L’intelligence émotionnelle : QUESACO ?

Dans un environnement où les changements sont légion, l’intelligence émotionnelle est en passe de devenir une compétence clé pour les managers. Et pourtant, le 20ème siècle a fait la part belle au quotient intellectuel (QI), le plaçant comme une des principales causes de la réussite professionnelle. Les dernières recherches en psychologie, neuroscience et neurobiologie semblent cependant remettre en cause ce paradigme.

De nombreuses études ont en effet prouvé que dans plus de 70% des cas, des personnes avec un QI dans la moyenne se montrent plus performantes que certains de leurs congénères bénéficiant d’un QI plus élevé. Cette « anomalie » a permis de découvrir l’un des chaînons manquant du fonctionnement de l’individu : l’intelligence émotionnelle.

Qu’est-ce que l’intelligence émotionnelle ? Quels sont les caractéristiques ce ceux qui ont une IE développée ? Et surtout, quelles sont les conséquences et les bénéfices d’une intelligence émotionnelle musclée dans le monde de l’entreprise ? Explication d’un concept particulièrement complexe qui fera de plus en plus la différence dans un environnement en perpétuelle mutation. Voici quelques idées clés qui permettent de mieux comprendre ce concept.

  1. L’intelligence émotionnelle : un sujet aussi vaste que complexe.

Auparavant appelée personnalité, caractère, ou encore « soft skills », le thème de l’intelligence émotionnelle peut de prime abord sembler particulièrement nébuleux tant il regroupe divers domaines et champs de compétences.

Pele mêle, on y retrouve en effet des thématiques liées à la gestion des émotions, la connaissance et la maîtrise de soi, l’assertivité, l’aisance sociale, le respect d’autrui mais aussi l’adaptabilité, l’empathie, l’instinct ou bien encore la gestion du stress.

On peut donc résumer cette notion comme étant l’art d’utiliser de manière optimale nos émotions, qui ont un impact direct sur notre état d’esprit et nos comportements. Cette forme d’intelligence nous permet de naviguer dans une société toujours plus complexe en prenant les décisions les plus adaptées en fonction de la situation.

  1. La connaissance de soi : une étape indispensable pour développer notre intelligence émotionnelle

« Il y a trois choses extrêmement dures : l’acier, le diamant et se connaître soi-même. » Benjamin Franklin

Cette maxime est particulièrement révélatrice des nombreuses embuches à surmonter lorsque l’on cherche à répondre à la fameuse injonction de Socrate « connais-toi toi-même ». Dès lors, un réel travail d’introspection est nécessaire pour savoir qui l’on est réellement.

L’introspection permet de toujours être au fait des émotions que l’on ressent, de savoir les identifier et les nommer de façon précise. Cela nous permet aussi d’avoir une image plus juste de nous-même, notamment en ce qui concerne l’impact que l’on a sur les autres.

De nombreuses méthodes et outils participent à la connaissance de soi. Certains sont plus ou moins farfelus, quand d’autres sont très pertinentes et permettent réellement d’augmenter la connaissance qu’un individu aura de lui-même. Les tests projectifs tels que le test de Rorschach ou le T.A.T peuvent délivrer certaines clés de notre fonctionnement psychique.

  1. Une liste non exhaustive des outils pour mieux se connaître.

Le T.A.T. de Murray est un test projectif dont le principe consiste à demander au sujet de raconter une histoire à partir d’une série d’image. L’analyse de ses différents récits permet d’établir le portait psychologique de l’individu et par conséquent, d’améliorer la connaissance qu’il a de lui-même. Le test permet notamment de révéler certains de nos comportements limitants en levant le voile sur des situations vécues dans l’enfance et que notre inconscient à enfouie au plus profond de notre psyché.

Le fameux test de Rorschach est aussi un excellent levier pour avancer sur la connaissance de soi. Une fois analysées en profondeur, les réponses fournies par le sujet serviront à évaluer les traits et les lignes de force qui organise votre personnalité.

Un autre levier permettant d’avancer rapidement sur cette thématique n’est autre que la process communication. Ce modèle, issue des travaux d’Eric Berne sur l’analyse transactionnelle, a été développé par le psychologue Taibi Kahler. Il permet d’obtenir une image précise de nos points forts et aussi, de nos réactions sous stress. C’est un levier particulièrement puissant pour mesurer l’impact de nos comportements sur la motivation de notre entourage professionnel et personnel.

Autre option, qui peut permettre de concilier un temps de cohésion pour souder le collectif tout en mettant l’accent sur le développement personnel, l’équicoaching. Cet outil permet d’utiliser les chevaux comme miroir de notre intelligence émotionnelle. En effet, le ventre des chevaux fait office de « caisse de résonnance » leur permettant de particulièrement bien ressentir les émotions, que ce soit chez leurs congénères ou chez les humains.

Ce type de cursus a été développé par un expert en communication, un psychologue d’entreprise et un formateur équestre. Elle donne l’opportunité, à travers des outils favorisant la connaissance de soi, d’optimiser nos modes de communication, de mieux gérer notre stress, et d’améliorer notre assertivité.

Les bénéfices de cette approche peuvent se ressentir dans plusieurs domaines, et vous donnera la capacité de gérer des rapports de force dans le calme, d’entretenir la motivation de vos collaborateurs ou encore de renforcer votre leadership.

Le MBTI, le Success insight, ou encore le Straight Finder 2.0 sont d’autres leviers pertinents pour approfondir la connaissance que nous pouvons avoir de nous-même.

En résumé, l’intelligence émotionnelle passe avant tout par la connaissance de soi. C’est une notion complexe qui a de nombreuses répercutions sur nos interactions sociales, notamment dans le cadre professionnel. La bonne nouvelle, c’est que contrairement au quotient intellectuel, nous pouvons tous muscler petit à petit cet aspect de notre personnalité pour améliorer notre communication au quotidien.

