car comme le disait Confucius, « Fais de ta passion ton métier et tu ne travailleras pas un seul jour de ta vie ».

 

 

 

 

 

 

 

Barcelone – PSG : toutes les clés managériales qui permettront à Unaï Emery de reproduire l’exploit

Demain, le PSG a rendez-vous avec l’histoire à 20H45 au Camp Nou pour le match retour des huitièmes de finale de la ligue des champions. Après un premier acte d’anthologie qui a vu le PSG dominer l’ogre catalan de la tête et des épaules, quels sont les ressorts motivationnels que Unaï Emery peut utiliser pour que le deuxième acte soit d’un aussi bon acabit que le match aller ? Retour sur une technique managériale permettant de maintenir la motivation et la concentration de l’équipe sur la durée et ainsi reproduire les succès passés. Cette recette universelle qu’est la mécanique de bilan / lancement peut s’appliquer à tous les secteurs et à tous les projets ; et l’actualité du PSG est un excellent moyen de le démontrer.

Un bilan énergisant pour capitaliser sur la victoire du match aller

Le bilan a pour objectif de mesurer le chemin parcouru, de redonner l’énergie dépensée aux acteurs du projet et de capitaliser sur les raisons du succès. Pour se faire, le bon manager ou gestionnaire de projet se doit de suivre un processus bien défini.

1. Rappeler les enjeux et les objectifs du projet.

La mission que se sont donnés les dirigeants du PSG est claire : permettre au plus grand nombre de « rêver grand » grâce à un club qui domine le football mondial. L’objectif qui en découle est limpide : remporter la ligue des champions et ainsi devenir les maîtres incontestés de la scène européenne. Les hommes de Nasser Al-Khelaïfi se sont incontestablement rapprochés de cet objectif suprême et il semble déterminant de redonner du sens à cet exploit.

« Laissez-moi vous dire une seule chose : ce soir, vous avez permis à des millions de personnes de rêver plus grand. C’est notre raison d’être et vous pouvez être fiers de remplir votre mission avec autant d’enthousiasme et de panache ».

2. Raconter la période écoulée et les difficultés rencontrées

L’objectif de cette étape est de valoriser les efforts, les difficultés surmontées et les progrès de l’équipe pour redonner, à minima, l’équivalent de l’énergie dépensée sur la période.

« Pour en arriver à ce résultat, nous avons rencontré pléthore de difficultés. A commencer par les nombreuses éliminations et désillusions des années passées contre le FC Barcelone qui trottaient obligatoirement dans tous les têtes. S’ajoute à cela la blessure de Thiago, notre pilier en défense, la veille du match et l’inexpérience au plus haut niveau de kimpembe. Sans oublier le changement de philosophie de jeu implémentée au début de la saison qui a potentiellement perturbé votre philosophie de jeu et qui a pris du temps à être intégrée. Bref, ce match était loin d’être gagné et, au début de la rencontre, nous étions loin d’avoir la côte chez les bookmakeurs contre l’armada offensive de Barcelone. »

3. Citer les services contributeurs

Favoriser la transversalité signifie, quand les choses vont bien, de savoir rendre à César ce qui appartient à César. Et en l’occurrence, une telle victoire nécessite que l’ensemble du staff du PSG soit au diapason, et notamment le staff médical. Dans une compétition aussi relevée que la ligue des champions, pouvoir bénéficier d’une équipe (presque) au grand complet avec des joueurs à 100% de leur forme est une réelle condition de succès. Entre le déplacement à Bordeaux le vendredi soir et le match de mardi, il y a fort à parier que le staff technique et médical a remué ciel et terre pour permettre au coach d’aligner l’équipe la plus compétitive possible.

N’oublions pas les supporters parisiens qui avaient préparé un magnifique tifo pour l’entrée des joueurs sur la pelouse et qui ont supporté l’équipe dans une ambiance extraordinaire tout au long de la rencontre. Le 12ème homme à jouer son rôle à fond et, à n’en pas douter, a eu un impact déterminant sur l’issue de la rencontre.

4. Evoquer le résultat et féliciter les membres de l’équipe

« Joder chicos !!! 4-0 !! No van a olvidarlo ! Qué guay ! Qué buenos sois ! Angel, Julian, Edi, Marco, estais a tope !!! Increible !! » La langue maternelle reprend souvent le dessus dans les moments de colère… ou d’extase ! Nous pardonnerons aisément au coach ses écarts de langage sachant que le point 5 est bien plus important pour reproduire le succès dans la durée.

