A la découverte des émotions de base

Lâcher prise, intelligence émotionnelle, développement personnel, gestion de projet ou encore accompagnement du changement : de nombreux domaines poussent à s’interroger sur un des sujets anthropologiques les plus complexes : les émotions. Quelles sont telles ? Quelle est leur fonction ? Comment les apprivoiser et les gérer au mieux au quotidien ? Eclairage autour d’une notion qui n’a pas finie de générer des débats auprès des plus éminents experts du sujet.

L’immense majorité des experts semblent s’accorder sur le fait qu’il y a quatre émotions universelles que l’Homme partage avec la plupart des animaux. Il s’agit de la joie, de la colère, de la peur et de la tristesse. Ces quatre émotions de base jouent un rôle déterminant car elles sont absolument indispensables à notre survie et à celle de notre espèce. Certains courants de pensée ajoutent à ces quatre premières émotions le dégout et la surprise.

1.       Les émotions sont toutes utiles donc positives, même si certaines sont désagréables.

Nous avons tendance à penser, de prime abord, qu’il existe des émotions positives telles que la joie et d’autres négatives telles que la colère ou la tristesse. Dans les faits, il n’en est rien. Les émotions ont toutes en effet une fonction clairement définie. Elles ne sont ni un défaut, ni une erreur, ni une punition, mais de puissants et salvateurs signaux d’alerte mis à notre service par la Nature.

Elles existent pour nous transmettre des messages importants sur les évènements significatifs liés à notre environnement et nous incitent à passer à l’action pour nous adapter à un monde en perpétuel mouvement. Elles sont donc toutes utiles et positives même si en effet, certaines sont agréables tandis que d’autres sont désagréables.

Les émotions désagréables signalent ce qui ne va pas, nous offrant ainsi une opportunité de sortir d’une situation dangereuse, de ne pas reproduire les circonstances qui les ont générées. La difficulté, c’est qu’elles s’expriment au travers de tout un tas de réactions mentales et physiques qui nous perturbent suffisamment pour altérer notre réflexion, nos comportements et capacités, et nous tendons à les confondre avec le problème lui-même, alors qu’elles en sont l’indicateur.

2.       La joie

C’est l’émotion de base : notre cerveau cherche en permanence à la reproduire. Elle est destinée à nous faire agir en fonction de ce qui est bon pour notre survie. Boire, manger, dormir, se reproduire : tous ces éléments garantiront notre survie et celle de l’espèce. La joie nous signale que l’on fait quelque chose qui nous convient pour nous inciter à reproduire ce type de comportement.

Qu’elle soit profonde et sereine ou qu’elle suscite l’excitation, la joie, comme toute les émotions, nous envoie un message sur ce dont nous avons besoin. Ici, le message est simple : ce qui nous a procuré cette joie est un bienfait, et en l’identifiant nous pourrons le reproduire à l’avenir.

Allégresse, euphorie, jubilation, liesse, exaltation, enchantement, délectation, ravissement, sous toutes ces formes, la joie est bénéfique à bien des points de vue : elle entraîne la production de tout un tas d’hormones à la fois relaxantes, excitantes et relationnelles.

3.       La peur

Elle est ressentie par l’être humain depuis son enfance. Elle est très nettement reconnaissable lorsqu’elle surgit en présence d’un danger. Initialement, la peur est une émotion essentielle à la survie de tout être vivant. Elle indique effectivement la nécessité de prendre des dispositions rapidement, de façon à échapper à une situation périlleuse. Elle sert, avant tout, à nous protéger. Ce stimulus engendre la stimulation d’une zone du cerveau capable notamment de créer de l’adrénaline. Ces substances existent afin de nous aider à trouver rapidement l’énergie nécessaire à l’élaboration d’une solution. En cas de peur, notre corps est prêt à réagir avec vivacité.