Ne manquez pas les autres articles à venir sur cette thématique qui s’attacheront à explorer d’autres leviers permettant de développer notre intelligence émotionnelle.

Thomas Pesquet : pourquoi il a atteint la stratosphère

Thomas Pesquet est le 10ème astronaute français de l’histoire à sortir dans l’espace. Après une première sortie qui a impressionné en haut lieu à la NASA, il a été reprogrammé pour deux autres sorties. Il effectuera sa troisième sortie ce jeudi 6 avril et à cette occasion, nous revenons sur les raisons qui permettent aujourd’hui à cet astronaute « normal » de marquer l’histoire de la conquête spatiale. Bien entendu, ces leviers, qui nécessitent une introspection pour être mis en lumière, peuvent aussi être activés par chacun d’entre nous, à notre niveau, dans notre quotidien professionnel et personnel.

Une scène fondatrice qui autorise Thomas Pesquet à rêver grand.

Quand il était petit, Thomas Pesquet passait des heures entières à jouer avec une navette spatiale en carton que lui avait fabriqué son père. C’est une scène fondatrice qui marquera indéniablement un tournant dans sa vie car, de ces instants d’insouciance, naîtront la passion pour l’aérospatiale et la volonté d’y consacrer sa vie.

Une scène fondatrice est une scène, positive ou non, qui marque profondément un individu et qui oriente ses choix de vie. Et le plus souvent, les référents primaires sont présents. De là peuvent découler des passions, des points forts, des zones de plaisir ou une motivation revancharde qui va nous donner l’énergie de ne plus revivre la même déconvenue.

Des référents qui donnent des valeurs et des bases solides qui structurent l’engagement

« Mes parents m’ont donné des racines et des ailes. » Thomas Pesquet

Thomas Pesquet est le fils d’un professeur de Maths-Physique et d’une mère institutrice. Nous pouvons en déduire qu’il a été soutenu, encouragé et valorisé sur ces différents sujets et que cette atmosphère studieuse a favorisé l’épanouissement de celui qui évolue aujourd’hui dans un univers où la rigueur et la minutie sont déterminants. Ses fondements sont en tout cas parfaitement cohérents avec son projet de vie.

De son éducation découlent des valeurs qui transpirent dans chacun de ses actes et sont particulièrement cohérentes avec son métier et la mission qui est la sienne. Adaptabilité, Rigueur, Simplicité, Humilité et Curiosité, ces fondements sont aussi nombreux que diversifiés et c’est peut-être aussi comme cela, qu’il fait la différence.

La polyvalence, point fort différenciant d’un « touche à tout »

Thomas Pesquet est ceinture noire de judo, il pratique de nombreux sport, du basket au rugby en passant par le squash ou le ski. Il joue du saxo, il fait du parachute, de la plongée, il parle 5 langues, apprend le chinois et se dit passionné de littérature.

Il n’excelle ni n’est le meilleur dans aucun domaine mais il est très bon dans de très nombreux domaines et compte tenu de toutes les qualités nécessaires, c’est cette « pépite » qui a fait la différence au moment où il a fallu choisir 6 candidats sur plus de 8 000 candidats lors des sélections de la NASA. Sans oublier les années d’efforts, de travail, d’endurance et de sacrifices.

Être cloitré dans un espace confiné pendant 6 mois avec des personnes que l’on n’a pas choisies peut rapidement devenir un enfer. Il est donc nécessaire de savoir passer d’un rôle de leader à un rôle de suiveur. Avenant, humble, professionnel, il faut avoir des qualités de bon coéquipier : patience, écoute, et surtout flexibilité. C’est une des caractéristiques de l’astronaute utile à chaque étape d’une gestion de projet, quel qu’il soit.

Une mission qui a du sens et qui facilite la communication et le « brand content »

Tous les observateurs s’accordent pour dire que Thomas Pesquet maîtrise à merveille l’art de la communication et louent sa capacité à nous faire comprendre le sens de sa mission. La station spatiale est avant tout un laboratoire de recherche : vaccins, encapsulation de médicament, alliages, coque de l’Iphone 6, exploration spatiale, climat, les retombées scientifiques concrètes semblent n’avoir aucune limite.

L’astronaute s’est donc parfaitement adapté à cette exposition médiatique et joue pleinement son rôle d’ambassadeur. Il se montre soucieux de partager son aventure avec le plus grand nombre en la rendant accessible et concrète, sans détour ni langue de bois. Et c’est aussi parce que le Français a parfaitement compris le sens de sa mission qu’il est capable de la mener à bien, et avec de tels résultats.

En résumé, Thomas Pesquet s’est construit sur des bases et des valeurs solides en cultivant la polyvalence qui siée à sa mission. C’est un héros « ordinaire », pas exceptionnel mais excellent dans de nombreux domaines, qui s’autorise à formuler des projets ambitieux. Voir l’Homme atteindre Mars, c’est son prochain rêve. Alors pourquoi pas lui ?

Il est la preuve vivante que se donner les moyens de croire en ses rêves permet de décrocher la Lune, et sans doute la planète rouge. Quoi qu’il advienne, nous lui souhaitons de continuer à rêver grand pour être plus que jamais le fer de lance de la conquête spatiale, pour la plus grande fierté de la France et de l’humanité.

Martin Fourcade : les 5 raisons d’une domination sans partage

Est-il encore besoin de présenter le palmarès hallucinant d’un des plus grands champions de l’histoire du biathlon ? Au-delà d’un nombre impressionnant de podiums dans sa discipline, Martin Fourcade est le seul biathlète à avoir remporté consécutivement six gros globes de cristal. Un exploit d’autant plus inédit qu’il remporte le sixième et dernier globe à six courses de la fin de la saison, du jamais vu ! Dès lors, comment expliquer une telle domination ? D’où lui viennent ces extraordinaires dispositions pour ce sport particulièrement exigent ? Et surtout, quelles sont les raisons d’une telle régularité au plus haut niveau ? Retour sur le parcours du double médaillé aux Jeux Olympiques 2014 qui ne semble pas prêt d’être rassasié de victoires et de records.