5. Tirer des enseignements à l’origine de la victoire éclatante

Eisenhower disait : « les grandes défaites se préparent les soirs des grandes victoires. »

Généralement, galvanisés par la victoire et l’euphorie, nous sommes tellement occupés à faire la fête et à célébrer l’heureux évènement que nous ne prenons pas suffisamment le temps d’analyser les raisons du succès. Et c’est pourtant les raisons de ce dernier qu’il convient d’analyser avec minutie pour en tirer des enseignements. C’est là qu’interviennent les indicateurs, qui, comme leur nom l’indique, indiquent si les fondamentaux sont respectés ou pas.

Encore à ses balbutiements, le big data fournira bientôt toutes les données possibles et imaginables sur des items extrêmement variés et il y a fort à parier que l’intelligence artificielle nous servira sur un plateau une analyse aussi minutieuse que pertinente. En attendant ce glorieux jour, c’est au manager ou au chef de projet d’analyser en profondeur les raisons du succès pour permettre à son équipe de capitaliser sur les bonnes pratiques ; et ainsi maximiser les chances de les voir se reproduire dans la durée.

« Une des clés a été la préparation minutieuse de ce match. Toutes ces heures à analyser les vidéos et le souci du détail à l’entrainement nous a permis de faire en sorte que le match se déroule exactement comme prévu ! On ne les a pas laissés respirer une seconde : pressing d’une intensité folle, agressivité phénoménale toujours dans le respect des règles, relance impeccable, verticalité et projection rapide vers l’avant, sérieux défensif et solidarité, efficacité dans le dernier geste, bref c’est une copie particulièrement propre qui a été rendue. »

6. Organiser un moment festif

Il peut s’agir d’un petit déjeuner, d’un apéro, d’un barbecue, d’un dîner d’équipe ou d’un team building. Cela dépendra de l’ampleur du projet mené à son terme ou du contrat conclu. Le but est simplement de continuer à se remémorer les étapes marquantes du projet, les bons souvenirs étant bien entendu facteurs de cohésion. Nul doute que les parisiens ont célébré cette victoire dignement, peut-être pour le plus grand bonheur du TFC, l’adversaire « d’après ».

Cette victoire marque à n’en pas douter un tournant dans l’histoire du club mais personne n’est dupe : le PSG n’a pas encore éliminé le Barça. Et il parait judicieux d’ajouter que le PSG n’a pas non plus remporté la ligue des champions et que la route semble encore longue et particulièrement tortueuse pour décrocher le saint graal. UnaÏ Emery va donc avoir besoin de remobiliser ses troupes à chacune des grosses échéances qui attendent le PSG sur le chemin du Principality Stadium de Cardiff.

Une causerie d’avant match efficace pour réussir le match retour

L’objectif d’un lancement est de concentrer l’énergie des collaborateurs et de les mobiliser sur des objectifs et des priorités clairement définies pour réduire le stress, inhérent dans ce genre de confrontation. Quelle tournure va donc prendre le speech de l’ancien patron du FC Séville ? Si nous pouvions nous mettre dans le short du coach, voici peu ou prou à quoi ressemblerait la causerie d’avant match.

1. Enoncer les principaux enjeux et les objectifs de la période à venir

Le lancement doit mettre en avant la cohérence des exigences et permettre aux collaborateurs de relier les tactiques de la période à venir à la stratégie globale de l’entreprise ou du service.

« Nous sommes sur le bon chemin pour monter sur le toit du football européen. L’objectif de ce soir, c’est de mettre un but avant la mi-temps. Je ne pense pas qu’ils pourront nous mettre 6 buts dans la même rencontre. »

2. Anticiper et évoquer les principales difficultés à venir

Ce n’est généralement pas un réflexe, mais dans l’annonce d’un changement ou dans le lancement d’un projet, il est important d’anticiper et de formuler les différents obstacles auxquelles l’équipe sera confrontée.

