L’intelligence émotionnelle : QUESACO ?

Dans un environnement où les changements sont légion, l’intelligence émotionnelle est en passe de devenir une compétence clé pour les managers. Et pourtant, le 20ème siècle a fait la part belle au quotient intellectuel (QI), le plaçant comme une des principales causes de la réussite professionnelle. Les dernières recherches en psychologie, neuroscience et neurobiologie semblent cependant remettre en cause ce paradigme.

De nombreuses études ont en effet prouvé que dans plus de 70% des cas, des personnes avec un QI dans la moyenne se montrent plus performantes que certains de leurs congénères bénéficiant d’un QI plus élevé. Cette « anomalie » a permis de découvrir l’un des chaînons manquant du fonctionnement de l’individu : l’intelligence émotionnelle.

Qu’est-ce que l’intelligence émotionnelle ? Quels sont les caractéristiques ce ceux qui ont une IE développée ? Et surtout, quelles sont les conséquences et les bénéfices d’une intelligence émotionnelle musclée dans le monde de l’entreprise ? Explication d’un concept particulièrement complexe qui fera de plus en plus la différence dans un environnement en perpétuelle mutation. Voici quelques idées clés qui permettent de mieux comprendre ce concept.

  1. L’intelligence émotionnelle : un sujet aussi vaste que complexe.

Auparavant appelée personnalité, caractère, ou encore « soft skills », le thème de l’intelligence émotionnelle peut de prime abord sembler particulièrement nébuleux tant il regroupe divers domaines et champs de compétences.

Pele mêle, on y retrouve en effet des thématiques liées à la gestion des émotions, la connaissance et la maîtrise de soi, l’assertivité, l’aisance sociale, le respect d’autrui mais aussi l’adaptabilité, l’empathie, l’instinct ou bien encore la gestion du stress.

On peut donc résumer cette notion comme étant l’art d’utiliser de manière optimale nos émotions, qui ont un impact direct sur notre état d’esprit et nos comportements. Cette forme d’intelligence nous permet de naviguer dans une société toujours plus complexe en prenant les décisions les plus adaptées en fonction de la situation.

  1. La connaissance de soi : une étape indispensable pour développer notre intelligence émotionnelle

« Il y a trois choses extrêmement dures : l’acier, le diamant et se connaître soi-même. » Benjamin Franklin

Cette maxime est particulièrement révélatrice des nombreuses embuches à surmonter lorsque l’on cherche à répondre à la fameuse injonction de Socrate « connais-toi toi-même ». Dès lors, un réel travail d’introspection est nécessaire pour savoir qui l’on est réellement.

L’introspection permet de toujours être au fait des émotions que l’on ressent, de savoir les identifier et les nommer de façon précise. Cela nous permet aussi d’avoir une image plus juste de nous-même, notamment en ce qui concerne l’impact que l’on a sur les autres.

De nombreuses méthodes et outils participent à la connaissance de soi. Certains sont plus ou moins farfelus, quand d’autres sont très pertinentes et permettent réellement d’augmenter la connaissance qu’un individu aura de lui-même. Les tests projectifs tels que le test de Rorschach ou le T.A.T peuvent délivrer certaines clés de notre fonctionnement psychique.

  1. Une liste non exhaustive des outils pour mieux se connaître.

Le T.A.T. de Murray est un test projectif dont le principe consiste à demander au sujet de raconter une histoire à partir d’une série d’image. L’analyse de ses différents récits permet d’établir le portait psychologique de l’individu et par conséquent, d’améliorer la connaissance qu’il a de lui-même. Le test permet notamment de révéler certains de nos comportements limitants en levant le voile sur des situations vécues dans l’enfance et que notre inconscient à enfouie au plus profond de notre psyché.

Le fameux test de Rorschach est aussi un excellent levier pour avancer sur la connaissance de soi. Une fois analysées en profondeur, les réponses fournies par le sujet serviront à évaluer les traits et les lignes de force qui organise votre personnalité.

Un autre levier permettant d’avancer rapidement sur cette thématique n’est autre que la process communication. Ce modèle, issue des travaux d’Eric Berne sur l’analyse transactionnelle, a été développé par le psychologue Taibi Kahler. Il permet d’obtenir une image précise de nos points forts et aussi, de nos réactions sous stress. C’est un levier particulièrement puissant pour mesurer l’impact de nos comportements sur la motivation de notre entourage professionnel et personnel.

Autre option, qui peut permettre de concilier un temps de cohésion pour souder le collectif tout en mettant l’accent sur le développement personnel, l’équicoaching. Cet outil permet d’utiliser les chevaux comme miroir de notre intelligence émotionnelle. En effet, le ventre des chevaux fait office de « caisse de résonnance » leur permettant de particulièrement bien ressentir les émotions, que ce soit chez leurs congénères ou chez les humains.

Ce type de cursus a été développé par un expert en communication, un psychologue d’entreprise et un formateur équestre. Elle donne l’opportunité, à travers des outils favorisant la connaissance de soi, d’optimiser nos modes de communication, de mieux gérer notre stress, et d’améliorer notre assertivité.

Les bénéfices de cette approche peuvent se ressentir dans plusieurs domaines, et vous donnera la capacité de gérer des rapports de force dans le calme, d’entretenir la motivation de vos collaborateurs ou encore de renforcer votre leadership.

Le MBTI, le Success insight, ou encore le Straight Finder 2.0 sont d’autres leviers pertinents pour approfondir la connaissance que nous pouvons avoir de nous-même.

En résumé, l’intelligence émotionnelle passe avant tout par la connaissance de soi. C’est une notion complexe qui a de nombreuses répercutions sur nos interactions sociales, notamment dans le cadre professionnel. La bonne nouvelle, c’est que contrairement au quotient intellectuel, nous pouvons tous muscler petit à petit cet aspect de notre personnalité pour améliorer notre communication au quotidien.

Ne manquez pas les autres articles à venir sur cette thématique qui s’attacheront à explorer d’autres leviers permettant de développer notre intelligence émotionnelle.

Kilian Jornet : la voie pour atteindre les sommets

Avec l’ascension sans matériel du Mont Everest, Kilian Jornet marque encore un peu plus l’histoire de son sport pour atteindre le rang de légende vivante de sa discipline. Le champion de trail running s’est lancé pour défi de gravir sept des plus hauts sommets au monde en y établissant de nouveaux records d’ascension et de descente et ainsi marquer à jamais l’histoire de son sport, comme, entre autre, l’italien Bruno Brunod avant lui. Dans la nuit de dimanche à Lundi, il s’est grandement rapproché de son rêve en avalant le mont Everest par la face Sud en moins de 27 heures. D’où lui vient l’énergie qui l’a conduit sur le toit du monde ? Que ce cache derrière le plaisir que cet homme prend quand il tutoie les cieux ? Retour sur le parcours de quelqu’un qui fait ce pourquoi il est né.

La volonté n’est rien sans le plaisir

Lorsque l’activité coûte de l’énergie à l’individu, il va avoir tendance à bâcler sa tâche pour s’en débarrasser le plus vite possible et si jamais l’action dure trop longtemps, il se démotivera probablement. Il utilisera un temps le ressort de la volonté pour avancer, avec le découragement et l’abandon en ligne de mire ; la volonté étant une ressource mentale extrêmement limitée.

Lorsque l’on parle de volonté, il y a une notion d’effort, voire de contrainte alors que derrière la notion de motivation se cache la notion de plaisir. Dans un cas, c’est le cerveau et la raison qui parlent ; dans l’autre, c’est le cœur, les tripes et donc l’émotionnel qui prend le dessus. On ne vit alors pas l’activité de la même manière, quelle qu’elle soit, s’il y a une obligation de faire ou bien si la mise en mouvement est due à l’envie de faire.  []

Celui qui, contrairement à Kilian Jornet, subi l’action ; a de fortes chances de repousser le réveil parce qu’il pleut, parce qu’il fait froid ou parce que la soirée de la veille a été un peu trop arrosée. Toutes les excuses seront bonnes pour rapidement remiser ses chaussures de running au placard. Cette personne se concentre sur la finalité, ne prend aucun plaisir dans l’action, s’épuise et finit par renoncer purement et simplement à ses bonnes « résolutions ».

A l’inverse, la motivation que l’on va qualifier d’instrumentale est la motivation à faire l’action, où l’on prend beaucoup de plaisir dans sa réalisation. Nous retrouvons ce levier dans les activités qui nous ressourcent, qui nous permettent d’emmagasiner de l’énergie. Celui qui, à l’image de Kilian Jornet, se dit : « je prends du plaisir communier et à être en harmonie avec la nature, à admirer l’environnement et la splendeur du levé du jour, à sentir la rosée du matin et les endorphines faire effet » ne loupera pour rien au monde une sortie parce qu’il va prendre du plaisir à faire l’action sans (presque) jamais penser au résultat final.

A travers son projet aussi hors-norme que cohérent, Summit of my life, « l’ultraterrestre » tient un levier motivationnel lui garantissant tous les matins l’énergie nécessaire pour enfiler ses baskets ou ses skis et partir pour des sorties de plusieurs dizaines de kilomètres.

Comment trouver des activités plaisir ?

« Il faut aller chercher en nous-même et savoir qui l’on est. » Kilian Jornet

Kilian Jornet a été sur-applaudi dans l’enfance sur ses capacités d’endurance. En effet, sa mère, passionnée de nature et son père guide de haute montagne, aiment raconter les balades de plus de 5h qu’ils faisaient en famille alors que kilian n’avait même pas deux ans. Cette scène fondatrice fait comprendre à l’inconscient du petit Kilian « quand je suis endurant, quand je montre que je peux marcher des heures sans me fatiguer, mes parents le voient, sont fiers de moi et m’aiment encore plus. Et j’existe au yeux de tous à travers ça puisque mes parents racontent cette anecdote dès qu’ils en ont l’occasion ».

 

 

Les conséquences de ce regard des parents sont tout bonnement hallucinantes. Il gravit son premier sommet à plus de 3 000 mètres d’altitude à l’âge de trois ans et son premier 4000m, le Breithorn dans les Alpes, à l’âge de six ans. A 20 ans, sa participation à la légendaire course de l’ultra trail du mont blanc (UTMB) n’est pour lui qu’un pur moment de bonheur, une source phénoménale de plaisir et de motivation car à ce moment précis, ce qu’il fait est en parfaite cohérence avec la scène fondatrice de sa prime enfance. Il le dit lui-même : « Ce n’est pas une course, c’est une introspection, c’est aller chercher en nous-même qui ont est. »

Il semble donc déterminant de faire ce travail d’introspection pour trouver les domaines sur lesquels nous avons été valorisés par nos référents et qui vont générer une importante source de plaisir. Ces points forts « naturels » sont à cultiver au quotidien à travers des activités plaisir car ils seront source d’épanouissement. Les activités seront alors beaucoup plus faciles à tenir sur la durée.

En résumé, pour réussir à dépasser vos ambitions et concrétiser vos rêves, il est primordial de se fixer des objectifs en lien avec des activités que l’on prend plaisir à pratiquer, activités généralement en lien avec nos zones de conforts sur lesquelles nous avons été valorisé par nos référents. Se faisant, il n’est plus nécessaire d’user jusqu’à la corde le ressort de la volonté ; la motivation à faire l’action permettant une mise en mouvement spontanée et naturelle qui recharge les batteries.

