L’intelligence émotionnelle : QUESACO ?

Dans un environnement où les changements sont légion, l’intelligence émotionnelle est en passe de devenir une compétence clé pour les managers. Et pourtant, le 20ème siècle a fait la part belle au quotient intellectuel (QI), le plaçant comme une des principales causes de la réussite professionnelle. Les dernières recherches en psychologie, neuroscience et neurobiologie semblent cependant remettre en cause ce paradigme.

De nombreuses études ont en effet prouvé que dans plus de 70% des cas, des personnes avec un QI dans la moyenne se montrent plus performantes que certains de leurs congénères bénéficiant d’un QI plus élevé. Cette « anomalie » a permis de découvrir l’un des chaînons manquant du fonctionnement de l’individu : l’intelligence émotionnelle.

Qu’est-ce que l’intelligence émotionnelle ? Quels sont les caractéristiques ce ceux qui ont une IE développée ? Et surtout, quelles sont les conséquences et les bénéfices d’une intelligence émotionnelle musclée dans le monde de l’entreprise ? Explication d’un concept particulièrement complexe qui fera de plus en plus la différence dans un environnement en perpétuelle mutation. Voici quelques idées clés qui permettent de mieux comprendre ce concept.

  1. L’intelligence émotionnelle : un sujet aussi vaste que complexe.

Auparavant appelée personnalité, caractère, ou encore « soft skills », le thème de l’intelligence émotionnelle peut de prime abord sembler particulièrement nébuleux tant il regroupe divers domaines et champs de compétences.

Pele mêle, on y retrouve en effet des thématiques liées à la gestion des émotions, la connaissance et la maîtrise de soi, l’assertivité, l’aisance sociale, le respect d’autrui mais aussi l’adaptabilité, l’empathie, l’instinct ou bien encore la gestion du stress.

On peut donc résumer cette notion comme étant l’art d’utiliser de manière optimale nos émotions, qui ont un impact direct sur notre état d’esprit et nos comportements. Cette forme d’intelligence nous permet de naviguer dans une société toujours plus complexe en prenant les décisions les plus adaptées en fonction de la situation.

  1. La connaissance de soi : une étape indispensable pour développer notre intelligence émotionnelle

« Il y a trois choses extrêmement dures : l’acier, le diamant et se connaître soi-même. » Benjamin Franklin

Cette maxime est particulièrement révélatrice des nombreuses embuches à surmonter lorsque l’on cherche à répondre à la fameuse injonction de Socrate « connais-toi toi-même ». Dès lors, un réel travail d’introspection est nécessaire pour savoir qui l’on est réellement.

L’introspection permet de toujours être au fait des émotions que l’on ressent, de savoir les identifier et les nommer de façon précise. Cela nous permet aussi d’avoir une image plus juste de nous-même, notamment en ce qui concerne l’impact que l’on a sur les autres.

De nombreuses méthodes et outils participent à la connaissance de soi. Certains sont plus ou moins farfelus, quand d’autres sont très pertinentes et permettent réellement d’augmenter la connaissance qu’un individu aura de lui-même. Les tests projectifs tels que le test de Rorschach ou le T.A.T peuvent délivrer certaines clés de notre fonctionnement psychique.

  1. Une liste non exhaustive des outils pour mieux se connaître.

Le T.A.T. de Murray est un test projectif dont le principe consiste à demander au sujet de raconter une histoire à partir d’une série d’image. L’analyse de ses différents récits permet d’établir le portait psychologique de l’individu et par conséquent, d’améliorer la connaissance qu’il a de lui-même. Le test permet notamment de révéler certains de nos comportements limitants en levant le voile sur des situations vécues dans l’enfance et que notre inconscient à enfouie au plus profond de notre psyché.

Le fameux test de Rorschach est aussi un excellent levier pour avancer sur la connaissance de soi. Une fois analysées en profondeur, les réponses fournies par le sujet serviront à évaluer les traits et les lignes de force qui organise votre personnalité.

Un autre levier permettant d’avancer rapidement sur cette thématique n’est autre que la process communication. Ce modèle, issue des travaux d’Eric Berne sur l’analyse transactionnelle, a été développé par le psychologue Taibi Kahler. Il permet d’obtenir une image précise de nos points forts et aussi, de nos réactions sous stress. C’est un levier particulièrement puissant pour mesurer l’impact de nos comportements sur la motivation de notre entourage professionnel et personnel.