Cette étape qui peut sembler délicate a pour but d’augmenter la lucidité de l’équipe quant à la complexité de la mission, évite certaines mauvaises surprises et un certains nombres d’objections. Dire « Je sais que l’implémentation du nouveau système d’information tombe en pleine clôture et que cette année, l’exercice va être particulièrement délicat » permet de couper l’herbe sous le pied de l’auditoire et d’éviter les remarques contre-productives telles que « Voilà, et devine quand ça va tomber !? En pleine clôture ! C’est toujours pareil de toute façon ! »

« Ne faites pas l’erreur de croire que c’est jouer. Ils sont chez eux, ils vont utiliser toute la largeur du terrain pour nous déborder, la MSN a des statistiques stratosphériques et surtout, ils sont animés par une mécanique très puissante : la motivation revancharde. La presse et leur public les conspuent depuis notre victoire et je vous rappelle que le lion blessé est particulièrement dangereux. Les 15 premières minutes vont être très pénibles et il ne faudra surtout pas craquer au risque de faire naître de l’espoir chez nos adversaires. »

3. Expliquer les moyens pour atteindre l’objectif

La pression sur le jeu doit primer la pression d’enjeu. Le manager doit transformer la pression liée aux indicateurs et au résultat en concentration sur les tactiques qui garantissent le succès.

« Ils sont fragiles sur les coups de pieds arrêtés, ils vont être obligés de se découvrir et nous, nous allons procéder avec des contre-offensives rapides. Pour cela, les clés sont les mêmes qu’au match allé : pressing d’une intensité folle, agressivité phénoménale toujours dans le respect des règles, relance impeccable, verticalité et projection rapide vers l’avant, sérieux défensif et solidarité, efficacité dans le dernier geste. N’oubliez jamais que c’est votre état d’esprit de guerrier qui fera la différence. »

4. Concentrer les membres de l’équipe sur quelques priorités

La loi de Pareto, très utile, notamment dans la déclinaison d’une feuille de route, permet d’énoncer que 20% des efforts des collaborateurs représentent 80% du résultat obtenu. Le but est alors de définir les deux ou trois priorités majeures pour concentrer les membres de l’équipe sur les fondamentaux indispensables qui maximiseront les chances de succès.

« Solidarité, rigueur et concentration, intensité et précision dans les passes et pour finir, verticalité pour rapidement remonter le ballon. »

5. Rappeler des règles du jeu ou des fondamentaux négligées

Dans le cas d’un bilan après d’un résultat positif, les axes d’améliorations ne sont pas évoqués. Mais que les perfectionnistes se rassurent, ils n’ont pas été occultés pour autant. Et le lancement est l’occasion d’augmenter encore d’un cran le niveau d’exigence.

« Aujourd’hui, je veux que l’on reste concentré jusqu’à la fin du match. A l’allée, la fatigue aidant, il y a eu plus de déchet dans la relance et nous avons failli nous faire piéger sur un coup de pied arrêté. Je vous demande encore plus d’effort sur ce sujet capital. »

6. Encourager par un message positif en rappelant la principale condition de succès

« Ça se joue au mental les gars, je veux un état d’esprit irréprochable. C’est le PSG du match aller que je veux voir ce soir ! Prenez du plaisir, vous bossez toute l’année pour ces 90 minutes, éclatez-vous ! Et visez la victoire ! Si on va chercher le 2-0 dans la tête, le reste va suivre tout seul ! »

En résumé, qu’il s’agisse d’un lancement de produit ou d’une opération commerciale ; du kick-off d’un projet, d’une partie de foot ou d’une randonnée en montagne ; le bilan / lancement est un outil indispensable pour garantir durablement l’investissement d’une équipe autour d’un projet ambitieux en posant différents jalons qui permettront de minimiser les chances que l’équipe se relâche au beau milieu de l’aventure.

La problématique de la continuité, très présente notamment au sein des équipes commerciales fonctionnant sur des cycles mensuels, permet à chacun de mesurer le chemin parcouru pour reprendre de l’énergie et continuer d’avancer.

Coach, leader, facilitateur, les 7 leçons de management de Mike Horn

Depuis plus de 20 ans, Mike Horn, l’aventurier explorateur qui a fait de sa passion son métier, parcourt les quatre coins du globe pour repousser ses limites et accumuler exploits et records. A force de se retrouver seul face à lui-même, ce solitaire fait également preuve d’une profonde connaissance des ressorts motivationnels que nous avons en chacun d’entre nous. A la lumière des deux expéditions qu’il a effectuées avec Michael Youn et Matt Pokora dans le cadre de l’émission « A l’état sauvage », nous revenons sur ses talents de coach qui ont permis aux deux célébrités de se dépasser et de relever l’immense défi qui s’imposait à eux.