Il ne vous reste plus qu’à vous poser ces « simples » question : quel(s) projet(s) et quelles activités plaisir cohérentes avec mon ADN vont me permettre de concilier plaisir dans la durée et atteinte de mes objectifs ? A vos projets cohérents, donc ! Et bonne semaine.

Thomas Pesquet : pourquoi il a atteint la stratosphère

Thomas Pesquet est le 10ème astronaute français de l’histoire à sortir dans l’espace. Après une première sortie qui a impressionné en haut lieu à la NASA, il a été reprogrammé pour deux autres sorties. Il effectuera sa troisième sortie ce jeudi 6 avril et à cette occasion, nous revenons sur les raisons qui permettent aujourd’hui à cet astronaute « normal » de marquer l’histoire de la conquête spatiale. Bien entendu, ces leviers, qui nécessitent une introspection pour être mis en lumière, peuvent aussi être activés par chacun d’entre nous, à notre niveau, dans notre quotidien professionnel et personnel.

Une scène fondatrice qui autorise Thomas Pesquet à rêver grand.

Quand il était petit, Thomas Pesquet passait des heures entières à jouer avec une navette spatiale en carton que lui avait fabriqué son père. C’est une scène fondatrice qui marquera indéniablement un tournant dans sa vie car, de ces instants d’insouciance, naîtront la passion pour l’aérospatiale et la volonté d’y consacrer sa vie.

Une scène fondatrice est une scène, positive ou non, qui marque profondément un individu et qui oriente ses choix de vie. Et le plus souvent, les référents primaires sont présents. De là peuvent découler des passions, des points forts, des zones de plaisir ou une motivation revancharde qui va nous donner l’énergie de ne plus revivre la même déconvenue.

Des référents qui donnent des valeurs et des bases solides qui structurent l’engagement

« Mes parents m’ont donné des racines et des ailes. » Thomas Pesquet

Thomas Pesquet est le fils d’un professeur de Maths-Physique et d’une mère institutrice. Nous pouvons en déduire qu’il a été soutenu, encouragé et valorisé sur ces différents sujets et que cette atmosphère studieuse a favorisé l’épanouissement de celui qui évolue aujourd’hui dans un univers où la rigueur et la minutie sont déterminants. Ses fondements sont en tout cas parfaitement cohérents avec son projet de vie.

De son éducation découlent des valeurs qui transpirent dans chacun de ses actes et sont particulièrement cohérentes avec son métier et la mission qui est la sienne. Adaptabilité, Rigueur, Simplicité, Humilité et Curiosité, ces fondements sont aussi nombreux que diversifiés et c’est peut-être aussi comme cela, qu’il fait la différence.

La polyvalence, point fort différenciant d’un « touche à tout »

Thomas Pesquet est ceinture noire de judo, il pratique de nombreux sport, du basket au rugby en passant par le squash ou le ski. Il joue du saxo, il fait du parachute, de la plongée, il parle 5 langues, apprend le chinois et se dit passionné de littérature.

Il n’excelle ni n’est le meilleur dans aucun domaine mais il est très bon dans de très nombreux domaines et compte tenu de toutes les qualités nécessaires, c’est cette « pépite » qui a fait la différence au moment où il a fallu choisir 6 candidats sur plus de 8 000 candidats lors des sélections de la NASA. Sans oublier les années d’efforts, de travail, d’endurance et de sacrifices.

Être cloitré dans un espace confiné pendant 6 mois avec des personnes que l’on n’a pas choisies peut rapidement devenir un enfer. Il est donc nécessaire de savoir passer d’un rôle de leader à un rôle de suiveur. Avenant, humble, professionnel, il faut avoir des qualités de bon coéquipier : patience, écoute, et surtout flexibilité. C’est une des caractéristiques de l’astronaute utile à chaque étape d’une gestion de projet, quel qu’il soit.

Une mission qui a du sens et qui facilite la communication et le « brand content »

Tous les observateurs s’accordent pour dire que Thomas Pesquet maîtrise à merveille l’art de la communication et louent sa capacité à nous faire comprendre le sens de sa mission. La station spatiale est avant tout un laboratoire de recherche : vaccins, encapsulation de médicament, alliages, coque de l’Iphone 6, exploration spatiale, climat, les retombées scientifiques concrètes semblent n’avoir aucune limite.

L’astronaute s’est donc parfaitement adapté à cette exposition médiatique et joue pleinement son rôle d’ambassadeur. Il se montre soucieux de partager son aventure avec le plus grand nombre en la rendant accessible et concrète, sans détour ni langue de bois. Et c’est aussi parce que le Français a parfaitement compris le sens de sa mission qu’il est capable de la mener à bien, et avec de tels résultats.

En résumé, Thomas Pesquet s’est construit sur des bases et des valeurs solides en cultivant la polyvalence qui siée à sa mission. C’est un héros « ordinaire », pas exceptionnel mais excellent dans de nombreux domaines, qui s’autorise à formuler des projets ambitieux. Voir l’Homme atteindre Mars, c’est son prochain rêve. Alors pourquoi pas lui ?

Il est la preuve vivante que se donner les moyens de croire en ses rêves permet de décrocher la Lune, et sans doute la planète rouge. Quoi qu’il advienne, nous lui souhaitons de continuer à rêver grand pour être plus que jamais le fer de lance de la conquête spatiale, pour la plus grande fierté de la France et de l’humanité.

Martin Fourcade : les 5 raisons d’une domination sans partage

Est-il encore besoin de présenter le palmarès hallucinant d’un des plus grands champions de l’histoire du biathlon ? Au-delà d’un nombre impressionnant de podiums dans sa discipline, Martin Fourcade est le seul biathlète à avoir remporté consécutivement six gros globes de cristal. Un exploit d’autant plus inédit qu’il remporte le sixième et dernier globe à six courses de la fin de la saison, du jamais vu ! Dès lors, comment expliquer une telle domination ? D’où lui viennent ces extraordinaires dispositions pour ce sport particulièrement exigent ? Et surtout, quelles sont les raisons d’une telle régularité au plus haut niveau ? Retour sur le parcours du double médaillé aux Jeux Olympiques 2014 qui ne semble pas prêt d’être rassasié de victoires et de records.

Des référents qui ont transmis des passions

« Quand tu as trois garçons à la maison, il faut les faire bouger. Sinon, ils te démontent les meubles et les rideaux ». Marcel Fourcade.

La famille Fourcade vie dans les Pyrénées Orientales. Marcel, le père, est guide et accompagne en montagne des groupes de randonneurs avec lesquels il partage sa passion pour la nature. Avec trois garçons turbulents, les parents du jeune Martin n’ont d’autre choix que d’inciter leurs enfants, à la limite de l’hyperactivité, à aller faire du sport et se défouler dehors pour préserver la décoration du chalet familial.

Cette enfance n’est pas sans rappeler celle d’un autre immense champion, Kilian Jornet. Comme lui, ses parents, à travers le partage de moments en famille dans un environnement sportif et montagnard, ont encouragé, valorisé et sans doute sur-applaudi à certains moments les réussites sportives de leurs enfants. Et c’est notamment ce regard particulièrement positif et bienveillant qui lui a permis de développer ses exceptionnelles aptitudes.  

Martin Fourcade est donc bercé dans son enfance par divers éléments qui deviendront des fondements immuables sur lesquels repose sa carrière hors norme. L’amour pour la nature et la vie en montagne, la passion du sport, du ski de fond au biathlon en passant par le hockey ou le VTT, il développe progressivement un physique et un mental de champion.

Sous le regard protecteur de parents et d’entraîneurs qui croient en lui et l’encouragent tout au long de son développement, le catalan s’est construit sur des bases saines qui font aujourd’hui la différence, notamment à travers une reconnaissance particulièrement positive lui permettant de développer une réelle passion pour son art.

Un passionné qui veut prendre du plaisir avant tout

« Né dans les Pyrénées Orientales j’ai eu la chance de grandir dans un environnement idéal pour concilier mes deux passions, le sport et la nature. » Martin Fourcade

Ses référents primaires étant passionnés de sport et de nature, et c’est tout naturellement vers ces deux univers que s’orientent les centres d’intérêts et les sources de plaisir du prodige français. Plaisir d’autant plus décuplé que le biathlon permet de concilier les deux, ce qui aurait par exemple été moins le cas avec le hockey … ou le ping-pong.

Nous ne le répéterons jamais assez, ce n’est qu’à travers nos passions que nous développons des points forts et que nous prenons le plus de plaisir. Et ce n’est qu’en prenant du plaisir que nous obtenons de très bons résultats dans la durée.

De quoi alimenter un cercle particulièrement vertueux : il prend du plaisir et reçoit donc de nombreux messages positifs à travers la pratique de sa passion. Cela lui permet d’emmagasiner un maximum de confiance, une confiance qui développe son énergie pour ainsi lui permettre de briller pendant les compétitions.

La combinaison de tous ces facteurs permet donc au champion de prendre continuellement du plaisir à pratiquer son sport de prédilection et par voie de conséquence, à performer sur le long terme. De bon augure pour les chances de médailles françaises lors des JO 2018, le biathlète qui enchaîne les performances s’éclatant « comme quand il était gosse » à chaque sortie.

 

Un point fort différenciant cultivé dès le plus jeune âge

« Quand il a débarqué, on a tout de suite détecté qu’il avait le plus gros potentiel. Il était très facile sur tous les exercices physique » Thierry Dusserre, actuel entraîneur de l’équipe de France féminine de biathlon.

Une mutation génétique est en partie responsable de ses capacités physiques hors du commun. En effet, celle-ci améliore l’exploitation du fer par son organisme. De plus, à l’image des coureurs kenyans qui s’entraînent sur les hauts plateaux africains, il possède un taux d’hématocrite élevé lui permettant de transporter beaucoup d’oxygène dans son sang pour alimenter ses muscles.

Le catalan est un donc par nature un monstre de physique mais surtout, il a l’intelligence de constamment cultiver ce point fort sur lequel repose toute sa stratégie. Ses entraînements de présaison s’inspirent en effet des méthodes pratiquées dans l’aviron en laissant la part belle aux exercices cardio-vasculaires.

De ce point fort découlent des qualités complémentaires qui lui permettent de dominer son sport de la tête et des épaules. Se fatigant moins vite que ses adversaires, il est plus lucide dans la gestion de sa course et fait alors preuve d’une intelligence situationnelle qui fait toute la différence, dans un sport où chaque seconde compte.

Autre avantage et non des moindres, son athlétisme spectaculaire lui permet de largement compenser ses carences au niveau du tir couché. Ayant besoin de plus de temps que la moyenne pour ajuster ses cibles, il compense ce manque de rapidité grâce à sa vitesse à ski. C’est pour toutes ces raisons que l’épreuve sur 20 km lui réussit particulièrement bien.

Un challenger animé par une mission intemporelle et qui a des rêves (très) ambitieux dans le viseur

« Jusqu’aux JO de Sotchi, j’avais cette envie de gagner, d’être n o 1, d’être champion du monde, de devenir champion olympique. Une fois que j’avais réalisé tout ça, je me suis demandé ce qui pourrait encore me pousser. La réponse a été : être meilleur, parce que ça, ça n’a pas de limites ! » Martin Fourcade.

La mission intemporelle que se donne alors le champion : s’améliorer à chaque fois pour repousser les limites et être toujours plus fort et plus compétitif. Cette mission se ressent notamment dans le renouvellement perpétuel des exercices effectués lors de ses préparations, l’objectif étant de toujours optimiser les séquences d’entraînement.