4.       La tristesse

La tristesse signale au groupe que nous avons besoin de réconfort. De plus, cette émotion nous permet de prendre conscience que nous avons subi une perte, que ce soit un être cher ou que quelque chose ne nous est pas ou plus accessible.

Sans tristesse, il nous est impossible de faire notre deuil ou de finalement accepter les changements qui surviennent fatalement dans nos vies.

5.       La colère

La colère surgit lorsque l’équilibre est rompu dans un aspect de notre vie. Le déséquilibre prend la forme générale d’une insatisfaction. Celle-ci peut signifier qu’un besoin est insatisfait, qu’un désir n’est pas comblé, ou peut-être qu’une attente reste sans réponse.

Elle traduit l’insatisfaction et est vécue à l’égard de ce qu’on identifie, à tort ou à raison, comme étant « responsable » de notre frustration. C’est sur cet aspect que la colère se différencie fondamentalement de la tristesse. Dans la tristesse, on est directement en contact avec le manque lui-même, alors que la colère est une réaction à la cause de la frustration. 

La colère est une émotion que nous vivons fréquemment. En effet, il y a de multiples occasions d’insatisfaction durant une journée de vie. Chaque changement perçu comme étant négatif est à l’origine d’un courbe de deuil dont une des étapes les plus visibles est l’expression de notre colère.

Selon l’importance de l’insatisfaction, la colère prend différentes intensités et diverses identités : rancune, révolte, rage, haine. Elle porte un double message : elle signale à la fois l’insatisfaction et ce que nous considérons comme « l’obstacle » à notre bien-être. La colère, en effet, est toujours vécue à l’égard de quelqu’un ou de quelque chose. On en veut « à » de nous « faire vivre » telle chose. 

La colère déclenche une mobilisation de l’organisme entier. Le rythme cardiaque s’accélère et l’afflux sanguin oxygène davantage les muscles qui sont alors mobilisés et prêt pour le combat.

6.       La surprise

Face à une situation inattendue ou un acte inhabituel, vous êtes étonnée et stupéfaite. Vous venez d’entrer dans un état émotionnel spécifique, appelé surprise. Physiquement, votre bouche est ouverte ; vos yeux aussi, augmentant votre champ visuel afin de détenir plus d’informations sur l’environnement.
En règle générale, cette émotion est de courte durée et disparaît rapidement, souvent au profit d’une autre émotion comme la colère ou la tristesse. En effet, contrairement aux autres émotions de base, la surprise en elle-même est neutre : c’est l’émotion qui la suit directement qui va lui appliquer un caractère positif ou négatif, dépendant de la situation qui l’a provoquée. C’est ainsi que l’on a souvent besoin de préciser si l’on a eu une bonne ou une mauvaise surprise.

7.       Le dégout

Le dégoût est une émotion qui, comme la surprise, ne fait pas l’unanimité en tant qu’émotion de base, selon les courants. Dans tous les cas, le dégoût guide et influence votre comportement au quotidien : par exemple, vous n’allez pas vous asseoir pour déjeuner auprès d’un tas d’immondices, ou bien vous n’allez pas embrasser quelqu’un qui vous répugne

Il permet de nous protéger de diverses maladies ou infections, et agit comme un mécanisme de défense. En effet, en étant dégoûtée par une viande avariée, on ne va pas la consommer, et donc éviter l’indigestion ou l’intoxication alimentaire.

Mais le dégoût va plus loin : il peut être la réponse à une situation ou un acte contraire à notre système de valeurs et que l’on juge immoral. Cela va nous pousser à rejeter la situation ou la personne à l’origine de notre écœurement afin de ne pas y être assimilée.

En résumé, toutes nos émotions ont une utilité majeure, et il suffit de savoir à quoi elles nous servent afin de mieux les apprécier. Il incombe de les connaître et de savoir les identifier lorsqu’elles surviennent. C’est une étape clé dans le processus de la connaissance de soi, et par extension, du lâcher prise.