 

Leçon N° 1 : le coach nous aide à voir les choses différemment pour permettre de nous réaliser

« Si vos rêves ne vous font pas peur, c’est qu’ils ne sont pas assez grands. » Voici une formule qui résume assez bien la philosophie de vie du célèbre explorateur.

En effet, un coach a trois missions principales :

  1. Nous (ré)aligner avec qui nous sommes
  2. Nous libérer de nos contraintes pour nous autoriser à rêver
  3. Créer les conditions d’atteinte dudit rêve.

Et c’est précisément ce que fait le coach Mike Horn. A travers son slogan : « Il n’y a qu’une seule limite, celle qui est en nous » apparait son leitmotiv : pousser l’autre au bout de ses limites, dans ses derniers retranchements physiques et psychologiques pour lui révéler qui il est. Et c’est en cumulant la fatigue, la faim, la soif et les conditions extrêmes dans un environnement hostile qu’il pousse l’autre à voir qui il est vraiment.

 

Leçon N°2 : le lancement du projet pour embarquer les équipes

En bon gestionnaire de projet, Mike Horn soigne le lancement de l’épopée en respectant une trame qui va donner envie de s’investir dans l’aventure :

  1. Le contexte et le sens : « Nous sommes au beau milieu de nulle part, nous allons vivre une aventure extraordinaire. Nous allons marcher où personne n’a jamais marché, dormir où personne n’a jamais dormi. Nous allons voir des environnements extraordinaires et repousser les limites pour savoir qui tu es vraiment. »
  2. L’objectif : « Nous allons faire 150 Km en milieu hostile pour retrouver la civilisation. »
  3. L’amplification des difficultés à venir : « ça va être très difficile, c’est tout sauf une promenade de santé, tu n’as jamais été confronté à un défi de cette envergure. »
  4. Le plan d’action et les moyens à disposition : « 6 jours, 5 nuits, 30 Km par jours, des descentes en rappel, 70 Km de dunes… On va prendre le strict minimum, ce que la nature ne peut pas fournir : un hamac, un sac de couchage, un couteau et une gourde pleine pour éviter que le sac ne soit trop lourd. Il va falloir mettre l’énergie au bon endroit pour éviter d’en perdre. »
  5. Règles du jeu et consignes de sécurité : « regarde, observe, soit attentif et vigilant, ton bâton c’est ta ligne de survie, c’est la distance entre la vie et la mort »
  6. Mot d’encouragement pour lancer la première étape.

 

Leçon N° 3 : Regardez les choses de façon positive

C’est sans doute la leçon la plus importante transmise par le coach Mike Horn. « Ton regard crée ton environnement ». Ressasser les problèmes et râler à chaque pas rend l’exercice encore plus dur. Il faut changer ce regard, voir le côté positif des choses en se disant : il n’y a qu’ici et nulle part ailleurs que la vie peut offrir une telle expérience.

Il faut commencer par y croire, être acteur de ses problèmes en y apportant des solutions. « D’un coup, ton univers va s’ouvrir et ton regard sur le monde et sur cette aventure va changer ». En d’autres termes, il ne s’agit pas de croire ce que l’on voit, il s’agit de voir ce que l’on croit. Quand on joue avec cette idée, c’est notre univers tout entier qui est métamorphosé. 

 

Leçon N°4 : le séquencement du temps pour cadencer les efforts

Michael Youn : « tu m’as donné la force d’avancer avec ton histoire de rivière. »

L’idée d’infini est totalement démotivante pour l’être humain. Pour performer dans la durée, l’être humain a besoin de séquences courtes qui lui permettent de mesurer très régulièrement le chemin parcouru, capitaliser sur les succès et reprendre de l’énergie pour continuer. Cette politique des petits pas, Matt Pokora en fera même son nouveau slogan : « Pour aller loin dans la vie, c’est un pas après l’autre. »

C’est une des techniques de coaching que l’explorateur utilise tout au long du voyage et qui garantit que la célébrité dont il a la charge n’abandonne pas au milieu des dunes de sables ou dans la jungle au pied d’un arbre.