Dans tout ce qu’il fait, que ce soit dans la fabrication de son arme, dans ses trajectoires ou lors de ses entraînements, il n’a qu’une obsession, cohérente avec sa mission : la recherche de la perfection. À l’image d’un Roger Federer qui cherche perpétuellement à réaliser le match parfait, la lassitude ne risque pas de le guetter sachant que la perfection, au grand damne des plus maniaques d’entre nous, n’existe pas.

Ces ambitions et cette confiance en soi ne sont pas synonyme d’arrogance. Le biathlète français a simplement compris que l’on atteint uniquement ce que l’on vise. Ce qui fait sa force, c’est donc aussi sa capacité à se fixer des objectifs ambitieux en s’accrochant à une motivation et à une détermination hors du commun pour les atteindre.

Son rêve ambitieux du moment : « être le premier biathlète à monter sur tous les podiums d’un championnat du monde ». Il ne se contentera donc pas du titre de champion du monde et heureusement car ses sources de motivations auraient disparu dès l’atteinte de cet objectif.

Au lieu de ça, il va continuer à accumuler les podiums et autres trophées jusqu’à venir à bout de ce projet particulièrement challengeant. Il y a donc fort à parier que les observateurs de la discipline n’ont pas fini de commenter ses exploits lors des différentes étapes du circuit mondial jusqu’à l’atteinte de ce record inégalé (et inégalable ?). C’est l’apanage des plus grands : construire des projets et ne pas se contenter de « simples » objectifs. C’est toute la différence entre lui et des comètes telles que Yannick Noah ou Niko Rosberg qui ont tout lâché dès que l’objectif était atteint.

Un perfectionniste besogneux obnubilé par les détails et le travail… de fond

« Dans son « boulot » de biathlète, c’est sa méticulosité qui l’emporte. Il sait ce qu’il va faire trois mois à l’avance ». Marcel Fourcade.

Fourcade a progressivement relevé son niveau d’exigence en même temps que son niveau sportif depuis son arrivée sur le circuit professionnel. Ce dernier prépare méticuleusement chaque détail de la course et cherche à recueillir le plus grand nombre de données possibles : conditions météorologiques, adversaires, parcours : il veut avoir un maximum d’informations pour partir serein en anticipant les différents scénarios envisageables et la meilleure façon de réagir en fonction de l’évolution de la course.

En cohérence avec sa mission, il teste sans cesse de nouvelles choses pour se préparer de la façon la plus optimale possible. « Je fais un mixte de tout ce qui a marché, je remplace ce qui n’a pas fonctionné ». L’été dernier, il s’est préparé avec les équipes de France de biathlon et de ski de fond… et avec l’équipe de Suède « pour tester différentes méthodes ».

Spontanément, il se présente lui-même comme quelqu’un de carré. Pour preuve, quand le quotidien l’Equipe lui formula une demande sur les détails d’une préparation estivale, ce dernier envoya la liste complète de son programme sans occulter le moindre détail. Il transmit alors aux journalistes une page de données chiffrées jusqu’au nombre précis de bananes et de pâtes de fruits avalées à l’entraînement.

Le fait d’avoir tout gagné présente aussi un réel avantage. Aux dires de ses proches, il prend le départ des courses avec beaucoup moins de stress qu’à ses débuts car il se focalise désormais uniquement sur la manière de remporter la course et non sur le résultat final. Cette concentration sur les basiques évite l’inhibition engendrée par le stress d’un trop plein de pression d’enjeu en focalisant le champion sur la pression sur le jeu, sur le « comment on fait pour gagner ? », qui réduit considérablement le stress.  

Même après un effort d’une intensité extrême, Martin Fourcade a la capacité de ne négliger aucun détail. Par exemple, à l’arrivée à la mass-start aux JO de Sotchi où il finit deuxième après un sprint dantesque, il prend le temps de saluer le vainqueur et marche d’un pas léger vers la zone mixte. Une véritable intox psychologique sachant qu’il tombera d’épuisement quelques minutes après, passant à deux doigts de l’évanouissement. Mais ne pas montrer ses faiblesses à ce moment-là de la course a forcément eu un impact pour la suite de la compétition qu’il remportera dans la foulée.

Pour résumer, celui qui marque chaque jour un peu plus l’histoire de son sport s’appuie, sans surprise, sur une recette qui fait mouche systématiquement. Martin Fourcade est en effet à lui seul une entreprise profondément cohérente. Animé par une mission intemporelle, il sait formuler des projets ambitieux en adéquation avec ses points forts et ses sources de plaisir qui découlent directement des sujets sur lesquels il a été valorisé étant petit. Il trouve ainsi l’énergie de se transcender à chaque course et de challenger l’existant sans remettre en cause les fondements sur lesquelles se basent ses réussites passées. Finalement, il ne reste qu’une question en suspens : jusqu’où ira le chasseur de records avec une telle capacité de travail ? Très loin sans doute car comme le disait Confucius, « Fais de ta passion ton métier et tu ne travailleras pas un seul jour de ta vie ».

 

 

 

 

 

 

 

Conquête spatiale : voici pourquoi Elon Musk et Space X seront les premiers à envoyer un Homme sur Mars

Elon Musk, le génie milliardaire, a récemment clarifié ses intentions en ce qui concerne le projet fort ambitieux d’envoyer des Hommes sur Mars. D’aucuns le disent fantasque ou le qualifient de tête brûlée, certains font l’erreur de le prendre pour un fou quand d’autres voient en lui le prochain Christophe Colomb. Mais qu’en est-il vraiment ? Ce visionnaire qui souhaite mourir sur Mars peut-il remporter le pari fou de bâtir une colonie humaine sur la planète rouge ? Anticipation de la réussite d’un projet particulièrement ambitieux, rendu cohérent à travers la vision d’un dirigeant animé par une mission qui va potentiellement devenir primordiale pour garantir la survie de l’humanité.

 

Une course mondiale pour conquérir la planète rouge

Mars One, qui propose d’auto financer le voyage sur Mars à travers un show de télé réalité, la Chine, la Russie, la NASA, dont la collaboration avec Elon Musk est de plus en plus étroite, ou encore Boeing ou les européens, de nombreux acteurs se sont lancés dans une course épique qui verra le vainqueur planter le drapeau de sa nation sur la rocheuse rouge. Bien entendu, un des nerfs de la guerre sera les moyens financiers alloués à ce projet. Comptez entre 5 à 6 milliards de dollars minimum pour mener à bien cette aventure hors norme. Mais est-ce purement et simplement une question de moyens financiers ? Si tel était le cas, il y a fort à parier qu’au regard des puissances économiques en présence, nous serions sur Mars depuis plusieurs années. Partant de ce postulat, il est intéressant de se poser la question des autres leviers qui permettrons de réellement faire la différence dans cette course à la conquête de Mars.

Un parallèle historique peut d’ailleurs être fait avec la compétition que se sont livrés Samuel Pierpont Langley et les frères Wright à une époque où l’enjeu était de piloter une machine volante sur une distance d’un kilomètre. Langley bénéficiait d’un financement du ministère américain de la guerre à hauteur de 50 000 dollars, une somme colossale pour l’époque, et il bénéficiait en outre d’une structure, d’une armée d’ingénieurs et jouissait d’une importante notoriété, son aventure faisant régulièrement les gros titres. Aux antipodes de cette débauche de moyens humains et financiers, les frères Wright, vendeurs et réparateurs de bicyclettes, ne jouissaient d’aucun de ces avantages qui sur le papier, peuvent sembler déterminants.

En revanche, et contrairement à Langley, les deux compères disposaient d’un ressort motivationnel indispensable pour relever ce genre de défis : une mission intemporelle qui donne l’énergie de se dépasser et de ne jamais renoncer malgré les difficultés, les obstacles ou les échecs qu’incombent une révolution technologique telle que celle de l’aviation. En effet, les deux acolytes, qui passaient leur temps à se cracher dans les champs proches de Dayton dans l’Ohio, étaient animés par l’envie de réaliser le plus vieux rêve de l’Homme quand Langley cherchait seulement la fortune et la gloire. Une motivation certes louable mais très autocentrée et trop peu altruiste pour embarquer une équipe durablement dans un projet aussi challengeant.

Le succès des frères Wright les fera passer à la postérité, ce qui est moins évident en ce qui concerne Langley. Le peuple chinois, lui, est motivé par une logique de suprématie qu’elle entend contester au peuple américain. Bien que la fierté d’appartenance et la notion d’une domination asiatique soit très ancré dans les esprits par le parti populaire et soit en effet un moteur pour le peuple chinois, l’altruisme d’Elon Musk semble être un levier motivationnel plus puissant que la simple volonté de faire mieux que le concurrent direct. N’oublions pas que la première place ou toute autre forme de performance n’est finalement que la conséquence d’un projet cohérent et mené à bien et ne peut pas, à elle toute seule, tenir lieu de projet inspirant.

 

Un point fort différenciant au service d’une noble cause

A l’image des frères Wright, tous les concurrents de Space X bénéficient d’un budget quasi illimité mais Elon Musk dispose d’un autre levier au moins aussi déterminant : une mission intemporelle qui lui octroie un véritable supplément d’âme. Celui-ci fera peut-être toute la différence une fois que la Terre ne sera plus qu’un minuscule point bleu à travers le hublot d’une navette spatiale.

En effet, il est animé par une mission des plus stimulante : « Permettre à l’humanité de faire perdurer durablement la folle épopée de son évolution. » Comment ? En trouvant des solutions innovantes pour éviter la 6ème grande extinction de l’histoire de la planète Terre.

Son point fort différenciant : c’est un visionnaire qui n’a qu’une obsession : innover ! Innover perpétuellement en challengeant l’existant dès que l’occasion se présente. En cohérence avec son système de valeur, il sait faire preuve d’altruisme en respectant une logique simple : l’ouverture des brevets à la concurrence, qu’il a décidée en 2014, va empêcher ses ingénieurs de se reposer sur leurs lauriers. C’est aussi une preuve de la générosité qui l’anime : plus il y aura d’ingénieurs en capacité de travailler à améliorer ses brevets, mieux la planète se portera, et ses habitants avec. Tout ceci est éminemment cohérent avec sa volonté de sauver la planète Terre ou à défaut, de permettre à l’humanité de survivre sur une autre planète.

De prime abord, et compte tenu du budget colossal nécessaire, on pourrait penser que seuls les états ont la puissance financière pour mener à bien ce genre de mission. Et pourtant, les États sont souvent englués dans des processus particulièrement lourds, complexes et aliénants ; avec des contractants désespérément lents qui freinent considérablement les avancées technologiques en multipliant de surcroit les coups de production. S’ajoute à cela la pénible remise en question de l’existant qui engendre une véritable obsolescence technologique qui sera fatalement préjudiciable à moyen terme. Par exemple, la capsule Soyouz qui effectue les trajets vers l’ISS est composée d’éléments techniques datant de son premier lancement en 1966. Les ingénieurs se retrouvent donc à travailler dans des environnements technologiques totalement dépassées.

A contrario, la façon de procéder de Musk permet d’innover constamment et de réduire drastiquement les coûts des missions en donnant des résultats tout bonnement hallucinants. Le lanceur Falcon Heavy peut en effet transporter 2 fois plus de charge utile que sa concurrente Delta IV pour trois fois moins cher. Autre exemple frappant, les équipements de communication entre l’ISS et la capsule chargée de la ravitailler sont fabriqués pour 10 000 dollars alors que la NASA les payait…10 millions de dollars, soit 1000 fois plus cher !! En moyenne, Space X affiche des prix jusqu’à 30 fois moins élevés que les autres prestataires de la NASA.