Autre option, qui peut permettre de concilier un temps de cohésion pour souder le collectif tout en mettant l’accent sur le développement personnel, l’équicoaching. Cet outil permet d’utiliser les chevaux comme miroir de notre intelligence émotionnelle. En effet, le ventre des chevaux fait office de « caisse de résonnance » leur permettant de particulièrement bien ressentir les émotions, que ce soit chez leurs congénères ou chez les humains.

Ce type de cursus a été développé par un expert en communication, un psychologue d’entreprise et un formateur équestre. Elle donne l’opportunité, à travers des outils favorisant la connaissance de soi, d’optimiser nos modes de communication, de mieux gérer notre stress, et d’améliorer notre assertivité.

Les bénéfices de cette approche peuvent se ressentir dans plusieurs domaines, et vous donnera la capacité de gérer des rapports de force dans le calme, d’entretenir la motivation de vos collaborateurs ou encore de renforcer votre leadership.

Le MBTI, le Success insight, ou encore le Straight Finder 2.0 sont d’autres leviers pertinents pour approfondir la connaissance que nous pouvons avoir de nous-même.

En résumé, l’intelligence émotionnelle passe avant tout par la connaissance de soi. C’est une notion complexe qui a de nombreuses répercutions sur nos interactions sociales, notamment dans le cadre professionnel. La bonne nouvelle, c’est que contrairement au quotient intellectuel, nous pouvons tous muscler petit à petit cet aspect de notre personnalité pour améliorer notre communication au quotidien.

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A la découverte des émotions de base

Lâcher prise, intelligence émotionnelle, développement personnel, gestion de projet ou encore accompagnement du changement : de nombreux domaines poussent à s’interroger sur un des sujets anthropologiques les plus complexes : les émotions. Quelles sont telles ? Quelle est leur fonction ? Comment les apprivoiser et les gérer au mieux au quotidien ? Eclairage autour d’une notion qui n’a pas finie de générer des débats auprès des plus éminents experts du sujet.

L’immense majorité des experts semblent s’accorder sur le fait qu’il y a quatre émotions universelles que l’Homme partage avec la plupart des animaux. Il s’agit de la joie, de la colère, de la peur et de la tristesse. Ces quatre émotions de base jouent un rôle déterminant car elles sont absolument indispensables à notre survie et à celle de notre espèce. Certains courants de pensée ajoutent à ces quatre premières émotions le dégout et la surprise.

1.       Les émotions sont toutes utiles donc positives, même si certaines sont désagréables.

Nous avons tendance à penser, de prime abord, qu’il existe des émotions positives telles que la joie et d’autres négatives telles que la colère ou la tristesse. Dans les faits, il n’en est rien. Les émotions ont toutes en effet une fonction clairement définie. Elles ne sont ni un défaut, ni une erreur, ni une punition, mais de puissants et salvateurs signaux d’alerte mis à notre service par la Nature.

Elles existent pour nous transmettre des messages importants sur les évènements significatifs liés à notre environnement et nous incitent à passer à l’action pour nous adapter à un monde en perpétuel mouvement. Elles sont donc toutes utiles et positives même si en effet, certaines sont agréables tandis que d’autres sont désagréables.

Les émotions désagréables signalent ce qui ne va pas, nous offrant ainsi une opportunité de sortir d’une situation dangereuse, de ne pas reproduire les circonstances qui les ont générées. La difficulté, c’est qu’elles s’expriment au travers de tout un tas de réactions mentales et physiques qui nous perturbent suffisamment pour altérer notre réflexion, nos comportements et capacités, et nous tendons à les confondre avec le problème lui-même, alors qu’elles en sont l’indicateur.

2.       La joie

C’est l’émotion de base : notre cerveau cherche en permanence à la reproduire. Elle est destinée à nous faire agir en fonction de ce qui est bon pour notre survie. Boire, manger, dormir, se reproduire : tous ces éléments garantiront notre survie et celle de l’espèce. La joie nous signale que l’on fait quelque chose qui nous convient pour nous inciter à reproduire ce type de comportement.

Qu’elle soit profonde et sereine ou qu’elle suscite l’excitation, la joie, comme toute les émotions, nous envoie un message sur ce dont nous avons besoin. Ici, le message est simple : ce qui nous a procuré cette joie est un bienfait, et en l’identifiant nous pourrons le reproduire à l’avenir.

Allégresse, euphorie, jubilation, liesse, exaltation, enchantement, délectation, ravissement, sous toutes ces formes, la joie est bénéfique à bien des points de vue : elle entraîne la production de tout un tas d’hormones à la fois relaxantes, excitantes et relationnelles.