Mike Horn séquence donc le trajet journalier en plusieurs petites étapes, à la fois ambitieuses et réalistes, en redonnant à chaque fois du sens et en parlant des bénéfices quand l’étape sera atteinte. « On va arriver là-haut, cela nous permettra de visualiser le chemin le plus direct pour arriver au village, ça va nous permettre d’économiser plusieurs kilomètres de marche. Et en plus le panorama sera magnifique. »

Dernier élément, il ne répond jamais de façon explicite à ses acolytes lorsque ceux-ci le pressent pour savoir « combien il reste de kilomètres aujourd’hui ? ». En revanche, il continue à séquencer le parcours pour donner de la visibilité à court terme. « Regarde, on va en haut de cette montagne et on aura bien mérité une pause ». Il veille à ce que les pauses ne soient pas trop longues, il donne des petites baies énergétiques qui permettent de redonner le petit coup de « boost » qui fait avancer jusqu’à la libération. Tel un équilibriste, il pilote constamment l’énergie pour obtenir le meilleur de l’autre sans jamais atteindre le stade du découragement.

 

Leçon N°5 : la valorisation des efforts et des progrès pour redonner de l’énergie

A chaque étape, Mike Horn fait un bilan positif de ce qui vient d’être accompli pour donner l’énergie de passer à la prochaine étape. Il valorise les progrès, revient sur les difficultés surmontées et il est à l’écoute des sensations de l’autre.

Il valorise par exemple la première descente en rappel et écoute les sensations que Matt Pokora a eu. Il remonte le moral en envoyant des messages très positifs : peu de gens arrivent à faire ce que tu as fait aujourd’hui, c’est normal d’être fatigué. Il note chaque progrès : « tu fais moins de bruit, tu observes, tu te lèves la nuit pour remettre une bûche, je vois que tu t’impliques beaucoup plus et désormais, on est vraiment une équipe. »

Quant au lancement de la séquence suivante, il reprend la trame évoquée précédemment : Sens, objectif, difficultés à venir, moyens pour surmonter les difficultés et encouragement. 

 

Leçon N°6 : l’exemplarité, un prérequis indispensable pour manager

« C’est important que je montre l’exemple, c’est un acte visuel : je suis convaincu que les actions parlent plus fort que les paroles ». Mike Horn

Pour Mike Horn, l’exemplarité n’est pas qu’un simple principe, c’est une condition du succès pour mener l’expérience à son terme. A 50 ans, il affiche une détermination sans faille à chaque instant : son sac est plus lourd (quand il ne porte pas carrément le deuxième sac), il marche plus vite, il ne râle jamais : le rôle de leader charismatique lui va à merveille et lui permet de tirer le binôme vers le haut tout en inspirant le plus grand nombre.

Il montre la voie quand il s’y reprend à deux fois pour atteindre le haut d’un cocotier. A travers cette abnégation, il prouve sa détermination à se dépasser constamment et à ne jamais lâcher. Après une telle prouesse, il est plus difficile pour son binôme de se chercher des excuses pour ne pas se dépasser à son tour.

 

Leçon N° 7 : Pour faire grandir, s’adapter au niveau d’autonomie de l’interlocuteur

La meilleure manière de retenir quelque chose est de vivre une expérience qui va favoriser la prise de conscience, la remise en question et, immédiatement après, une évolution des pratiques. Il s’agit très certainement de la meilleure façon de retenir un enseignement et c’est précisément la clé d’entrée de Mike Horn pour sensibiliser Matt Pokora sur les dangers de la jungle.

Mike Horn commence en effet l’initiation de sa jeune « recrue » par une « learning experience ». Il se camoufle et se place juste à côté de Matt Pokora qui ne se rend compte de rien jusqu’à que celui-ci lui saute (amicalement) dessus.

« Tu es passé à côté de moi sans me voir, il va falloir que tu sois beaucoup plus attentif parce que sinon la jungle va te tuer ».

En bon pédagogue, il sait s’adapter au niveau d’autonomie de son binôme et lui permet de repousser progressivement ses limites au fur et à mesure de l’expédition et l’accompagne pas à pas dans son développement. Le but n’est pas de le décourager mais plutôt de le pousser dans ses retranchements en augmentant la complexité des tâches au fur et à mesure.