 

Des valeurs immuables, indispensables pour faire vivre une telle mission

Tous ceux qui collaborent avec Elon Musk témoignent de sa forte tolérance au risque et de sa capacité de travail hors du commun. Retour sur son enfance et sur son univers familial pour comprendre les origines d’une personnalité d’exception.

Fils d’ingénieur, le petit Elon est un enfant précoce et son père, très dur avec son garçon, est pourtant bluffé par sa curiosité débordante et son inventivité sans limite. Passionné d’aéronautique depuis sa plus tendre enfance, il passait 10 heures par jour à lire des livres, notamment toute l’Encyclopedia Brittanica ainsi que de la science-fiction. Il lancera d’ailleurs ses premières fusées dès le collège dans la cour de l’école.

“Mon grand-père avait ce désir d’aventure, d’exploration, de faire des choses folles ». Elon Musk.

Cette extraordinaire capacité à prendre des risques peut trouver son origine dans la vie aventureuse de ses grands-parents maternels. En 1950, ils quittent une situation tranquille au Canada pour s’installer en Afrique du Sud avec leurs cinq enfants, dont la mère d’Elon.
Cette dernière voyagea avec sa famille à bord d’un avion monomoteur, sans instruments, de la Norvège à l’Australie en passant par l’Afrique du Sud, l’Inde ou encore la Malaisie. Quand elle ne vole pas, la petite famille traverse des déserts en camion. Durant toute son enfance, Elon Musk a été bercé par ces récits d’aventure que lui faisait sa mère. Sa tolérance inhabituelle au risque et son état d’esprit de pionnier lui viennent donc directement de ses intrépides grands-parents et de leur soif d’aventure au long court.

“Il y a quelque chose de différent dans notre famille : nous prenons plus de risques que les autres”. Tosca, la sœur d’Elon Musk

Musk n’est donc pas drivé par des considérations telles que la fortune ou la gloire. En effet, les récents succès de ce patron multimilliardaire font déjà de lui le nouveau Steve Jobs. En revanche, le fondateur de Space X, de Tesla, de Solarcity, également aux origines de l’hyperloop ; est animé par des valeurs ancrées au plus profond de son être qui lui permettent de mener de front le développement de ces divers projets. Courage, Ambition, Curiosité, Générosité et Détermination, voici les fondements sur lesquels se structurent les ambitions de celui, qui, d’année en année, devient le fer de lance de la conquête spatiale américaine.

 

Un projet fou seulement en apparence

Le projet incroyable du dirigeant de Space X est clair : faire de l’humanité une espèce « multi-planètes » en fondant une colonie autonome sur Mars au cas où la planète Terre deviendrait invivable. Le billet pour Mars coûterait alors moins de 200 000 dollars soit l’équivalent du prix moyen d’une maison aux USA. Sachant que le trajet est un « one way ticket », il semble logique de vendre sa maison pour payer sa place à bord.

Malgré les défis technologiques gigantesques que représentent ce projet, les observateurs se prennent à croire de plus en plus dans les chances de réussite de Space X. Après tout, nous parlons d’une entreprise qui a révolutionné le monde de l’aérospatial en l’espace d’une décennie.

De ce projet découle un objectif clair : lancer la première mission habitée vers Mars en 2024. La NASA n’envisage rien de tel avant 2030 et la Chine, qui semble vouloir se concentrer dans un premier temps sur l’exploration de la face cachée de la Lune, ne lancera pas de mission habitée vers la planète rouge avant 2040. Une raison de plus qui tend à prouver que la société privée, à travers ses ambitions, a la capacité de remporter cette course haut la main.

Une stratégie à moyen terme adaptée aux contraintes

Qui dit colonie dit arrivée régulière de nouveaux colons et donc, système de navette. À la complexité d’envoyer un humain sur Mars s’ajoute l’obligation de mettre en place une solution pérenne économiquement et qui permette dans le même temps au citoyen « lambda » de participer à cette épopée extraterrestre. Cela va être rendu possible grâce à une idée simple : démocratiser le lancement de fusées grâce à la mise au point d’une technologie qui permet de réutiliser les lanceurs à plusieurs reprises.

C’est en effet un réel changement de paradigme et un excellent moyen de réaliser des économies conséquentes. Pour ce faire, une armée d’ingénieurs a conçu des propulseurs capables de revenir se poser sur Terre après le lancement de la navette. Cette innovation technique va permettre de réutiliser chaque propulseur un millier de fois, les réservoirs une centaine de fois, et les vaisseaux auront quant à eux la capacité d’effectuer une douzaine d’aller-retour.

A n’en pas douter, c’est une réelle révolution dont vont s’inspirer tous les géants mondiaux de l’aéronautique dans les années à venir. En d’autres termes, à défaut de moyens illimités, les ingénieurs de Space X ont de bonnes idées qu’ils exploitent à fond.

 

Un leader charismatique pour embarquer ses troupes vers l’infini et au-delà

Fidèle à l’adage « à vaincre sans péril on triomphe sans gloire », Musk annonce la couleur à ceux qui vont se lancer avec lui dans l’aventure et il ne cache rien des risques inhérents à une telle expédition. « Ce sera très dangereux, et des gens vont probablement mourir. Si vous n’avez pas peur de mourir, vous êtes un sérieux candidat au départ ».

On retrouve ici l’esprit pionnier et le goût du risque qui animait ses aïeux. Les erreurs et les incidents avec pertes et fracas étant pour lui et ses ingénieurs des occasions d’avancer rapidement, il se positionne aux antipodes de la frilosité et de l’extrême prudence de l’exploration spatiale institutionnelle des agences nationales trop timorées.

Il semblerait donc que Space X et son agilité ait une voire deux longueurs d’avance dans cette course effrénée visant à envoyer un humain sur la quatrième planète du système solaire.

Lorsqu’un problème survient, il exige de ses équipes de toujours arriver avec des solutions. Le fait de rendre ses collaborateurs systématiquement acteurs permet de garantir une implication sans faille de ses équipes, celles-ci se sentant responsables à leurs niveaux des résultats obtenus. Ce mode de management responsabilisant semble être un bon levier pour garantir le maintien de la motivation de ses salariés dans la durée, sachant que la route vers le lancement d’une mission habitée vers Mars doit parfois sembler terriblement longue.

Surtout, Musk semble accorder le droit à l’erreur via le concept du “juste assez bien pour pouvoir être tester ». Cette méthode permet d’avancer vite et d’apprendre en faisant, que les résultats soient positifs ou non. Bien sûr, le taux d’échec est plus important qu’à la NASA mais cette approche génère une mécanique de progrès constants et perpétuels à partir du moment où les leçons des échecs sont tirées sans complaisance.

D’ores et déjà, plus de 200 000 candidats ont répondu positivement à l’appel du patron de Space X et sont donc prêts à tenter cette folle aventure dans l’espace. Une preuve supplémentaire, s’il en fallait une, que les leaders capables de rêver grand et de manière cohérente avec leur raison d’être ont cette capacité exceptionnelle d’inspirer leurs semblables et de les amener à se transcender.

 

Tous les voyants sont au vert pour Musk et Space X

En résumé, la mission intemporelle du patron de Space X va donner l’élan et l’énergie pour aller au-delà de la myriade de difficultés qu’il va falloir surmonter pour coloniser Mars. Son projet, en apparence fou est pourtant très cohérent car aligné sur un ADN solide comme la roche martienne. Il ne reste plus qu’à souhaiter aux courageux pionniers qui se lanceront dans l’inconnu que les planètes soient elles aussi alignées afin de maintenir durablement un haut niveau de motivation, indispensable à l’Homme quand il cherche à se transcender. Quoi qu’il advienne, Elon Musk propose une vision enthousiasmante de l’avenir en faisant preuve d’une confiance inébranlable dans les capacités de l’humanité à se dépasser, ce qui est particulièrement rafraîchissant au regard de la morosité actuelle.

 

 

 

 

Chief Happiness Officer, ou l’art de mettre les molécules du bonheur en ébullition

Le très sérieux poste de Chief Happiness Officer ou CHO n’en est encore qu’à ses balbutiements mais il fait déjà partie des 5 métiers qui recruteront le plus demain. Nous explicitons ici le fonctionnement des quatre neurotransmetteurs constitutifs du bonheur pour déterminer les leviers d’action qui permettent de stimuler ces leviers motivationnels déterminants. Sensation d’un bien-être psychique et physique, amour, plaisir, leadership, plénitude, envie de mener des projets, motivation, énergie, confiance et estime de soi : la grande majorité des facteurs que l’on considère comme des composants du bonheur ont des constituants neurobiologiques.

A travers l’action de ces hormones, l’objectif est de mettre en exergue les responsabilités du CHO qui, demain, influera de manière probante sur le bien-être des collaborateurs, et par voie de conséquence, sur les performances globales de l’entreprise. Analyse scientifique d’un métier d’avenir plus challengeant et complexe que ce que l’on pourrait croire de prime abord.

Piloter l’activité avec proximité pour stimuler la Dopamine

La dopamine, qualifiée d’hormone de l’action, intervient dans la motivation, la projection d’émotions positives et nous pousse à aller de l’avant. Un bon niveau de dopamine favorise la mobilisation des énergies et encourage l’activité. L’excès de dopamine engendre l’état euphorique qui incite à rechercher des situations à risque et à l’inverse, une carence de cette substance rend passif, en plongeant l’individu dans un état réactif où il subit les choses, à la limite de la léthargie.

Il y a différents éléments qui favorisent la production de dopamine. L’activité physique augmente le taux de calcium, indispensable pour sa production et son utilisation par les cellules cérébrales. Il en va de même pour l’alimentation saine.

Les messages positifs que l’on reçoit sont aussi un excellent moyen d’augmenter le taux de celle que l’on appelle « l’hormone de la récompense. » Lorsque nous obtenons quelque chose que nous convoitions, de la reconnaissance de nos référents, un succès professionnel ; l’atteinte d’un objectif ; notre cerveau procède à une libération massive de dopamine qui génère une intense sensation de satisfaction.

A ce sujet, de récentes expériences suggèrent que l’anticipation même de la récompense favoriserait la libération croissante de substance et permettrait d’entretenir la motivation tout au long de la tâche effectuée. En d’autres termes, c’est la promesse d’une libération massive de dopamine qui nous incite à agir pour obtenir ce que nous désirons. D’où son rôle central dans le processus de motivation. Nous parvenons ainsi à rester motivés malgré le fait que l’obtention de notre objet de désir soit différée dans le temps. C’est elle que l’on ressent lors de l’atteinte de gros objectifs mais aussi lorsque l’on coche avec satisfaction une tâche de sa To-Do-List ou que l’on fait le tri de ses emails.

A cet égard, le Chief Happiness Officer devra donc être l’ambassadeur du fonctionnement en mode projet. Cette dynamique permet en effet de faire des points réguliers sur l’état d’avancement des sujets, de mesurer le chemin parcouru et de piloter la motivation et l’énergie des équipes dans la durée.