Des référents qui ont transmis des passions

« Quand tu as trois garçons à la maison, il faut les faire bouger. Sinon, ils te démontent les meubles et les rideaux ». Marcel Fourcade.

La famille Fourcade vie dans les Pyrénées Orientales. Marcel, le père, est guide et accompagne en montagne des groupes de randonneurs avec lesquels il partage sa passion pour la nature. Avec trois garçons turbulents, les parents du jeune Martin n’ont d’autre choix que d’inciter leurs enfants, à la limite de l’hyperactivité, à aller faire du sport et se défouler dehors pour préserver la décoration du chalet familial.

Cette enfance n’est pas sans rappeler celle d’un autre immense champion, Kilian Jornet. Comme lui, ses parents, à travers le partage de moments en famille dans un environnement sportif et montagnard, ont encouragé, valorisé et sans doute sur-applaudi à certains moments les réussites sportives de leurs enfants. Et c’est notamment ce regard particulièrement positif et bienveillant qui lui a permis de développer ses exceptionnelles aptitudes.  

Martin Fourcade est donc bercé dans son enfance par divers éléments qui deviendront des fondements immuables sur lesquels repose sa carrière hors norme. L’amour pour la nature et la vie en montagne, la passion du sport, du ski de fond au biathlon en passant par le hockey ou le VTT, il développe progressivement un physique et un mental de champion.

Sous le regard protecteur de parents et d’entraîneurs qui croient en lui et l’encouragent tout au long de son développement, le catalan s’est construit sur des bases saines qui font aujourd’hui la différence, notamment à travers une reconnaissance particulièrement positive lui permettant de développer une réelle passion pour son art.

Un passionné qui veut prendre du plaisir avant tout

« Né dans les Pyrénées Orientales j’ai eu la chance de grandir dans un environnement idéal pour concilier mes deux passions, le sport et la nature. » Martin Fourcade

Ses référents primaires étant passionnés de sport et de nature, et c’est tout naturellement vers ces deux univers que s’orientent les centres d’intérêts et les sources de plaisir du prodige français. Plaisir d’autant plus décuplé que le biathlon permet de concilier les deux, ce qui aurait par exemple été moins le cas avec le hockey … ou le ping-pong.

Nous ne le répéterons jamais assez, ce n’est qu’à travers nos passions que nous développons des points forts et que nous prenons le plus de plaisir. Et ce n’est qu’en prenant du plaisir que nous obtenons de très bons résultats dans la durée.

De quoi alimenter un cercle particulièrement vertueux : il prend du plaisir et reçoit donc de nombreux messages positifs à travers la pratique de sa passion. Cela lui permet d’emmagasiner un maximum de confiance, une confiance qui développe son énergie pour ainsi lui permettre de briller pendant les compétitions.

La combinaison de tous ces facteurs permet donc au champion de prendre continuellement du plaisir à pratiquer son sport de prédilection et par voie de conséquence, à performer sur le long terme. De bon augure pour les chances de médailles françaises lors des JO 2018, le biathlète qui enchaîne les performances s’éclatant « comme quand il était gosse » à chaque sortie.

 

Un point fort différenciant cultivé dès le plus jeune âge

« Quand il a débarqué, on a tout de suite détecté qu’il avait le plus gros potentiel. Il était très facile sur tous les exercices physique » Thierry Dusserre, actuel entraîneur de l’équipe de France féminine de biathlon.

Une mutation génétique est en partie responsable de ses capacités physiques hors du commun. En effet, celle-ci améliore l’exploitation du fer par son organisme. De plus, à l’image des coureurs kenyans qui s’entraînent sur les hauts plateaux africains, il possède un taux d’hématocrite élevé lui permettant de transporter beaucoup d’oxygène dans son sang pour alimenter ses muscles.

Le catalan est un donc par nature un monstre de physique mais surtout, il a l’intelligence de constamment cultiver ce point fort sur lequel repose toute sa stratégie. Ses entraînements de présaison s’inspirent en effet des méthodes pratiquées dans l’aviron en laissant la part belle aux exercices cardio-vasculaires.

De ce point fort découlent des qualités complémentaires qui lui permettent de dominer son sport de la tête et des épaules. Se fatigant moins vite que ses adversaires, il est plus lucide dans la gestion de sa course et fait alors preuve d’une intelligence situationnelle qui fait toute la différence, dans un sport où chaque seconde compte.

Autre avantage et non des moindres, son athlétisme spectaculaire lui permet de largement compenser ses carences au niveau du tir couché. Ayant besoin de plus de temps que la moyenne pour ajuster ses cibles, il compense ce manque de rapidité grâce à sa vitesse à ski. C’est pour toutes ces raisons que l’épreuve sur 20 km lui réussit particulièrement bien.

Un challenger animé par une mission intemporelle et qui a des rêves (très) ambitieux dans le viseur

« Jusqu’aux JO de Sotchi, j’avais cette envie de gagner, d’être n o 1, d’être champion du monde, de devenir champion olympique. Une fois que j’avais réalisé tout ça, je me suis demandé ce qui pourrait encore me pousser. La réponse a été : être meilleur, parce que ça, ça n’a pas de limites ! » Martin Fourcade.

La mission intemporelle que se donne alors le champion : s’améliorer à chaque fois pour repousser les limites et être toujours plus fort et plus compétitif. Cette mission se ressent notamment dans le renouvellement perpétuel des exercices effectués lors de ses préparations, l’objectif étant de toujours optimiser les séquences d’entraînement.

Dans tout ce qu’il fait, que ce soit dans la fabrication de son arme, dans ses trajectoires ou lors de ses entraînements, il n’a qu’une obsession, cohérente avec sa mission : la recherche de la perfection. À l’image d’un Roger Federer qui cherche perpétuellement à réaliser le match parfait, la lassitude ne risque pas de le guetter sachant que la perfection, au grand damne des plus maniaques d’entre nous, n’existe pas.