En résumé, Mike Horn ; de par son charisme, son expérience, son empathie, son exigence bienveillante, ses conseils, son exemplarité et sa façon de manager un projet ; devient un référent dont le regard pousse l’autre à se dépasser. Dans un rôle de facilitateur de la transition, et en l’espace de cinq jours, il parvient à métamorphoser deux célébrités habituées au confort occidental tant et si bien qu’ils ne souhaitent qu’une chose, poursuivre le voyage pour que l’aventure ne s’arrête pas. C’est la force de ce coach : il est passionné et transmet sa passion à travers une approche de coaching particulièrement cohérente : pousser l’autre dans ses retranchements tout en créant les conditions de la motivation pour l’amener à découvrir qui il est et ainsi le révéler sous son meilleur jour.

Pourquoi l’Homme a t-il tant besoin de reconnaissance ?

Que peuvent bien avoir en commun une dame âgée qui papote avec la caissière du supermarché le lundi soir à l’heure de pointe, un enfant qui écrit au feutre sur les murs de sa chambre et un salarié en rejet total de la stratégie de son entreprise ? Peut-être l’aurez-vous deviné, chacun manque à différents degrés du besoin universel de l’être humain : la reconnaissance.

D’où nous vient ce besoin vital ? Pourquoi est-il indispensable à notre épanouissement ? Et surtout, que se passe-t-il lorsque celui-ci n’est pas assouvi ? Retour sur un besoin fondamental trop souvent galvaudé malgré son impact déterminant sur la motivation des équipes, et par conséquent, sur les performances de l’entreprise.

  1. Des expériences scientifiques et anthropologiques qui prouvent que la reconnaissance est vitale pour l’Homme.

Lorsque l’on demande à quelqu’un de quoi l’être humain a besoin pour vivre, la réponse qui revient le plus souvent et de manière très spontanée est « Boire, manger, dormir ». Une réponse somme toute logique, notamment lorsque l’on pense aux besoins énoncés par Maslow. « L’expérience interdite » de l’empereur Frédéric II nous montre que sa fameuse pyramide éponyme est cependant incomplète, voire erronée.

Au treizième siècle, Frédéric II, empereur du saint empire romain germanique, passionné par les langues (il en parlait 9) se demanda qu’elle était la langue naturelle que parlerait l’être humain s’il n’était pas influencé par le dialecte utilisé par son entourage.

Pour mener à bien cette quête de la langue originelle, il confie six orphelins à des nourrices. Il demande à ces dernières de subvenir à tous les besoins physiologiques des bébés mais leur interdit de leur parler et de discuter entre-elles en présence des nourrissons. Les infirmières s’en occupent alors de façon automatique sans un lien privilégié d’attachement. Privés d’affection, les jeunes enfants dépérirent et finirent tous par mourir.

Dès les années trente, le psychiatre René Spitz nommera cet état l’hospitalisme. En observant le comportement de bébés placés dans une pouponnière de prison et séparés de leurs mères délinquantes, il constata avec effarement l’évolution dramatique de l’état psychologique des nourrissons.

Le premier mois, les enfants sont tristes, pleurent et recherchent le contact physique avec tout adulte à proximité. A partir du second mois, Spitz constate un arrêt du développement et le début de la perte de poids. Puis, au bout de trois mois, l’enfant refuse le contact, la nourriture, il a des insomnies. Il demeure anxieux et indifférent. L’enfant est vide, totalement absent, abattu, il a une activité répétitive : il se berce lui-même, suce le pouce avec le regard perdu, et parfois même, il se tape pour provoquer une interaction. Il n’y a plus aucun intérêt pour les gens et l’environnement.

Dans sa pyramide éponyme, Maslow place le sentiment d’appartenance, et par conséquent la socialisation, au troisième étage des besoins de l’être humain. Ces expériences et ces observations tendent à prouver, de façon irréfutable, qu’homo sapiens est avant tout un animal social qui a besoin d’interactions d’ordre affectives avec ses semblables.