Le taux de sérotonine dépend notamment de la qualité de la relation

L’ensoleillement, le sport, les relations sociales, les pensées positives et les contacts physiques agissent positivement sur l’ensemble de l’organisme à travers une hormone, la sérotonine. Cette dernière influence de façon positive le comportement et l’humeur de l’individu. Elle apporte calme, bien être et confiance en soi. Elle est également responsable du sentiment d’appartenance, de fierté du statut social et joue un rôle dans la mécanique de reconnaissance.

Il incombe donc au Chief Happiness Officer d’intervenir sur l’agencement des espaces de travail, ces derniers ayant un réel impact sur le bien-être des équipes. Des espaces de travail ensoleillés, une salle de sport, une cantine proposant des produits de qualité et sains, sans oublier d’inciter les collaborateurs, à travers l’organisation d’évènements du type cours de yoga, à pratiquer certaines disciplines de développement personnel telle que la méditation, un outil essentiel pour accéder à l’équilibre émotionnel.

La sérotonine est diffusée quand on se sent important et utile. En d’autres termes, comprendre le sens et l’utilité des tâches qui nous sont confiées a un impact prépondérant sur l’envie de les réaliser. La sécrétion de la sérotonine nous apporte alors une humeur positive et constructive et nous permet de mener à bien nos projets.

Le CHO doit donc faire vivre l’idée qu’une entreprise jouissant d’un ADN cohérent verra le bonheur sonner à sa porte. Un ADN cohérent et formalisé permettra en effet à chacun de raccrocher ses tâches quotidiennes à la mission intemporelle de l’entreprise et aura donc, à juste titre, le sentiment d’être utile et de faire un travail qui a du sens et une réelle valeur ajoutée. Bien entendu, l’efficacité de ce levier dépendra aussi de la capacité du système à implémenter des projets pertinents, en cohérence avec la raison d’être de l’entreprise.

L’ocytocine : l’hormone du lien humain.

Elle est l’hormone de l’amour, de l’amitié, de la générosité et du lien humain. Nous la libérons lorsque nous passons du temps à la construction de la relation en face à face, celle qui nécessite une réelle intelligence émotionnelle et non pas celle qui existe via emails ou au travers des réseaux sociaux. Puisqu’elle nous permet de créer de vraies relations, elle renforce également la sensation de sécurité, la confiance, la sérénité et elle donne un coup de fouet à notre système immunitaire.

L’anxiété et le stress chronique fragilise petit à petit notre système immunitaire et inhibe la production d’ocytocine (et avec notre capacité à l’empathie et la générosité) conduisant certains au burn-out. Le stress inhibe aussi notre accès à la pensée claire. En d’autres termes, il nous empêche d’avoir l’esprit disponible pour les raisonnements logiques et l’action efficace. Nous évoluons alors dans les territoires limbiques de notre cerveau, sièges des émotions, avec la peur comme principal « carburant », et nous sommes dans l’incapacité de faire appel à notre cortex préfrontal, siège de la pensée.

Dès lors, il nous est impossible de communiquer efficacement avec nos congénères et chaque échange a de fortes chances d’ajouter encore d’avantage de complexité à une situation déjà tendue. Quand un manager stress ou contribue au stress de ses équipes, il va à l’encontre de l’efficacité et se place aux antipodes du principe même de leadership.

Il incombe donc au Chief Happiness Officer de permettre aux managers de proximité de faire vivre les conditions de la motivation auprès de ses équipes. Donner du sens, fixer des exigences motivantes, favoriser le développement des collaborateurs à travers une valorisation des progrès et des débriefings stimulants, poser un cadre et un système de valeurs en le faisant vivre dans la durée, toutes ces missions auront un réel impact sur l’état d’esprit et le bien-être des équipes. S’ajoute à cela la canalisation de l’affect qui permettra de gérer le stress et de rester factuel dans les moments où la tension sera un peu plus forte qu’à l’accoutumée.

ENDORPHINE : l’hormone du bien être psychique et mental

Il est à noter que le rire et l’activité sportive sont des éléments simples mais particulièrement efficaces pour déclencher la génération d’endorphine. Et ces dernières participent de plusieurs façons à notre santé et à notre bien être psychique et mental :

  • Elles permettent la diminution du stress et de l’angoisse, et par conséquent, favorise les échanges « d’adultes à adultes ».
  • Grâce à elles, le système immunitaire est plus résistant, ce qui contribue en toute logique à diminuer le nombre d’arrêts maladie des collaborateurs même si ceux causés par les virus et les bactéries ne sont pas les plus problématiques. En revanche, les arrêts maladie pour manque profond d’énergie sont en effet bien plus néfastes mais cela tombe bien, c’est aussi au Chief Happiness Officer, à travers la création des conditions de la motivation, de résoudre ce type de problématiques.
  • Elles améliorent de la qualité du sommeil et par voie de conséquence, jouent un rôle prépondérant sur l’humeur, le dynamisme, l’enthousiasme et la concentration des équipes.

Le CHO est donc le garant de l’atmosphère qui règne dans l’entreprise et, à travers des temps collectifs réguliers tout au long de l’année, il favorisera le dynamisme et un état d’esprit positif pour l’ensemble des équipes.

En résumé, les 5 missions transverses, concrètes et centrales du Chief Happiness Officer

Le Chief Happiness Officer doit donc jouer un rôle prépondérant sur l’organisation de l’entreprise à travers cinq missions bien distinctes :

  1. La formalisation d’un ADN cohérent pour donner du sens
  2. Le fonctionnement en mode projet pour garantir l’endurance des équipes
  3. Le développement de l’intelligence émotionnelle des managers
  4. L’agencement de l’environnement de travail
  5. L’organisation de temps collectifs et de moments festifs

Plusieurs études très sérieuses, la plupart venues de prestigieuses universités d’Amérique du Nord tel que Harvard ou le MIT, démontrent une corrélation évidente entre la proportion de salariés heureux et épanouis et la performance globale de l’entreprise à laquelle ils appartiennent. Par exemple, l’étude révèle qu’un « salarié heureux est en moyenne deux fois moins malade, six fois moins absent et qu’il serait neuf fois plus loyal que les salariés peu épanouis dans leur quotidien professionnel. » C’est dire l’immense responsabilité qui repose désormais sur les épaules de celui qui orchestre le bonheur en entreprise. De l’organisation en mode projet aux conditions de travail, en passant par l’agencement des espaces détente et des salles de réunions qui libèrent la créativité de chacun ; sans oublier le développement de l’intelligence émotionnelle des managers de proximité et la cohérence globale de l’ADN de l’entreprise, les champs d’actions du Chief Happiness Officer sont aussi stratégiques que diversifiés. Il s’agit donc bien d’un poste qui, avec l’intérêt croissant des salariés pour le développement personnel, va prendre une place de plus en plus centrale au sein des organisations.

 

 

Dirigeants, ne succombez pas (totalement) aux sirènes de l’entreprise libérée

Qu’il s’agisse de la théorie de Taylor, du Kaizen ou du Lean management, les théories organisationnelles prônent initialement, entre autre, de donner le pouvoir aux experts afin de les rendre totalement responsables et autonomes sur leurs missions. Ces concepts sont souvent galvaudés car mal interprétés, au grand damne d’Isaac Getz, « père spirituel » du concept de l’entreprise libérée. Liberté totale des employés pour les uns, fin des managers et de toute forme de hiérarchie pour les autres, certains raccourcis sont aussi pris à l’évocation de l’entreprise libérée et les imprécisions à ce sujet sont légions. Retour sur un concept pourtant extrêmement pertinent, favorisant un équilibre du pouvoir de décision adapté aux enjeux du XXIème siècle.

1.      Un ADN cohérent offrant un cadre de jeu inamovible.

Nous l’évoquons très régulièrement, un des dénominateurs communs des entreprises qui performent durablement est la cohérence de leur ADN, composé des valeurs, de la mission et du point fort. Intemporel, inamovible, la culture d’un système, quel qu’il soit, n’évolue jamais. Il est envisageable de consulter les collaborateurs pour définir les valeurs du système mais l’exercice impose tout de même au dirigeant de synthétiser et de trancher pour formaliser l’ADN, lui seul étant le garant légitime à même de porter haut les couleurs de l’entreprise.

Il en va de même pour la définition du projet d’entreprise. Dans les faits, la liberté totale et l’implication systématique de toutes les parties prenantes est-elle réellement compatible avec la réalisation d’un projet collectif ? A quoi ressemblerait le scénario d’un film écrit par toutes les personnes impliquées sur le tournage dudit film ? Peut-on imaginer les cadreurs, le régisseur, le chef-op’ ou encore le costumier être sollicités sur la narration de l’intrigue ?

Pour que tout le monde avance dans la même direction et de manière cohérente, il est à minima nécessaire de définir cette direction, qui fera office de cap pour tous les acteurs du projet. C’est alors au dirigeant, et à lui-seul, qu’il appartient de définir l’ambition de l’entreprise en répondant à cette « simple » question : quel chemin doit avoir parcouru mon entreprise dans 5 ans ?

Toute libérée soit-elle, l’entreprise a également besoin d’un cadre pour délimiter le terrain de jeu dans lequel les collaborateurs pourront pleinement s’épanouir en exploitant leurs talents. A quoi ressemblerait la prestation d’un orchestre symphonique jouant sans chef d’orchestre ? Tel les virtuoses, les salariés ont besoin d’un cadre qui délimite le terrain de jeu, sorte de garde-fou garantissant l’harmonie en lieu et place du chaos.

Que ce soit les lois de la physique qui régissent les lois de la nature, le solfège pour un musicien ou encore le code de la route, dans tout système complexe, il est nécessaire de mettre en place des règles car c’est la condition sine qua none pour que l’être humain s’épanouisse en exploitant pleinement tout son potentiel. La liberté dans un cadre en somme.

2. Quand on m’implique, je m’applique… Quand on m’impose, je m’oppose

« Cela ne fait aucun sens d’embaucher des gens intelligents puis de leur dire ce qu’ils doivent faire. Nous recrutons des gens intelligents afin qu’ils nous disent ce que nous devons faire. » Steve Jobs

Comment les grands chefs parviennent-ils à réaliser un plat d’exception ? Avant toute chose, ils savent s’entourer des meilleurs à chaque poste et challengent un cahier des charges extrêmement précis. Ils impliquent alors les experts ayant les compétences nécessaires à la réalisation du plat, et ce, à chaque étape clé de celui-ci. Qui saura mieux qu’un saucier sublimer une belle viande ? Qui, mieux que le pâtissier, pourra créer des desserts succulents ? Et qui mieux que le sommelier pour accorder mets et vins à la perfection ? Avant toute chose, un leader est jugé sur sa capacité à s’entourer des meilleurs, impliquer chacun d’entre eux sur leurs domaines d’expertise et ainsi leur permettre de jouer un rôle prépondérant dans le succès du projet.

A l’image d’une brigade en cuisine, il est indispensable de faire participer les collaborateurs en les impliquant à chaque fois que l’occasion se présente. En effet, ces experts métiers sont sur le terrain au contact des réalités, au cœur de la stratégie de l’entreprise. Ils sont naturellement les mieux placés pour améliorer les processus et prendre les décisions opérationnelles qui s’imposent en fonction des réalités du quotidien. C’est ce que l’on appelle le principe de subsidiarité qui consiste à donner progressivement à chacun toute l’autonomie qu’il peut assumer dans l’intérêt général.