Ces ambitions et cette confiance en soi ne sont pas synonyme d’arrogance. Le biathlète français a simplement compris que l’on atteint uniquement ce que l’on vise. Ce qui fait sa force, c’est donc aussi sa capacité à se fixer des objectifs ambitieux en s’accrochant à une motivation et à une détermination hors du commun pour les atteindre.

Son rêve ambitieux du moment : « être le premier biathlète à monter sur tous les podiums d’un championnat du monde ». Il ne se contentera donc pas du titre de champion du monde et heureusement car ses sources de motivations auraient disparu dès l’atteinte de cet objectif.

Au lieu de ça, il va continuer à accumuler les podiums et autres trophées jusqu’à venir à bout de ce projet particulièrement challengeant. Il y a donc fort à parier que les observateurs de la discipline n’ont pas fini de commenter ses exploits lors des différentes étapes du circuit mondial jusqu’à l’atteinte de ce record inégalé (et inégalable ?). C’est l’apanage des plus grands : construire des projets et ne pas se contenter de « simples » objectifs. C’est toute la différence entre lui et des comètes telles que Yannick Noah ou Niko Rosberg qui ont tout lâché dès que l’objectif était atteint.

Un perfectionniste besogneux obnubilé par les détails et le travail… de fond

« Dans son « boulot » de biathlète, c’est sa méticulosité qui l’emporte. Il sait ce qu’il va faire trois mois à l’avance ». Marcel Fourcade.

Fourcade a progressivement relevé son niveau d’exigence en même temps que son niveau sportif depuis son arrivée sur le circuit professionnel. Ce dernier prépare méticuleusement chaque détail de la course et cherche à recueillir le plus grand nombre de données possibles : conditions météorologiques, adversaires, parcours : il veut avoir un maximum d’informations pour partir serein en anticipant les différents scénarios envisageables et la meilleure façon de réagir en fonction de l’évolution de la course.

En cohérence avec sa mission, il teste sans cesse de nouvelles choses pour se préparer de la façon la plus optimale possible. « Je fais un mixte de tout ce qui a marché, je remplace ce qui n’a pas fonctionné ». L’été dernier, il s’est préparé avec les équipes de France de biathlon et de ski de fond… et avec l’équipe de Suède « pour tester différentes méthodes ».

Spontanément, il se présente lui-même comme quelqu’un de carré. Pour preuve, quand le quotidien l’Equipe lui formula une demande sur les détails d’une préparation estivale, ce dernier envoya la liste complète de son programme sans occulter le moindre détail. Il transmit alors aux journalistes une page de données chiffrées jusqu’au nombre précis de bananes et de pâtes de fruits avalées à l’entraînement.

Le fait d’avoir tout gagné présente aussi un réel avantage. Aux dires de ses proches, il prend le départ des courses avec beaucoup moins de stress qu’à ses débuts car il se focalise désormais uniquement sur la manière de remporter la course et non sur le résultat final. Cette concentration sur les basiques évite l’inhibition engendrée par le stress d’un trop plein de pression d’enjeu en focalisant le champion sur la pression sur le jeu, sur le « comment on fait pour gagner ? », qui réduit considérablement le stress.  

Même après un effort d’une intensité extrême, Martin Fourcade a la capacité de ne négliger aucun détail. Par exemple, à l’arrivée à la mass-start aux JO de Sotchi où il finit deuxième après un sprint dantesque, il prend le temps de saluer le vainqueur et marche d’un pas léger vers la zone mixte. Une véritable intox psychologique sachant qu’il tombera d’épuisement quelques minutes après, passant à deux doigts de l’évanouissement. Mais ne pas montrer ses faiblesses à ce moment-là de la course a forcément eu un impact pour la suite de la compétition qu’il remportera dans la foulée.

Pour résumer, celui qui marque chaque jour un peu plus l’histoire de son sport s’appuie, sans surprise, sur une recette qui fait mouche systématiquement. Martin Fourcade est en effet à lui seul une entreprise profondément cohérente. Animé par une mission intemporelle, il sait formuler des projets ambitieux en adéquation avec ses points forts et ses sources de plaisir qui découlent directement des sujets sur lesquels il a été valorisé étant petit. Il trouve ainsi l’énergie de se transcender à chaque course et de challenger l’existant sans remettre en cause les fondements sur lesquelles se basent ses réussites passées. Finalement, il ne reste qu’une question en suspens : jusqu’où ira le chasseur de records avec une telle capacité de travail ? Très loin sans doute car comme le disait Confucius, « Fais de ta passion ton métier et tu ne travailleras pas un seul jour de ta vie ».

 

 

 

 

 

 

 

Conquête spatiale : voici pourquoi Elon Musk et Space X seront les premiers à envoyer un Homme sur Mars

Elon Musk, le génie milliardaire, a récemment clarifié ses intentions en ce qui concerne le projet fort ambitieux d’envoyer des Hommes sur Mars. D’aucuns le disent fantasque ou le qualifient de tête brûlée, certains font l’erreur de le prendre pour un fou quand d’autres voient en lui le prochain Christophe Colomb. Mais qu’en est-il vraiment ? Ce visionnaire qui souhaite mourir sur Mars peut-il remporter le pari fou de bâtir une colonie humaine sur la planète rouge ? Anticipation de la réussite d’un projet particulièrement ambitieux, rendu cohérent à travers la vision d’un dirigeant animé par une mission qui va potentiellement devenir primordiale pour garantir la survie de l’humanité.