  1. Un besoin vital qui va s’ancrer dès la naissance et durer toute notre vie.

Nous avons tous en tête l’image du tout jeune poulain qui se tient sur ses quatre pattes quelques minutes à peine après être sorti du ventre de sa mère. Les nouveaux nés des espèces nidifuges ; à savoir la plupart des proies, les herbivores et certaines espèces d’oiseaux ou de cétacés ; font preuve d’une formidable autonomie quelques minutes seulement après la naissance. Il est en effet vital pour la survie de l’espèce qu’ils soient capables de se déplacer rapidement pour échapper aux prédateurs.

A l’inverse, l’espèce humaine n’est autonome que très tardivement. Edenté, incapable de tenir debout, totalement impotent, le « petit d’homme » n’est finalement qu’un grand prématuré incapable d’autonomie avant environ une vingtaine de mois. Ceci n’est que la conséquence de la merveilleuse capacité d’adaptation de la nature.

Pourquoi diable mère nature ferait-elle cela ? La naissance au terme de 9 mois n’est que la résultante de deux bouleversements majeurs survenus durant notre longue évolution. Le premier bouleversement date d’homo erectus : le redressement et le passage à la station debout. Lorsque l’espèce humaine est devenue bipède, notre bassin s’est rétrécie rendant impossible une gestation trop longue pour la mère.

Deuxième bouleversement, l’utilisation d’outils par homo habilis. L’accès régulier et pour ainsi dire quotidien à des protéines issues de la chasse a grandement augmenté nos capacités cérébrales et la taille de notre boite crânienne. La nature, qui sait faire preuve de pragmatisme, s’est une fois de plus adaptée en trouvant un juste équilibre entre la taille du bassin et le volume de la boite crânienne.

Cet état « végétatif » nous rend totalement dépendant du regard de nos parents. C’est la raison pour laquelle les enfants sont des boulimiques de reconnaissance et ne se lassent jamais d’être observés, valorisés voire sur-applaudis dès lors qu’ils sont en présence des référents indispensables à leur épanouissement.

Le besoin de reconnaissance est une des principales sources de motivation de l’enfant. Quel parent n’a pas en mémoire des enfants surexcités autour de lui durant une conversation téléphonique qui s’éternise un peu ? Le message subliminal envoyé par l’enfant est : « regarde-moi ».

Quand on ne s’intéresse pas au dessin qu’un enfant a fait sur une feuille, il colorie les murs et obtient ce qu’il désire, de la reconnaissance. Reconnaissance certes négative (il se fait gronder), mais de la reconnaissance tout de même. La plupart des bêtises des enfants sont liées à un manque ponctuel d’intérêt pour ce que fait l’enfant. Bien entendu, l’inconscient préfère la reconnaissance positive. Mais il préfèrera toujours la reconnaissance négative à l’indifférence qu’il ne pourra jamais supporter.

  1. A l’âge adulte, le manque de reconnaissance a un impact tout aussi désastreux.

Si les enfants sont des boulimiques de reconnaissance, il en va exactement de même pour les adultes. L’octogénaire qui va faire ses courses à l’heure de pointe cherche simplement « à voir du monde » et tente de combler la solitude qui l’accable au quotidien. Même si c’est agaçant pour les actifs pressés et stressés, il faut garder à l’esprit que pour elle, un peu comme le passage du facteur dans certains villages, une des rares occasions de socialisation.

Les personnes âgées sont souvent sujet à la solitude avec des conséquences non moins dramatiques. Cela se traduit en premier lieu par un déclin de l’attention portée à soi. Après tout, si personne ne vous voit, à quoi bon prendre soin de son apparence ? S’en suit alors un arrêt de l’alimentation, des démences séniles telles que l’invention d’un monde imaginaire, et dans les pires cas, des complications neuropsychologiques.

L’isolement empêche la verbalisation des affects et donc la possibilité de communiquer nos émotions et ressentis, nos angoisses et nos peurs aux autres et se faisant de les soulager en partie. Cela engendre Dépressions, attaques de paniques, troubles émotionnels, diminution des capacités d’analyse et de repérage dans le temps et l’espace, problème de mémoire, désorientation, absences… Toutes ces manifestations de la solitude ne sont pas sans rappeler l’hospitalisme des nourrissons livrés à eux-mêmes.

Au sein de l’entreprise, le manque de regard de la part du manager, référent secondaire indispensable à l’épanouissement de l’individu, a de nombreuses conséquences. Cela provoque des comportements nocifs, ceux-ci ayant de profonds impacts sur la performance globale de l’entreprise.