3.       La peur

Elle est ressentie par l’être humain depuis son enfance. Elle est très nettement reconnaissable lorsqu’elle surgit en présence d’un danger. Initialement, la peur est une émotion essentielle à la survie de tout être vivant. Elle indique effectivement la nécessité de prendre des dispositions rapidement, de façon à échapper à une situation périlleuse. Elle sert, avant tout, à nous protéger. Ce stimulus engendre la stimulation d’une zone du cerveau capable notamment de créer de l’adrénaline. Ces substances existent afin de nous aider à trouver rapidement l’énergie nécessaire à l’élaboration d’une solution. En cas de peur, notre corps est prêt à réagir avec vivacité.

4.       La tristesse

La tristesse signale au groupe que nous avons besoin de réconfort. De plus, cette émotion nous permet de prendre conscience que nous avons subi une perte, que ce soit un être cher ou que quelque chose ne nous est pas ou plus accessible.

Sans tristesse, il nous est impossible de faire notre deuil ou de finalement accepter les changements qui surviennent fatalement dans nos vies.

5.       La colère

La colère surgit lorsque l’équilibre est rompu dans un aspect de notre vie. Le déséquilibre prend la forme générale d’une insatisfaction. Celle-ci peut signifier qu’un besoin est insatisfait, qu’un désir n’est pas comblé, ou peut-être qu’une attente reste sans réponse.

Elle traduit l’insatisfaction et est vécue à l’égard de ce qu’on identifie, à tort ou à raison, comme étant « responsable » de notre frustration. C’est sur cet aspect que la colère se différencie fondamentalement de la tristesse. Dans la tristesse, on est directement en contact avec le manque lui-même, alors que la colère est une réaction à la cause de la frustration. 

La colère est une émotion que nous vivons fréquemment. En effet, il y a de multiples occasions d’insatisfaction durant une journée de vie. Chaque changement perçu comme étant négatif est à l’origine d’un courbe de deuil dont une des étapes les plus visibles est l’expression de notre colère.

Selon l’importance de l’insatisfaction, la colère prend différentes intensités et diverses identités : rancune, révolte, rage, haine. Elle porte un double message : elle signale à la fois l’insatisfaction et ce que nous considérons comme « l’obstacle » à notre bien-être. La colère, en effet, est toujours vécue à l’égard de quelqu’un ou de quelque chose. On en veut « à » de nous « faire vivre » telle chose. 

La colère déclenche une mobilisation de l’organisme entier. Le rythme cardiaque s’accélère et l’afflux sanguin oxygène davantage les muscles qui sont alors mobilisés et prêt pour le combat.

6.       La surprise

Face à une situation inattendue ou un acte inhabituel, vous êtes étonnée et stupéfaite. Vous venez d’entrer dans un état émotionnel spécifique, appelé surprise. Physiquement, votre bouche est ouverte ; vos yeux aussi, augmentant votre champ visuel afin de détenir plus d’informations sur l’environnement.
En règle générale, cette émotion est de courte durée et disparaît rapidement, souvent au profit d’une autre émotion comme la colère ou la tristesse. En effet, contrairement aux autres émotions de base, la surprise en elle-même est neutre : c’est l’émotion qui la suit directement qui va lui appliquer un caractère positif ou négatif, dépendant de la situation qui l’a provoquée. C’est ainsi que l’on a souvent besoin de préciser si l’on a eu une bonne ou une mauvaise surprise.

7.       Le dégout

Le dégoût est une émotion qui, comme la surprise, ne fait pas l’unanimité en tant qu’émotion de base, selon les courants. Dans tous les cas, le dégoût guide et influence votre comportement au quotidien : par exemple, vous n’allez pas vous asseoir pour déjeuner auprès d’un tas d’immondices, ou bien vous n’allez pas embrasser quelqu’un qui vous répugne

Il permet de nous protéger de diverses maladies ou infections, et agit comme un mécanisme de défense. En effet, en étant dégoûtée par une viande avariée, on ne va pas la consommer, et donc éviter l’indigestion ou l’intoxication alimentaire.

Mais le dégoût va plus loin : il peut être la réponse à une situation ou un acte contraire à notre système de valeurs et que l’on juge immoral. Cela va nous pousser à rejeter la situation ou la personne à l’origine de notre écœurement afin de ne pas y être assimilée.

En résumé, toutes nos émotions ont une utilité majeure, et il suffit de savoir à quoi elles nous servent afin de mieux les apprécier. Il incombe de les connaître et de savoir les identifier lorsqu’elles surviennent. C’est une étape clé dans le processus de la connaissance de soi, et par extension, du lâcher prise.