 

Une course mondiale pour conquérir la planète rouge

Mars One, qui propose d’auto financer le voyage sur Mars à travers un show de télé réalité, la Chine, la Russie, la NASA, dont la collaboration avec Elon Musk est de plus en plus étroite, ou encore Boeing ou les européens, de nombreux acteurs se sont lancés dans une course épique qui verra le vainqueur planter le drapeau de sa nation sur la rocheuse rouge. Bien entendu, un des nerfs de la guerre sera les moyens financiers alloués à ce projet. Comptez entre 5 à 6 milliards de dollars minimum pour mener à bien cette aventure hors norme. Mais est-ce purement et simplement une question de moyens financiers ? Si tel était le cas, il y a fort à parier qu’au regard des puissances économiques en présence, nous serions sur Mars depuis plusieurs années. Partant de ce postulat, il est intéressant de se poser la question des autres leviers qui permettrons de réellement faire la différence dans cette course à la conquête de Mars.

Un parallèle historique peut d’ailleurs être fait avec la compétition que se sont livrés Samuel Pierpont Langley et les frères Wright à une époque où l’enjeu était de piloter une machine volante sur une distance d’un kilomètre. Langley bénéficiait d’un financement du ministère américain de la guerre à hauteur de 50 000 dollars, une somme colossale pour l’époque, et il bénéficiait en outre d’une structure, d’une armée d’ingénieurs et jouissait d’une importante notoriété, son aventure faisant régulièrement les gros titres. Aux antipodes de cette débauche de moyens humains et financiers, les frères Wright, vendeurs et réparateurs de bicyclettes, ne jouissaient d’aucun de ces avantages qui sur le papier, peuvent sembler déterminants.

En revanche, et contrairement à Langley, les deux compères disposaient d’un ressort motivationnel indispensable pour relever ce genre de défis : une mission intemporelle qui donne l’énergie de se dépasser et de ne jamais renoncer malgré les difficultés, les obstacles ou les échecs qu’incombent une révolution technologique telle que celle de l’aviation. En effet, les deux acolytes, qui passaient leur temps à se cracher dans les champs proches de Dayton dans l’Ohio, étaient animés par l’envie de réaliser le plus vieux rêve de l’Homme quand Langley cherchait seulement la fortune et la gloire. Une motivation certes louable mais très autocentrée et trop peu altruiste pour embarquer une équipe durablement dans un projet aussi challengeant.

Le succès des frères Wright les fera passer à la postérité, ce qui est moins évident en ce qui concerne Langley. Le peuple chinois, lui, est motivé par une logique de suprématie qu’elle entend contester au peuple américain. Bien que la fierté d’appartenance et la notion d’une domination asiatique soit très ancré dans les esprits par le parti populaire et soit en effet un moteur pour le peuple chinois, l’altruisme d’Elon Musk semble être un levier motivationnel plus puissant que la simple volonté de faire mieux que le concurrent direct. N’oublions pas que la première place ou toute autre forme de performance n’est finalement que la conséquence d’un projet cohérent et mené à bien et ne peut pas, à elle toute seule, tenir lieu de projet inspirant.

 

Un point fort différenciant au service d’une noble cause

A l’image des frères Wright, tous les concurrents de Space X bénéficient d’un budget quasi illimité mais Elon Musk dispose d’un autre levier au moins aussi déterminant : une mission intemporelle qui lui octroie un véritable supplément d’âme. Celui-ci fera peut-être toute la différence une fois que la Terre ne sera plus qu’un minuscule point bleu à travers le hublot d’une navette spatiale.

En effet, il est animé par une mission des plus stimulante : « Permettre à l’humanité de faire perdurer durablement la folle épopée de son évolution. » Comment ? En trouvant des solutions innovantes pour éviter la 6ème grande extinction de l’histoire de la planète Terre.

Son point fort différenciant : c’est un visionnaire qui n’a qu’une obsession : innover ! Innover perpétuellement en challengeant l’existant dès que l’occasion se présente. En cohérence avec son système de valeur, il sait faire preuve d’altruisme en respectant une logique simple : l’ouverture des brevets à la concurrence, qu’il a décidée en 2014, va empêcher ses ingénieurs de se reposer sur leurs lauriers. C’est aussi une preuve de la générosité qui l’anime : plus il y aura d’ingénieurs en capacité de travailler à améliorer ses brevets, mieux la planète se portera, et ses habitants avec. Tout ceci est éminemment cohérent avec sa volonté de sauver la planète Terre ou à défaut, de permettre à l’humanité de survivre sur une autre planète.

De prime abord, et compte tenu du budget colossal nécessaire, on pourrait penser que seuls les états ont la puissance financière pour mener à bien ce genre de mission. Et pourtant, les États sont souvent englués dans des processus particulièrement lourds, complexes et aliénants ; avec des contractants désespérément lents qui freinent considérablement les avancées technologiques en multipliant de surcroit les coups de production. S’ajoute à cela la pénible remise en question de l’existant qui engendre une véritable obsolescence technologique qui sera fatalement préjudiciable à moyen terme. Par exemple, la capsule Soyouz qui effectue les trajets vers l’ISS est composée d’éléments techniques datant de son premier lancement en 1966. Les ingénieurs se retrouvent donc à travailler dans des environnements technologiques totalement dépassées.

A contrario, la façon de procéder de Musk permet d’innover constamment et de réduire drastiquement les coûts des missions en donnant des résultats tout bonnement hallucinants. Le lanceur Falcon Heavy peut en effet transporter 2 fois plus de charge utile que sa concurrente Delta IV pour trois fois moins cher. Autre exemple frappant, les équipements de communication entre l’ISS et la capsule chargée de la ravitailler sont fabriqués pour 10 000 dollars alors que la NASA les payait…10 millions de dollars, soit 1000 fois plus cher !! En moyenne, Space X affiche des prix jusqu’à 30 fois moins élevés que les autres prestataires de la NASA.

 

Des valeurs immuables, indispensables pour faire vivre une telle mission

Tous ceux qui collaborent avec Elon Musk témoignent de sa forte tolérance au risque et de sa capacité de travail hors du commun. Retour sur son enfance et sur son univers familial pour comprendre les origines d’une personnalité d’exception.