Le concept d’entreprise libérée, tel qu’il est résumé et vulgarisé suggère que l’on se libère des chefs. Mais avons-nous réellement intérêt à nous débarrasser des bons managers ? Ces chefs, qui, parce qu’ils créent les conditions de la motivation et parce qu’ils nous font grandir, deviennent pour nous des référents ; a-t-on vraiment envie de les voir disparaître ? Quid des feedbacks ? Quid du regard bienveillant qui nous permet d’avancer et d’évoluer ?

Et puis, si la liberté d’innover dans un cadre implique le droit à l’erreur, il est essentiel que les collaborateurs se fassent débriefer lesdites erreurs. Le manager, qui se place dans une logique motivationnelle au service d’une logique opérationnelle, favorise la remise en question et, par voie de conséquence, la montée en compétence de tous les acteurs de l’entreprise.

Mécaniquement, les employés, impliqués et valorisés pour leur expertise, sont à la fois plus heureux, plus motivés, plus investis et plus fidèles. Ajoutez à cela la suppression de tous les « bullshit jobs », de ceux chargés de contrôler le travail des autres et qui ne créent aucune valeur ajoutée et vous obtenez une répartition du pouvoir équilibrée qui permet au système de performer de façon optimale.

3. La règle des 3i, le juste équilibre qui met le système en tension

« L’excès en tout est un défaut. » Proverbe français.

A l’heure où la « génération Z » prend ses marques dans le monde de l’entreprise et réclame à la fois du sens et une grande autonomie, la règle des 3i nous permet d’organiser les interactions et les processus de façon à réunir les conditions de la motivation et ainsi mobiliser les énergies humaines de façon optimale. Comme de nombreuses choses dans la vie, le concept de l’entreprise libérée n’est finalement qu’une « simple » question d’équilibre.

Le leader impulse l’ambition à 5 ans, le cap, le projet d’entreprise ; appelez cela comme vous voudrez, l’idée est d’avoir une idée très précise du but à atteindre. Pour ce faire, le leader visionnaire se base sur la manière dont il voit le monde et son activité évoluer sur les vingt prochaines années. C’est la vision que l’on confond trop souvent avec l’ambition, qui n’est autre que le but à atteindre dans une période donnée.

Il implique ses équipes et leur laisse la main sur la stratégie, considérant que les gens sur le terrain depuis des années sont les mieux placés pour innover et prendre les bonnes initiatives au bon moment. Bien entendu, il implique les managers intermédiaires pour qu’il fassent vivre le projet et les valeurs de l’entreprise à tous les niveaux.

Il incombe aussi au dirigeant et à l’encadrement d’incarner l’ADN de l’entreprise et d’être intransigeant sur leur respect. Comme l’explique Collins dans « Bâties pour durer » et dans « De la performance à l’excellence », une entreprise doit être cohérente et alignée sur ses valeurs, sa raison-d’être, son ambition et sa stratégie pour être parfaitement efficiente et remplir sa mission de façon durable et pérenne. Tout l’enjeu pour le dirigeant étant alors de gérer les périodes de croissance pour préserver la cohérence de ce fragile équilibre.

En résumé, la règle des 3i est une synthèse particulièrement pertinente entre un système paternaliste qui infantilise et bride la créativité et les initiatives des équipes, et des équipes totalement libres dans la prise de décision. L’entreprise libérée, système hybride permet d’implémenter un modèle organisationnel particulièrement efficient prônant une répartition équilibrée du pouvoir et qui, à terme, avec l’arrivée des Z et bientôt des « millennials » sur le marché du travail, sera le seul modèle réellement viable où chacun sera responsable au regard de son niveau d’autonomie.

Equipe de France de Handball : la petite entreprise qui ne connaît pas la crise

Depuis maintenant 25 ans, l’équipe de France règne sur la planète Handball et s’applique à marquer l’histoire d’une empreinte indélébile. A l’occasion de leur 6ème sacre, hier soir contre l’équipe norvégienne, nous revenons sur les raisons de cette domination sans partage. Les experts, telle une PME qui réussit à performer sur la durée en volant de titre en titre et de records en records, accumulent les succès et les performances en affichant une énergie phénoménale et une joie sincère d’être ensemble. Dès lors, quels leviers, transposables au monde de l’entreprise, permettent au handball français de dominer à ce point sa discipline ? Existerait-il une recette « miracle » pour qu’un groupe humain réussisse à prendre du plaisir tout en performant durablement ? Eléments de réponse.

1.     Une mission qui mobilise les énergies dans un système cohérent.

Dans deux ouvrages majeurs, « Bâties pour durer » et « De la performance vers l’excellence », Collins étudie de façon minutieuse et factuelle les facteurs qui permettent à certaines entreprises de performer durablement. Il est à noter que ces dernières présentent invariablement des résultats bien supérieurs à leurs concurrents directs alors que ceux-ci évoluent pourtant dans le même contexte et bénéficient de moyens équivalents.

Collins révèle que les entreprises les plus performantes ne sont pas celles qui ont le plus de moyens, ou celles qui se montrent les plus agressives. Ils constatent que toutes les entreprises qui parviennent à sortir du lot ont un point commun : elles rêvent en cohérence avec leur ADN. En effet, LA mission, la raison d’être, est la force motrice qui a le plus d’impact sur l’envie de l’être humain car elle donne du sens à chacune de nos actions. Cette dernière doit être alignée avec deux piliers déterminants qui composent une entité, quel que soit sa nature :

1.     Les valeurs : Qui sommes-nous ? Elles vont déterminer la manière dont on se comporte au sein du système

2.     La pépite : ce point fort différenciant sur lequel on va s’appuyer pour mener à bien notre mission

De ce système cohérent découlent alors un projet d’entreprise, une organisation, des chantiers stratégiques, les enjeux, les objectifs et toutes les actions quotidiennes de l’entreprise. La cohérence du système est à cet égard une des grandes caractéristiques des experts, ceux-ci étant parfaitement alignés.

La mission des experts ? Dominer le handball mondial et marquer un peu plus chaque jour l’Histoire de ce sport pour faire la fierté de tout un peuple.

Leurs valeurs, pas explicitées, transpirent cependant dans toutes les interviews des bleus et nourrissent incontestablement cette noble mission.

1.     Solidarité : nous avons l’esprit d’équipe, nous sommes vecteurs de cohésion, nous avons le sens du collectif

2.     Responsabilité : nous sommes disciplinés en défense, nous sommes rigoureux, nous nous concentrons sur les détails

3.     Générosité : nous avons le goût de l’effort, nous sommes excentriques pour divertir nos fans, nous nous dépassons constamment

4.     Détermination : nous jouons systématiquement pour gagner, nous faisons tout pour être toujours devant au score, nous ne sommes jamais rassasiés de victoires

Tels sont les fondements qui, intrinsèquement, structurent le quotidien de l’équipe.

Dumoulin : « On reste toujours dans notre système, ce qui amène une stabilité défensive. On reste tous ensemble en permanence. Et puis il y a un investissement total de chacun dans les tâches défensives car on sait tous comment se sont construit nos succès passés. »

Et le point fort des bleus dans tout ça ? La défense pardi ! Toute la stratégie de l’équipe repose sur deux murailles particulièrement difficiles à briser, un bloc défensif costaud et discipliné qui peut également compter sur deux immenses gardiens ; Thierry Omeyer, sans doute le plus grand gardien de tous les temps ; et Vincent Gérard qui sublime son art aux moments clés de la finale. A l’image de la finale du mondial 2009 à Zagreb, la stratégie toute entière est basée sur ce point fort qui engendre un véritable cercle vertueux. Une défense solide permet de récupérer des ballons de contre-attaque et de marquer de nombreux buts sur des actions de jeu rapide. Il y a moins d’énergie dépensée que sur des attaques placées ce qui permet de se concentrer les efforts sur les phases défensives.

Xavier Barachet : « On sait que c’est notre force depuis de nombreuses années. Donc on axe souvent nos efforts là-dessus. On a des joueurs exceptionnels dans ce domaine à quasiment tous les postes. On a de gros gabarits, imposants mais qui ont cette autre qualité d’être très mobiles. Cette polyvalence fait notre force. »

Cette cohérente parfaite est renforcée par une exceptionnelle stabilité du staff qui n’a connu que deux entraineurs sur les 25 dernières années et par le fait que la relève, à l’image de Quentin Mahé, se compose des enfants de la génération Richardson.

Cependant, la définition d’une mission intemporelle et un parfait alignement n’expliquent pas à eux seul ces performances hors du commun. Un projet qui sera moteur pour chaque membre de l’équipe et un management de la relation basé sur une intelligence émotionnelle très développée viennent s’ajouter aux facteurs de réussite énoncés ci-dessus.

2.     Mondial 2017, un staff qui crée les conditions de la motivation en faisant vivre un projet inspirant.

Les entreprises qui réalisent de grandes performances sur le long terme sont drivées par un projet ambitieux permettant de nourrir un peu plus chaque jours la mission intemporelle. Cela crée une énergie endogène chez les collaborateurs permettant qu’ils soient en mouvement dans la durée.

Le projet des experts pour le mondial 2017 est limpide, tant il est cohérent avec l’ADN de nos champions : « Faire naître et partager des émotions d’une intensité phénoménale avec le pays tout entier en lui permettant de communier autour du Handball ». De ce projet découle un objectif SMART : « récupérer la suprématie mondiale » après la deuxième place aux Jeux Olympiques de Rio.

Claude Onesta, qui est désormais le manager général des bleus, joue désormais le rôle de gardien du temple. Son nouveau poste, qui lui permet de prendre de la hauteur pour faire vivre le projet de la fédération, permet une passation de pouvoir en douceur pour éviter une rupture brutale et ainsi favoriser une continuité dans les résultats. En terme d’accompagnement du changement, il est difficile de faire mieux, le mot d’ordre étant « la progressivité. »

C’est donc à Didier Dinart et Guillaume Gille qu’incombe désormais la lourde tâche de poursuivre une épopée démarrée il y a maintenant plus de 25 ans. Avec plus de 300 sélections chacun, le binôme est parfaitement complémentaire et connait parfaitement les réalités et les exigences qu’imposent les grandes compétitions internationales. L’un est plutôt sanguin, le second est plutôt calme et réservé. Le premier est le référent défensif quand le second, ancien meneur, est un référent tactique incontestable.

Alors qui de mieux que deux anciens « du cru » pour prolonger et faire perdurer une philosophie qui fait ses preuves depuis maintenant ¼ de siècle ? D’autant qu’ils ont tous deux bénéficié de l’exemple de Claude Onesta, l’un des maîtres en la matière avec lequel ils ont tout remporté en tant que joueurs.

« Didier, la défense, c’est son domaine », rappelle Cédric Sorhaindo. « Il a toujours été reconnu pour cela. Il est en échange permanent. Il partage avec nous sa vision des choses. Il a une vision globale qui nous permet de tirer de meilleurs enseignements de nos erreurs. On hésite jamais à lui demander des conseils. »

A l’image de Nikola Karabatic, les deux entraineurs peuvent s’appuyer sur des cadres qui, de par leur exemplarité et leur palmarès, sont un relais quotidien de la philosophie des bleus, sur les parquets comme en dehors.