Managers, découvrez tous les secrets concernant l’art de l’écoute active

Dans la grande majorité des cas, la reconnaissance est la première revendication des enquêtes de bien-être au travail et démontre, si c’était encore nécessaire, l’importance de ce levier qu’est l’écoute active. C’est en effet le moyen le plus sûr de combler ce besoin vital, créateur d’énergie, de plaisir et par conséquent, de performance. L’écoute est en effet « l’arme fatale » de tout bon manager qui se respecte. C’est un art subtile et délicat qui demande patience, bienveillance, concentration et qui exige une grande humilité. Utilisé à bon escient, c’est l’outil clé qui permettra de créer toutes les conditions pour motiver durablement vos collaborateurs et ainsi l’emmener à des niveaux de performance inégalés.

Qu’il s’agisse de fêter un succès, de débriefer une erreur, de mener un entretien annuel ou encore de gérer un collaborateur qui n’est pas lucide sur son niveau de compétence, il est impensable de faire l’impasse sur l’écoute.

Les prérequis de l’écoute active 

Il y a de nombreux prérequis pour que l’écoute du collaborateur soit la plus qualitative possible. Bien entendu, en fonction des circonstances, il n’est pas toujours facile de remplir l’ensemble de ces prérequis et il ne s’agit bien entendu pas d’attendre qu’ils soient tous réunis pour écouter, sinon les occasions se feraient rares. Mais dans la mesure du possible, il faut essayer d’en respecter le plus grand nombre pour optimiser ce temps qualitatif avec le collaborateur ou le collègue s’il s’agit de la gestion d’un projet transverse.

1.      Attitude ouverte, bienveillante et disponible : on coupe le téléphone, les mails et le regard est concentré sur l’autre.

2.      Curiosité : il est indispensable de s’intéresser sincèrement à l’autre.

3.      Prise de note : l’idée est de noter les items que l’on voudra creuser. Cela montre à l’autre que ce qu’il dit est important et va fluidifier l’échange, à condition de ne pas être concentré sur son bloc note mais bien sur ce que nous dit l’interlocuteur.

4.      Assis côté à côté ou de ¾ : on gardera le « face à face » pour les situations conflictuelles car le non verbal joue un rôle prépondérant dans la qualité de l’échange.

5.      Dans l’idéal, dans un lieu calme et neutre

6.      En individuel : le collaborateur ne se confiera pas de la même manière en présence d’un tiers ou en collectif.

Les questions ouvertes

Ce sont les questions où il est impossible de répondre par oui ou par non. Les questions fermées, notamment au début de la discussion, bloquent l’échange et ne libèrent que trop péniblement la parole de l’interlocuteur. La bonne nouvelle est que pour chaque question fermée, il existe une question identique sous forme de question ouverte.

Le management repose entre autre sur la forme de nos propos. Nous préfèrerons donc « Comment se sont passées les vacances ? » en lieu et place de « Les vacances se sont bien passées ? »

Les relances

Trois type de relances sont particulièrement efficaces et évitent le sempiternel « dis m’en plus » ou « mais encore » un peu rébarbatif et manquant terriblement de finesse.

1.      La relance écho pouvant s’accompagner de « c’est-à-dire ». L’objectif est de creuser le mot intéressant de la phrase.

–         Avec ce client c’est toujours compliqué !

–         « Compliqué ? C’est-à-dire ? »

–         Bah oui, il est tatillon et cherche toujours à négocier en mettant une pression maximale.

2.      La relance silencieuse : C’est la relance la plus efficace, la plus simple à réaliser car « il suffit » de ne rien dire, de montrer à l’interlocuteur que l’on attende qu’il poursuive et automatiquement, il va développer ses propos. L’être humain déteste les blancs et les silences. Il se sent alors obligé de développer son propos, vous n’avez qu’à compter jusqu’à 2 dans votre tête et c’est gagné ! La vraie difficulté c’est de se retenir de combler de vide, de laisser son égo de côté et de laisser à l’autre la place de s’exprimer pleinement.