Fils d’ingénieur, le petit Elon est un enfant précoce et son père, très dur avec son garçon, est pourtant bluffé par sa curiosité débordante et son inventivité sans limite. Passionné d’aéronautique depuis sa plus tendre enfance, il passait 10 heures par jour à lire des livres, notamment toute l’Encyclopedia Brittanica ainsi que de la science-fiction. Il lancera d’ailleurs ses premières fusées dès le collège dans la cour de l’école.

“Mon grand-père avait ce désir d’aventure, d’exploration, de faire des choses folles ». Elon Musk.

Cette extraordinaire capacité à prendre des risques peut trouver son origine dans la vie aventureuse de ses grands-parents maternels. En 1950, ils quittent une situation tranquille au Canada pour s’installer en Afrique du Sud avec leurs cinq enfants, dont la mère d’Elon.
Cette dernière voyagea avec sa famille à bord d’un avion monomoteur, sans instruments, de la Norvège à l’Australie en passant par l’Afrique du Sud, l’Inde ou encore la Malaisie. Quand elle ne vole pas, la petite famille traverse des déserts en camion. Durant toute son enfance, Elon Musk a été bercé par ces récits d’aventure que lui faisait sa mère. Sa tolérance inhabituelle au risque et son état d’esprit de pionnier lui viennent donc directement de ses intrépides grands-parents et de leur soif d’aventure au long court.

“Il y a quelque chose de différent dans notre famille : nous prenons plus de risques que les autres”. Tosca, la sœur d’Elon Musk

Musk n’est donc pas drivé par des considérations telles que la fortune ou la gloire. En effet, les récents succès de ce patron multimilliardaire font déjà de lui le nouveau Steve Jobs. En revanche, le fondateur de Space X, de Tesla, de Solarcity, également aux origines de l’hyperloop ; est animé par des valeurs ancrées au plus profond de son être qui lui permettent de mener de front le développement de ces divers projets. Courage, Ambition, Curiosité, Générosité et Détermination, voici les fondements sur lesquels se structurent les ambitions de celui, qui, d’année en année, devient le fer de lance de la conquête spatiale américaine.

 

Un projet fou seulement en apparence

Le projet incroyable du dirigeant de Space X est clair : faire de l’humanité une espèce « multi-planètes » en fondant une colonie autonome sur Mars au cas où la planète Terre deviendrait invivable. Le billet pour Mars coûterait alors moins de 200 000 dollars soit l’équivalent du prix moyen d’une maison aux USA. Sachant que le trajet est un « one way ticket », il semble logique de vendre sa maison pour payer sa place à bord.

Malgré les défis technologiques gigantesques que représentent ce projet, les observateurs se prennent à croire de plus en plus dans les chances de réussite de Space X. Après tout, nous parlons d’une entreprise qui a révolutionné le monde de l’aérospatial en l’espace d’une décennie.

De ce projet découle un objectif clair : lancer la première mission habitée vers Mars en 2024. La NASA n’envisage rien de tel avant 2030 et la Chine, qui semble vouloir se concentrer dans un premier temps sur l’exploration de la face cachée de la Lune, ne lancera pas de mission habitée vers la planète rouge avant 2040. Une raison de plus qui tend à prouver que la société privée, à travers ses ambitions, a la capacité de remporter cette course haut la main.

Une stratégie à moyen terme adaptée aux contraintes

Qui dit colonie dit arrivée régulière de nouveaux colons et donc, système de navette. À la complexité d’envoyer un humain sur Mars s’ajoute l’obligation de mettre en place une solution pérenne économiquement et qui permette dans le même temps au citoyen « lambda » de participer à cette épopée extraterrestre. Cela va être rendu possible grâce à une idée simple : démocratiser le lancement de fusées grâce à la mise au point d’une technologie qui permet de réutiliser les lanceurs à plusieurs reprises.

C’est en effet un réel changement de paradigme et un excellent moyen de réaliser des économies conséquentes. Pour ce faire, une armée d’ingénieurs a conçu des propulseurs capables de revenir se poser sur Terre après le lancement de la navette. Cette innovation technique va permettre de réutiliser chaque propulseur un millier de fois, les réservoirs une centaine de fois, et les vaisseaux auront quant à eux la capacité d’effectuer une douzaine d’aller-retour.

A n’en pas douter, c’est une réelle révolution dont vont s’inspirer tous les géants mondiaux de l’aéronautique dans les années à venir. En d’autres termes, à défaut de moyens illimités, les ingénieurs de Space X ont de bonnes idées qu’ils exploitent à fond.

 

Un leader charismatique pour embarquer ses troupes vers l’infini et au-delà

Fidèle à l’adage « à vaincre sans péril on triomphe sans gloire », Musk annonce la couleur à ceux qui vont se lancer avec lui dans l’aventure et il ne cache rien des risques inhérents à une telle expédition. « Ce sera très dangereux, et des gens vont probablement mourir. Si vous n’avez pas peur de mourir, vous êtes un sérieux candidat au départ ».

On retrouve ici l’esprit pionnier et le goût du risque qui animait ses aïeux. Les erreurs et les incidents avec pertes et fracas étant pour lui et ses ingénieurs des occasions d’avancer rapidement, il se positionne aux antipodes de la frilosité et de l’extrême prudence de l’exploration spatiale institutionnelle des agences nationales trop timorées.

Il semblerait donc que Space X et son agilité ait une voire deux longueurs d’avance dans cette course effrénée visant à envoyer un humain sur la quatrième planète du système solaire.

Lorsqu’un problème survient, il exige de ses équipes de toujours arriver avec des solutions. Le fait de rendre ses collaborateurs systématiquement acteurs permet de garantir une implication sans faille de ses équipes, celles-ci se sentant responsables à leurs niveaux des résultats obtenus. Ce mode de management responsabilisant semble être un bon levier pour garantir le maintien de la motivation de ses salariés dans la durée, sachant que la route vers le lancement d’une mission habitée vers Mars doit parfois sembler terriblement longue.