Nikola, meneur et pilier incontestable des experts, est, à l’image du groupe tout entier, totalement à sa place pour faire vivre le projet. Tout commence d’ailleurs en 2001 par une scène fondatrice qui changea sans doute le court de son existence : la victoire des « costauds » alors emmenés par Jackson Richardson. « J’avais suivi cela avec ma famille et je me souviens avoir vibré à chacune de leur victoire, notamment en finale contre la Suède. Cela m’a donné encore plus envie de faire ce sport. Quand je me projette un peu, je revois ces images de l’ambiance de la finale à Paris et je rêve de la retrouver. »

Le meneur du Paris Saint Germain parvient à faire la synthèse complexe et subtile entre exigence et bienveillance. Ce mentor pousse les jeunes champions en devenir dans leurs retranchements et les challenge au quotidien tout en veillant sur eux avec patience et bienveillance.

« J’essaie de rassurer les nouveaux, de les mettre en confiance, de les intégrer du mieux possible à l’équipe tout en étant exigeant et en leur faisant comprendre qu’être en équipe de France implique des devoirs et un état d’esprit. »

En résumé, la clé du succès d’une entreprise résulte de trois éléments indissociables : un rêve et un ADN cohérent et parfaitement aligné, un projet ambitieux non moins cohérent et un management de la relation qui crée les conditions de la motivation au quotidien. Pour les experts, ces leviers ont pour conséquence des performances exceptionnelles qu’aucune autre équipe n’a encore réalisée à ce jour.

L’équipe tricolore est en effet la seule à avoir remporté quatre grandes compétitions d’affilée dans la discipline. Elle est également la première, et à ce jour la seule nation, à avoir détenu simultanément les trois trophées majeurs (championnat d’Europe, du monde et Jeux olympiques), et ce à deux reprises, en 2010 et en 2015. Bravo aux experts et merci à eux pour toutes les émotions positives qu’ils nous en ont transmis durant ce mondial.

Churchill, une incroyable énergie au service d’une détermination à toute épreuve

Churchill disait, « Agissez comme s’il était impossible d’échouer. » A l’occasion de l’anniversaire de sa mort, nous revenons sur le parcours hors du commun de celui qui restera le chef de guerre, sauveur du monde libre, qui se dressa contre la barbarie nazie. Soldat, correspondant de guerre, écrivain, peintre, député, Premier Ministre, Prix Nobel ; il n’y a pas de superlatif assez fort pour décrire le parcours de celui que l’on surnommait « le vieux lion ». D’où venait l’incroyable énergie de ce fonceur invétéré ? D’où lui venait la ténacité qui lui a permis de mobiliser derrière lui un pays tout entier ? Analyse de la vie d’un géant qui a marqué le XXème siècle d’une empreinte indélébile.

1.      Une enfance douloureuse résultant d’un profond manque de reconnaissance.

Winston Churchill est issu d’une des plus illustres familles d’Angleterre. Son ancêtre le Duc de Marlborough, John Churchill, a vaincu les troupes de Louis XIV en 1704 et a reçu en récompense le château de Blenheim.

Enfant de l’ère victorienne, passionné par l’épopée de ses ancêtres, il rumine des histoires de soldats, de batailles et de guerres. Il est fasciné par les tapisseries de son aïeul menant des batailles sur son cheval et baigne dans un univers guerrier dès sa plus tendre enfance. Cet environnement aura bien entendu une forte influence sur celui qui passe alors son temps à jouer au petit soldat.

Ce cadre en apparence idyllique masque en réalité la part la plus triste et la plus sombre de son histoire : l’indifférence de ses parents. Trop occupés à courir les mondanités et les garden parties, ils délaissent totalement le petit Winston qui sera éduqué, comme le veut la tradition victorienne, par sa nourrice et pour ainsi dire sa mère de substitution.

Surnommé par ses proches « le petit bulldog », il fait l’unanimité auprès de ses professeurs : c’est un enfant exécrable et odieux, qui gâche de formidables capacités. Sans doute cherche-t-il, à travers ce comportement, à attirer l’attention, lui qui manque constamment de la plus basique reconnaissance parentale. « J’ai grandi dans la poche de son gilet, oublié comme un penny. »

Envoyé en pension assez jeune, il ne reçoit jamais plus d’une visite parentale par an malgré ses supplications incessantes. Pour atténuer sa solitude affective, il peuple son adolescence de lectures et fera de la littérature et de l’écriture un fil conducteur de son aventure épique.

Churchill voue une admiration sans faille à son père. Il apprend par cœur ses discours, remplit des albums entiers où il compile tous les articles et les caricatures, lui vouant au quotidien au véritable culte. Il lui consacrera d’ailleurs deux ouvrages biographiques. Et pourtant, son père, n’ayant à lui offrir que du mépris, le rabaisse constamment. Le plus parlant pour illustrer leur relation tumultueuse reste cet extrait de leurs échanges épistolaires : « Vous êtes la plus grande déception de ma vie et vous ne serez jamais qu’un raté, un perpétuel recalé, un rebus de la société et vous mènerez une vie médiocre et misérable jusqu’à la fin de vos jours. »

Après avoir vu sa carrière politique exploser en plein vol après un vote de son budget contesté, Randolph Churchill meurt prématurément le 24 janvier 1895 à l’âge de 46 sans jamais avoir accordé la moindre reconnaissance à son fil mal aimé. C’est à ce moment que Winston devient réellement Churchill. A 20 ans, il devient un homme pressé, pressé d’accomplir de grandes choses, étant persuadé qu’il mourra jeune lui aussi. Dès lors, il ne s’arrêtera plus et fera preuve d’une détermination à toute épreuve.

2.      La motivation revancharde, source du rêve qui va lui permettre d’écrire l’histoire.

La motivation revancharde nait d’un échec, d’une frustration ou potentiellement d’une humiliation. C’est une scène fondatrice où l’on se dit : « je ferai tout pour laver l’affront, pour ne plus revivre pareille déception ou désillusion ». En l’occurrence, Churchill se dit : « Je prouverai à mon père que je ne suis pas un raté ou la honte de ma lignée, et le seul moyen d’y parvenir, c’est de marquer l’Histoire de mon empreinte. »

Dès lors, il est pressé d’accomplir de grandes choses avant que la mort ne l’emporte à son tour. Cette motivation va lui donner l’énergie de définir un projet extrêmement ambitieux et d’accomplir ses rêves. Il a été le fils indigne, il va mettre toute son énergie pour être à la hauteur de son ancêtre. « L’ Histoire me sera indulgente, car j’ai l’intention de l’écrire. »

Ne voulant pas utiliser son nom, la renommée de son père ou son réseau d’influence, il décide se faire seul pour que l’on ne puisse pas l’accuser de tirer parti de sa filiation. Il part sur tous les fronts de l’empire colonial britannique en quête d’action car il subodore que c’est le moyen pour lui de se distinguer. Inde, Soudan, Cuba, Afrique du sud, il sera célébré à son retour en héros de l’empire. Les articles envoyés du front par dizaines ont bien entendu participés à construire la renommée lui permettant de sortir du lot et d’être élu député à l’âge de 26 ans.

Il participe à 14 élections, écrit 14 livres, des centaines d’articles et de discours, dont plusieurs passeront à la postérité. Il reçoit le prix Nobel de littérature pour son récit de la seconde guerre mondiale et sera également père de cinq enfants. Il fourmillera d’idées tout au long de sa vie.

 » Churchill a deux cents idées par jour dont quatre seulement sont bonnes mais il ignore lesquelles ». Franklin D. Roosevelt

Trompe la mort, il survit à cinq conflits armés où il est en première ligne sans jamais être blessé. Il échappe à trois accidents d’avion qui en auraient tué plus d’un et frôle la mort en se faisant renverser par une voiture à New-York. A l’âge de 65 ans, il devient le dernier rempart pouvant empêcher les hordes nazies d’envahir la Grande Bretagne. Le bulldog sera le symbole de l’Angleterre qui lutte et qui ne renonce jamais.

En revanche, il est intéressant de noter qu’aux moments où Churchill cesse d’être en projet, son extraordinaire énergie l’abandonne aussitôt. Après chaque revers politique et militaire, inévitable en 60 années de carrière politique, la dynamique du projet est brisée. Dès lors, il sombre dans de profondes dépressions qu’il appellera son « black dog ».

Derrière ces revers, c’est son père qu’il décevait, ce qu’il ne supportait que très difficilement. Il luttera toute sa vie dans cette quête du deuil impossible de la reconnaissance du père, celle qu’il n’obtiendra jamais, malgré ses services rendus. Le poids de l’ombre de son père n’a cessé d’être présent et d’orienter obscurément sa vie, qui pouvait parfois être extrêmement sombre. Ce rapport au père revêt un côté totalement obsessionnel tout au long de la vie du fougueux Winston.

3.      Utiliser ses talents naturels pour réaliser ses rêves.

« Deviens qui tu es et accomplis ce que tu es le seul à pouvoir accomplir. » Nietzsche

Ce parcours extraordinaire n’a rien à voir avec la chance. Churchill est plutôt un parfait exemple pour illustrer deux de nos croyances les plus profondes.

Nous n’atteindrons que ce que l’on vise : sans un rêve très ambitieux, la réussite n’est pas possible. Le rêve est moteur, il nous met en mouvement et donne à l’être humain une énergie phénoménale au quotidien. Le rêve de Churchill était de faire de grandes choses pour marquer l’Histoire et ainsi obtenir la reconnaissance de son père, même à titre posthume. Ce rêve ultime a généré en lui une énergie endogène et a guidé ses actes héroïques tout au long de sa vie.

Nous ne pourrons nous réaliser qu’en utilisant nos points forts : il y a des milliers de chemins différents pour réaliser le même rêve mais à titre individuel, un seul et unique chemin nous permettra d’y parvenir. Et ce n’est qu’en étant aligné avec qui nous sommes et en étant lucide sur nos points forts que nous parviendrons à atteindre nos plus belles ambitions. Encore faut-il parvenir à s’autoriser à rêver dans une société où notre cerveau droit, siège de l’onirisme et de l’intelligence émotionnelle, est totalement inhibé depuis notre arrivée à l’école primaire.

Un jour, Winston Churchill confia : « Aujourd’hui, nous sommes le 24 janvier. C’est le jour où mon père est mort. C’est le jour où je mourrai moi aussi. » Churchill tombe dans le coma le 10 janvier 1965 mais, comme il l’avait annoncé 12 ans auparavant, résiste jusqu’au 24 janvier. 70 ans, jour pour jour, heure pour heure après le décès de son père. Même sa mort est un ultime appel à celui qui l’a tant méprisé.

Cette dernière anecdote révèle finalement la clé de l’énigme Churchill. Son moteur secret et les principales facettes de cet homme d’exception ont la même source. Il puise sa puissance guerrière dans la genèse familiale, sa ténacité découlera de son surnom quand il était enfant et ses qualités d’orateurs et d’écrivain découlent de l’admiration qu’il porte aux discours de son père. Son infaillible ambition le pousse à réussir là où son père a échoué pour redorer le blason familial et son incroyable énergie émane de cette formidable mise en projet, rendue possible par la blessure originelle de n’avoir jamais existé aux yeux de son père.

En résumé, la recherche de reconnaissance d’un père idolâtré et une cohérence entre ses actes et ses points forts naturels ; tels sont les fondements qui ont structuré la personnalité complexe de Winston Churchill. C’est une preuve supplémentaire que l’Homme se structure avant tout à travers un besoin viscéral de reconnaissance ; ou à défaut d’en recevoir, à travers une motivation revancharde qui permettra de pallier ce manque insupportable, à condition d’être aligné sur ses points forts. En définitive, le père de Churchill, par son manque d’humanité, a finalement contribué à sauver ce qui restait de l’Humanité.