Le schéma de la démotivation.

Ces symptômes vous rappellent certains de vos collègues ? Ne cherchez plus, ils sont tous la conséquence d’un seul et même syndrome : le manque de reconnaissance de la part de la hiérarchie. L’impact des difficultés personnelles est bien évidemment à prendre en compte mais dans la grande majorité des cas, dès que l’on creuse un peu, on s’aperçoit qu’il s’agit là encore d’une cruelle absence de regard.

Vous en conviendrez, l’absence de reconnaissance n’a vraiment rien de réjouissant. A contrario, recevoir de la reconnaissance de la part des référents qui comptent réellement à nos yeux est une source phénoménale d’énergie qui nous permet de déplacer des montagnes.

  1. L’impact extrêmement positif sur notre motivation lorsque le besoin de reconnaissance est assouvi.

En ce qui concerne les effets positifs de la reconnaissance sur l’être humain, ils sont aux antipodes des conséquences évoquées précédemment.

Parents, vous voulez que votre enfant développe sa fibre artistique ? Intéressez-vous à ses dessins. Vous voulez qu’il devienne champion de basket ? Jouez avec lui et allez voir ses matchs ! Dans la prime enfance, toute la reconnaissance positive reçue de la part des référents primaires nourrie l’estime de soi dans les domaines valorisés et nous permet de développer nos points forts.

Quand on analyse le parcours des grands champions ou de ceux qui rencontrent des succès hors du commun, on retrouve systématiquement le même dénominateur commun : enfants, ils ont tous été sur-applaudis dans leur domaine de prédilection et ont cultivé des points forts spécifiques générateurs d’un cercle vertueux extrêmement puissant.

« On s’intéresse à moi quand je fais ça, j’ai d’autant plus envie de le faire, je prends du plaisir, j’obtiens de supers résultats, je reçois un regard positif parce que je réussi etc ». Mozart, Verdi, Tiger Woods, les sœurs Williams, Kilian Jornet et tant d’autres ; tous ont développé leurs talents exceptionnels sur la base de l’intérêt qu’ils suscitaient auprès de leurs parents.

De même, la reconnaissance est une source majeure d’énergie, et par conséquent de motivation pour le collaborateur. Il est alors dynamique et enthousiaste, il est proactif, il anticipe les problèmes et vient avec des solutions, il prend des initiatives et surtout, il se remet facilement en question. L’écoute active, qui est la meilleure façon de donner de la reconnaissance à un adulte, est alors l’outil le plus efficace pour valoriser, débriefer, faire grandir… Il est par conséquent indispensable (mais pas suffisant pour autant) pour créer les conditions de la motivation au sein d’une équipe.

En définitive, le regard de nos proches et de nos managers de proximité a un impact absolument déterminant sur notre bien-être ainsi que sur notre santé physique et mentale. Ce besoin existentiel explique peut-être aussi pourquoi nous acceptons de livrer en pâture notre vie privée sur les réseaux sociaux… mais ceci est une autre histoire.

Energie, confiance, motivation : comment ça marche ?

A l’heure où moins de 15% des salariés sont sincèrement heureux de se lever le matin pour aller au travail et y arrivent énergiques et motivés, pourquoi ne pas commencer par se demander comment se crée l’énergie humaine ? Qu’est-ce qui explique qu’elle fluctue constamment ? Et surtout, comment en donner à nos collaborateurs pour les maintenir durablement à un important niveau de motivation et ainsi permettre à l’ensemble du système d’aller au-delà de ses ambitions ? Continuer la lecture de « Energie, confiance, motivation : comment ça marche ? »

Valoriser un collaborateur : mode d’emploi

Votre collaborateur a pris une excellente initiative ? Peut-être s’est-il démené pendant des mois sur un dossier ?  A-t-il réussi pour la première fois quelque chose de nouveau ou alors a-t-il progressé d’une façon significative sur un de ses axes d’amélioration ? Quoi qu’il en soit, vous êtes épaté et vous voulez le récompenser. Oui mais comment ? Une chose est sûre, un vague compliment atteindra rapidement ses limites.

Continuer la lecture de « Valoriser un collaborateur : mode d’emploi »