Surtout, Musk semble accorder le droit à l’erreur via le concept du “juste assez bien pour pouvoir être tester ». Cette méthode permet d’avancer vite et d’apprendre en faisant, que les résultats soient positifs ou non. Bien sûr, le taux d’échec est plus important qu’à la NASA mais cette approche génère une mécanique de progrès constants et perpétuels à partir du moment où les leçons des échecs sont tirées sans complaisance.

D’ores et déjà, plus de 200 000 candidats ont répondu positivement à l’appel du patron de Space X et sont donc prêts à tenter cette folle aventure dans l’espace. Une preuve supplémentaire, s’il en fallait une, que les leaders capables de rêver grand et de manière cohérente avec leur raison d’être ont cette capacité exceptionnelle d’inspirer leurs semblables et de les amener à se transcender.

 

Tous les voyants sont au vert pour Musk et Space X

En résumé, la mission intemporelle du patron de Space X va donner l’élan et l’énergie pour aller au-delà de la myriade de difficultés qu’il va falloir surmonter pour coloniser Mars. Son projet, en apparence fou est pourtant très cohérent car aligné sur un ADN solide comme la roche martienne. Il ne reste plus qu’à souhaiter aux courageux pionniers qui se lanceront dans l’inconnu que les planètes soient elles aussi alignées afin de maintenir durablement un haut niveau de motivation, indispensable à l’Homme quand il cherche à se transcender. Quoi qu’il advienne, Elon Musk propose une vision enthousiasmante de l’avenir en faisant preuve d’une confiance inébranlable dans les capacités de l’humanité à se dépasser, ce qui est particulièrement rafraîchissant au regard de la morosité actuelle.

 

 

 

 

Equipe de France de Handball : la petite entreprise qui ne connaît pas la crise

Depuis maintenant 25 ans, l’équipe de France règne sur la planète Handball et s’applique à marquer l’histoire d’une empreinte indélébile. A l’occasion de leur 6ème sacre, hier soir contre l’équipe norvégienne, nous revenons sur les raisons de cette domination sans partage. Les experts, telle une PME qui réussit à performer sur la durée en volant de titre en titre et de records en records, accumulent les succès et les performances en affichant une énergie phénoménale et une joie sincère d’être ensemble. Dès lors, quels leviers, transposables au monde de l’entreprise, permettent au handball français de dominer à ce point sa discipline ? Existerait-il une recette « miracle » pour qu’un groupe humain réussisse à prendre du plaisir tout en performant durablement ? Eléments de réponse.

1.     Une mission qui mobilise les énergies dans un système cohérent.

Dans deux ouvrages majeurs, « Bâties pour durer » et « De la performance vers l’excellence », Collins étudie de façon minutieuse et factuelle les facteurs qui permettent à certaines entreprises de performer durablement. Il est à noter que ces dernières présentent invariablement des résultats bien supérieurs à leurs concurrents directs alors que ceux-ci évoluent pourtant dans le même contexte et bénéficient de moyens équivalents.

Collins révèle que les entreprises les plus performantes ne sont pas celles qui ont le plus de moyens, ou celles qui se montrent les plus agressives. Ils constatent que toutes les entreprises qui parviennent à sortir du lot ont un point commun : elles rêvent en cohérence avec leur ADN. En effet, LA mission, la raison d’être, est la force motrice qui a le plus d’impact sur l’envie de l’être humain car elle donne du sens à chacune de nos actions. Cette dernière doit être alignée avec deux piliers déterminants qui composent une entité, quel que soit sa nature :

1.     Les valeurs : Qui sommes-nous ? Elles vont déterminer la manière dont on se comporte au sein du système

2.     La pépite : ce point fort différenciant sur lequel on va s’appuyer pour mener à bien notre mission

De ce système cohérent découlent alors un projet d’entreprise, une organisation, des chantiers stratégiques, les enjeux, les objectifs et toutes les actions quotidiennes de l’entreprise. La cohérence du système est à cet égard une des grandes caractéristiques des experts, ceux-ci étant parfaitement alignés.

La mission des experts ? Dominer le handball mondial et marquer un peu plus chaque jour l’Histoire de ce sport pour faire la fierté de tout un peuple.

Leurs valeurs, pas explicitées, transpirent cependant dans toutes les interviews des bleus et nourrissent incontestablement cette noble mission.

1.     Solidarité : nous avons l’esprit d’équipe, nous sommes vecteurs de cohésion, nous avons le sens du collectif

2.     Responsabilité : nous sommes disciplinés en défense, nous sommes rigoureux, nous nous concentrons sur les détails

3.     Générosité : nous avons le goût de l’effort, nous sommes excentriques pour divertir nos fans, nous nous dépassons constamment

4.     Détermination : nous jouons systématiquement pour gagner, nous faisons tout pour être toujours devant au score, nous ne sommes jamais rassasiés de victoires

Tels sont les fondements qui, intrinsèquement, structurent le quotidien de l’équipe.

Dumoulin : « On reste toujours dans notre système, ce qui amène une stabilité défensive. On reste tous ensemble en permanence. Et puis il y a un investissement total de chacun dans les tâches défensives car on sait tous comment se sont construit nos succès passés. »

Et le point fort des bleus dans tout ça ? La défense pardi ! Toute la stratégie de l’équipe repose sur deux murailles particulièrement difficiles à briser, un bloc défensif costaud et discipliné qui peut également compter sur deux immenses gardiens ; Thierry Omeyer, sans doute le plus grand gardien de tous les temps ; et Vincent Gérard qui sublime son art aux moments clés de la finale. A l’image de la finale du mondial 2009 à Zagreb, la stratégie toute entière est basée sur ce point fort qui engendre un véritable cercle vertueux. Une défense solide permet de récupérer des ballons de contre-attaque et de marquer de nombreux buts sur des actions de jeu rapide. Il y a moins d’énergie dépensée que sur des attaques placées ce qui permet de se concentrer les efforts sur les phases défensives.