Sébastien Loeb, ou quand une pierre fait perdre David contre Goliath

Pour sa deuxième participation au rallye-raid mythique, Sébastien Loeb a manqué de (très) peu de rentrer encore davantage dans l’histoire du sport automobile. Il aura lutté sans relâche, « le couteau entre les dents », pour la victoire finale ; au coude à coude pendant près de deux semaines avec celui que l’on nomme Mr Dakar et qui est le maître incontesté de l’épreuve. Un caillou à l’origine d’une crevaison est finalement venu briser les ambitions du nonuples champion du monde WRC qui, en tant qu’outsider assumé, rêvait de déloger Stéphane Peterhansel de son trône.

A cette occasion, nous revenons cette semaine sur le parcours d’un des plus grands champions du sport automobile. Découvert sur le tard, il est le plus titré de sa catégorie avec des records aussi nombreux que stratosphériques. Comment a-t-il fait pour surclasser tous ses concurrents pendant près d’une décennie ? D’où lui vient cet esprit de compétiteur qui lui permet d’empiler les trophées et les records sans jamais être rassasié ? Retour sur les exploits de celui qui demeure d’année en année l’un des sportifs préférés des français.

1.      Une enfance sportive qui forge un caractère de champion.

Issue d’une famille où le sport à toujours occupé une place prépondérante, Sébastien Loeb est « tombé dedans quand il était petit ». Encore très loin des sports mécaniques, il débute la gymnastique à l’âge de trois ans sous l’impulsion de son père, double champion de France universitaire dans la discipline. Et s’il y a un bien un sport synonyme de discipline, c’est bien celui-là !  Sa mère, professeur de mathématique, lui transmettra sans doute la rigueur et la précision d’une science particulièrement structurante.

Des dires de l’intéressé lui-même, le rallye n’est pas un sport qui demande de grandes capacités physiques. Mais dans une discipline où tout peut se jouer à 1/10 ème de seconde, il ne faut rien laisser au hasard. Une excellente condition physique peut donc faire la différence quand il faut aller puiser dans ses dernières ressources physiques et mentales pour l’emporter. Le physique d’athlète permet alors de ne pas s’épuiser et de rester concentré jusqu’au drapeau à damier. Cela a sans doute été un avantage précieux ces deux dernières semaines, les conditions climatiques étant dantesques.

De plus, lorsque l’on se retrouve face à des juges qui dissèquent et décomposent l’ensemble des nos mouvements, il est indispensable d’être en recherche constante de la perfection. Sébastien Loeb est l’un des pilotes à l’origine de l’introduction dès le début des années 2000 d’un nouveau style épuré de conduite, copié par leurs successeurs et faisant encore aujourd’hui office de référence. Cette nouvelle approche consiste à rechercher systématiquement la trajectoire optimale. Concrètement, il adopte des techniques de freinage beaucoup plus en ligne et prescrit le survirage lors des entrées en courbes afin de limiter au maximum les phénomènes de glisse et ainsi conserver la meilleure vitesse de pointe possible.

Ainsi donc, dès son plus jeune âge, l’alsacien se familiarise avec l’exigence d’un sport qui lui permet d’intégrer l’ensemble des paramètres de la réussite sportive. A l’âge de six ans, il truste déjà les podiums avec une culture de la gagne chevillée au corps. Il y apprend le goût de l’effort, la gestion du stress et de la concurrence, l’esprit de compétition, la concentration et aussi, l’équilibre. 

Tous ces fondements structurent très tôt la personnalité de celui qui a la réputation d’aller systématiquement au bout des choses. Durant toute son enfance, il enchaine les compétitions et se construit un joli palmarès, qui, à n’en pas douter, aurait pu le conduire jusqu’aux Jeux Olympiques. Il sera quatre fois champion d’Alsace, une fois champion du Grand Est et finira 5e au Championnat de France. Déjà à l’époque, rien ne le motive plus que la victoire. Mais voilà, quelqu’un a eu la bonne idée de lui mettre un guidon entre les mains.

2.      Des référents qui le structurent et l’accompagnent jusqu’au sommet

« De toute façon, il n’y a qu’une chose qui m’intéresse c’est la première place. Le reste ne m’intéresse pas »

Un peu avant ses quatre ans, ses parents, référents primaires, qui accompagnent toutes les premières aventures, lui offrent un vélo avec lequel il ne perd jamais une occasion de faire la course. Il voue une passion sincère et véritable à la vitesse. Que ce soit sur un tricycle, une mini-moto ou une « mob’ », la seule chose qui compte pour lui, c’est de « finir devant. »

Rapide, téméraire, il a un sens inné du pilotage qu’il développe en mobylette sur les parkings, dans les bois, et surtout, sous le regard de son père pendant les compétitions. Très vite, ce dernier sera d’ailleurs interpellé par ses exceptionnelles capacités.

Sebastien Loeb sera aussi regardé et valorisé par ses référents tertiaires (famille et amis), notamment par sa grand-mère. Elle sera son premier sponsor en lui offrant ce fameux « premier volant » dont rêves tous les jeunes pilotes en lui permettant l’achat de sa toute première voiture. Le regard valorisant de ses amis, prépondérant à l’adolescence, n’est pas en reste puisque lui et ses compères passent tout leur temps libre à faire la course avec leurs bolides, au grand damne du voisinage.

La rencontre qui va changer la vie de Sébastien Loeb arrive sur le tard, lorsqu’il a 21 ans. A l’issue de l’opération rallye jeune où il a brillé, Dominique Heintz lit un article sur lui et décide de le prendre sous son aile. Ce dernier va même jusqu’à hypothéquer sa maison pour financer les débuts du jeune prodige.

Dans la foulée, c’est au tour du directeur de la branche sportive de Citroën, Guy Fréquelin, de jouer le rôle de référent secondaire, sorte de père spirituel qui manage et qui coach en accompagnant le développement de l’individu, généralement jeune adulte, au quotidien. La particularité de Guy Fréquelin : parvenir à faire la synthèse complexe et subtile entre exigence et bienveillance. Ce mentor pousse le champion en devenir dans ses retranchements et le challenge au quotidien tout en veillant sur lui avec patience et bienveillance.

Autour de lui, c’est un noyau dur d’une quinzaine de personnes qui l’aide à se structurer et qui a un réel impact sur ses performances.

3.      Le travail au quotidien pour aller toujours plus vite et briller dans la durée.

2003 sera une année charnière, de celles qui voient naître un levier motivationnel extrêmement puissant : la motivation revancharde. Lors du dernier rallye de la saison, Loeb, alors deuxième, doit jouer la sécurité et laisser filer le titre en assurant la deuxième place pour garantir à Citroën le titre constructeur. Professionnel, et avec un esprit d’équipe et de camaraderie chevillé au corps, il obéit aux ordres sans faire de vague et jure que l’on ne l’y reprendra plus. Il comprend que chaque point compte ; et qu’il ne faut jamais se relâcher, même avec une avance confortable au classement.

Un des secrets de l’alsacien ? un système de note unique pour décrire la piste, élaboré avec son co-pilote et ami Daniel Elena. D’année en année, le code est peaufiné, corrigé, amélioré et répété avec un souci du détail impressionnant. Même si la spéciale est identique, tout est remis systématiquement à plat. Les notes sont retranscrites avec beaucoup de précision : angle du volant, présence de gravier ou de boue. Daniel Elena donne le rythme et la cadence au pilote par la voix. Les notes sont pour ainsi dire « chantées » par dans le bon tempo.

Aux dires de son épouse, qui a parfois été sa co-pilote, il fait preuve d’un calme et d’une concentration à toute épreuve. Son passé de gymnaste nous invite bien entendu à la croire sur parole. C’est, à n’en pas douter, son sens du détail et son perfectionnisme qui lui permettent, à l’image de Teddy Riner, de minimiser la « pression d’enjeu », la pression sur le combien, sur le résultat final. Il ressent alors plutôt une « pression sur le jeu », sur les moyens concrets, sur le comment atteindre les résultats escomptés.

« Quand j’arrive à la limite, il s’ouvre un espace de liberté. Sébastien Loeb »

Sa mission intemporelle, cette fameuse quête frénétique de vitesse optimale le pousse et lui donne l’énergie de se soucier perpétuellement des moindres détails. A l’image de la préparation minutieuse des 24 heures du mans 2006 où lui et ses coéquipiers terminent sur la deuxième marche du podium, il fait plusieurs le tour de reconnaissance en scooter et ne commettra aucune erreur. Chez lui, le souci du détail tourne à l’obsession, et, à l’image d’un maestro, il répète ses gammes encore et encore. Il n’y a aucune place à l’improvisation pour celui qui termine le plus souvent tout en haut du podium.

En résumé, Sébastien Loeb est un passionné de vitesse qui a su élever sa discipline au rang d’art. Les qualités valorisées dans son enfance, son goût de l’effort, sa rigueur, sa précision et son perfectionnisme, ont permis à l’actuel record man du Pikes Peak de régner sur le monde du rallye pendant près d’une décennie. A l’issue de sa deuxième place de ce week-end, le champion nous laisse avec l’agréable pressentiment que l’on va le retrouver sur la prochaine édition du Dakar et qu’à cette occasion, il finira sur la plus haute marche du podium et rajoutera une nouvelle ligne, et quelle ligne, à son époustouflant palmarès. On prend les paris ?

2017, comment tenir nos bonnes résolutions au-delà de fin Janvier ?

Tenir une parution hebdomadaire sur un blog, courir trois fois par semaine, manger sain, arrêter de fumer, perdre du poids et parfois tout cela à la fois ; la nouvelle année est souvent la date butoir où l’on décide, « une bonne fois pour toutes », de prendre des engagements et surtout, de s’y tenir dans la durée. En 2007, une étude menée par Richard Wiseman de l’Université de Bristol impliquant 3 000 personnes a démontré que 88% des bonnes résolutions de la nouvelle année échouaient. Dès lors, comment peut-on expliquer que nos résolutions de la nouvelle année ne tiennent généralement pas au-delà de fin janvier ? Quelles stratégies adopter pour tenir vos résolutions dans la durée ? En ce début d’année, voici toutes les clés pour que, cette fois, ça marche pour de bon. Continuer la lecture de « 2017, comment tenir nos bonnes résolutions au-delà de fin Janvier ? »

Rosberg, pourquoi il quitte la F1 encore plus vite que la grille au départ d’une course ?

Qu’à t-il bien pu se passer dans la tête de Nico Rosberg pour qu’il décide d’abandonner son fauteuil de champion du monde ? Le clan Mercedes pouvait-il anticiper un tel cataclysme ? Et plus important que tout, à quoi est dû ce retournement de situation aussi soudain qu’inattendu ? Retour sur la semaine qui a changé la vie de cet immense champion. Continuer la lecture de « Rosberg, pourquoi il quitte la F1 encore plus vite que la grille au départ d’une course ? »

Teddy Riner : le champion sous pression qui sait gérer le stress

C’est officiel depuis hier, le judoka Teddy Riner sera le porte-drapeau qui représentera la France aux jeux olympiques de Rio cet été. N’en déplaise aux superstitieux, il n’y a que très peu de chances que la « malédiction » qui frappe les portes drapeaux français depuis 2002 vienne perturber celui qui sait gérer le stress et la pression mieux que quiconque. Explications. Continuer la lecture de « Teddy Riner : le champion sous pression qui sait gérer le stress »