3.      La relance écho sur dissonance : soit les propos de l’interlocuteur sont congruents « ton briefing est très clair, j’ai parfaitement compris ce que l’on attend de moi » soit ils sont dissonants : « globalement, ça me semble plutôt clair » et dans ce cas, il est indispensable de creuser la relance avec une relance écho sur dissonance :

–         Comment s’est passé la réunion ?

–         Dans l’ensemble, elle s’est bien passée.

–         « Dans l’ensemble », c’est-à-dire ?

–         Non mais elle s’est bien passée, c’est simplement que la tension était palpable entre Franck et Gisèle au sujet de l’implémentation du nouveau SI, le climat se dégrade de plus en plus entre les deux, il est urgent de faire quelque chose.

On apprend beaucoup en étant à l’écoute des dissonances : c’est un levier indispensable pour lire entre les lignes et savoir ce que l’interlocuteur pense réellement. « Plutôt, dans l’ensemble, globalement, relativement, pas mal, pas inintéressant, oui oui, non non… », toutes ces formulations révèlent des difficultés sous-jacentes qui méritent d’être creusées pour savoir concrètement ce que pense l’interlocuteur.

Les limites de l’empathie ou comment diriger l’échange

Il est déterminant de ne pas laisser le collaborateur tourner en rond sur les problèmes en apparences insolubles, ni de le laisser s’empêtrer dans une victimisation de sa personne luttant désespérément contre les embuches que la vie met sur son passage. Il est indispensable d’orienter la discussion pour rendre l’autre acteur de son développement en l’aidant à se projeter pour qu’il ait à nouveau prise sur le monde qui l’entoure.

« Que peux-tu faire ? Qu’est-ce qui est en ton pouvoir pour améliorer la situation ? Sur quoi as-tu prise ? » C’est l’essence même du rôle de manager coach : rendre le collaborateur acteur et responsable de l’évolution des situations. Si aucune solution n’émerge, il faut alors être capable de clore l’entretien et laisser le temps au collaborateur de faire le cheminement qui lui permettra de trouver les solutions adaptées à sa problématique.

Les opportunités de pratiquer l’écoute

Les opportunités de pratiquer sont multiples et les progrès viennent très rapidement. Vous pouvez-vous entrainer avec votre gardienne, le commerçant au pied de votre immeuble, vos enfants, vos amis ou tout autre être humain désireux de sociabiliser.

Et pour savoir si vous êtes sur la bonne voie, posez-vous sincèrement la question à chaque fois que l’échange avec un collaborateur se termine : qui a davantage parlé ? Est-ce lui ou bien moi ? L’échange lui a t-il permis de se recharger en énergie ou bien repart-il plombé et démoralisé ?

En définitive, l’écoute active est un levier facilement accessible, et l’essayer c’est l’adopter.

Loi travail : réformer la France ou l’art de conduire le changement

Depuis maintenant plus de trois mois, une partie des syndicats et des travailleurs s’opposent de façon particulièrement virulente au gouvernement et à certaines institutions de notre pays au sujet de la loi travail. Que ce soit la réforme du CIP sous l’ère Balladur, le plan Juppé ou encore le CPE sous François Fillon, nous ne comptons plus les exemples de réformes avortées après une pression de la rue. Continuer la lecture de « Loi travail : réformer la France ou l’art de conduire le changement »

DiCaprio, la palme de la résilience

Que ce soit dans Titanic, où l’univers tout entier semble comploter pour l’éloigner irrémédiablement de l’être aimé, dans Shutter Island où une île toute entière conspire contre lui, et bien entendu dans The revenant où il doit survivre, seul, dans le grand ouest, DiCaprio brille dans les rôles où le personnage résiste, lutte contre l’adversité et ne renonce jamais. Continuer la lecture de « DiCaprio, la palme de la résilience »