Xavier Barachet : « On sait que c’est notre force depuis de nombreuses années. Donc on axe souvent nos efforts là-dessus. On a des joueurs exceptionnels dans ce domaine à quasiment tous les postes. On a de gros gabarits, imposants mais qui ont cette autre qualité d’être très mobiles. Cette polyvalence fait notre force. »

Cette cohérente parfaite est renforcée par une exceptionnelle stabilité du staff qui n’a connu que deux entraineurs sur les 25 dernières années et par le fait que la relève, à l’image de Quentin Mahé, se compose des enfants de la génération Richardson.

Cependant, la définition d’une mission intemporelle et un parfait alignement n’expliquent pas à eux seul ces performances hors du commun. Un projet qui sera moteur pour chaque membre de l’équipe et un management de la relation basé sur une intelligence émotionnelle très développée viennent s’ajouter aux facteurs de réussite énoncés ci-dessus.

2.     Mondial 2017, un staff qui crée les conditions de la motivation en faisant vivre un projet inspirant.

Les entreprises qui réalisent de grandes performances sur le long terme sont drivées par un projet ambitieux permettant de nourrir un peu plus chaque jours la mission intemporelle. Cela crée une énergie endogène chez les collaborateurs permettant qu’ils soient en mouvement dans la durée.

Le projet des experts pour le mondial 2017 est limpide, tant il est cohérent avec l’ADN de nos champions : « Faire naître et partager des émotions d’une intensité phénoménale avec le pays tout entier en lui permettant de communier autour du Handball ». De ce projet découle un objectif SMART : « récupérer la suprématie mondiale » après la deuxième place aux Jeux Olympiques de Rio.

Claude Onesta, qui est désormais le manager général des bleus, joue désormais le rôle de gardien du temple. Son nouveau poste, qui lui permet de prendre de la hauteur pour faire vivre le projet de la fédération, permet une passation de pouvoir en douceur pour éviter une rupture brutale et ainsi favoriser une continuité dans les résultats. En terme d’accompagnement du changement, il est difficile de faire mieux, le mot d’ordre étant « la progressivité. »

C’est donc à Didier Dinart et Guillaume Gille qu’incombe désormais la lourde tâche de poursuivre une épopée démarrée il y a maintenant plus de 25 ans. Avec plus de 300 sélections chacun, le binôme est parfaitement complémentaire et connait parfaitement les réalités et les exigences qu’imposent les grandes compétitions internationales. L’un est plutôt sanguin, le second est plutôt calme et réservé. Le premier est le référent défensif quand le second, ancien meneur, est un référent tactique incontestable.

Alors qui de mieux que deux anciens « du cru » pour prolonger et faire perdurer une philosophie qui fait ses preuves depuis maintenant ¼ de siècle ? D’autant qu’ils ont tous deux bénéficié de l’exemple de Claude Onesta, l’un des maîtres en la matière avec lequel ils ont tout remporté en tant que joueurs.

« Didier, la défense, c’est son domaine », rappelle Cédric Sorhaindo. « Il a toujours été reconnu pour cela. Il est en échange permanent. Il partage avec nous sa vision des choses. Il a une vision globale qui nous permet de tirer de meilleurs enseignements de nos erreurs. On hésite jamais à lui demander des conseils. »

A l’image de Nikola Karabatic, les deux entraineurs peuvent s’appuyer sur des cadres qui, de par leur exemplarité et leur palmarès, sont un relais quotidien de la philosophie des bleus, sur les parquets comme en dehors.

Nikola, meneur et pilier incontestable des experts, est, à l’image du groupe tout entier, totalement à sa place pour faire vivre le projet. Tout commence d’ailleurs en 2001 par une scène fondatrice qui changea sans doute le court de son existence : la victoire des « costauds » alors emmenés par Jackson Richardson. « J’avais suivi cela avec ma famille et je me souviens avoir vibré à chacune de leur victoire, notamment en finale contre la Suède. Cela m’a donné encore plus envie de faire ce sport. Quand je me projette un peu, je revois ces images de l’ambiance de la finale à Paris et je rêve de la retrouver. »

Le meneur du Paris Saint Germain parvient à faire la synthèse complexe et subtile entre exigence et bienveillance. Ce mentor pousse les jeunes champions en devenir dans leurs retranchements et les challenge au quotidien tout en veillant sur eux avec patience et bienveillance.

« J’essaie de rassurer les nouveaux, de les mettre en confiance, de les intégrer du mieux possible à l’équipe tout en étant exigeant et en leur faisant comprendre qu’être en équipe de France implique des devoirs et un état d’esprit. »

En résumé, la clé du succès d’une entreprise résulte de trois éléments indissociables : un rêve et un ADN cohérent et parfaitement aligné, un projet ambitieux non moins cohérent et un management de la relation qui crée les conditions de la motivation au quotidien. Pour les experts, ces leviers ont pour conséquence des performances exceptionnelles qu’aucune autre équipe n’a encore réalisée à ce jour.

L’équipe tricolore est en effet la seule à avoir remporté quatre grandes compétitions d’affilée dans la discipline. Elle est également la première, et à ce jour la seule nation, à avoir détenu simultanément les trois trophées majeurs (championnat d’Europe, du monde et Jeux olympiques), et ce à deux reprises, en 2010 et en 2015. Bravo aux experts et merci à eux pour toutes les émotions positives qu’ils nous en ont transmis durant ce mondial.

Leicester, les raisons du succès

C’est l’histoire d’une équipe de football que tout le monde attendait en bas du classement, qui avait le plus « petit » budget alloué au recrutement (20 millions de livres contre parfois 10 fois plus pour certaines écuries anglaises), que tout le monde ou presque s’attendait à voir lutter toute la saison pour ne pas descendre en 2ème division, et qui est vient de réaliser un véritable exploit en devenant championne d’Angleterre pour la première fois de son histoire.  Continuer la lecture de « Leicester, les raisons du succès »