Good Morning Management

Qu'est-ce que le bonheur sinon l'accord simple entre un individu et l'existence qu'il mène. Albert Camus.

Chief Happiness Officer, ou l’art de mettre les molécules du bonheur en ébullition

Le très sérieux poste de Chief Happiness Officer ou CHO n’en est encore qu’à ses balbutiements mais il fait déjà partie des 5 métiers qui recruteront le plus demain. Nous explicitons ici le fonctionnement des quatre neurotransmetteurs constitutifs du bonheur pour déterminer les leviers d’action qui permettent de stimuler ces leviers motivationnels déterminants. Sensation d’un bien-être psychique et physique, amour, plaisir, leadership, plénitude, envie de mener des projets, motivation, énergie, confiance et estime de soi : la grande majorité des facteurs que l’on considère comme des composants du bonheur ont des constituants neurobiologiques.

A travers l’action de ces hormones, l’objectif est de mettre en exergue les responsabilités du CHO qui, demain, influera de manière probante sur le bien-être des collaborateurs, et par voie de conséquence, sur les performances globales de l’entreprise. Analyse scientifique d’un métier d’avenir plus challengeant et complexe que ce que l’on pourrait croire de prime abord.

Piloter l’activité avec proximité pour stimuler la Dopamine

La dopamine, qualifiée d’hormone de l’action, intervient dans la motivation, la projection d’émotions positives et nous pousse à aller de l’avant. Un bon niveau de dopamine favorise la mobilisation des énergies et encourage l’activité. L’excès de dopamine engendre l’état euphorique qui incite à rechercher des situations à risque et à l’inverse, une carence de cette substance rend passif, en plongeant l’individu dans un état réactif où il subit les choses, à la limite de la léthargie.

Il y a différents éléments qui favorisent la production de dopamine. L’activité physique augmente le taux de calcium, indispensable pour sa production et son utilisation par les cellules cérébrales. Il en va de même pour l’alimentation saine.

Les messages positifs que l’on reçoit sont aussi un excellent moyen d’augmenter le taux de celle que l’on appelle « l’hormone de la récompense. » Lorsque nous obtenons quelque chose que nous convoitions, de la reconnaissance de nos référents, un succès professionnel ; l’atteinte d’un objectif ; notre cerveau procède à une libération massive de dopamine qui génère une intense sensation de satisfaction.

A ce sujet, de récentes expériences suggèrent que l’anticipation même de la récompense favoriserait la libération croissante de substance et permettrait d’entretenir la motivation tout au long de la tâche effectuée. En d’autres termes, c’est la promesse d’une libération massive de dopamine qui nous incite à agir pour obtenir ce que nous désirons. D’où son rôle central dans le processus de motivation. Nous parvenons ainsi à rester motivés malgré le fait que l’obtention de notre objet de désir soit différée dans le temps. C’est elle que l’on ressent lors de l’atteinte de gros objectifs mais aussi lorsque l’on coche avec satisfaction une tâche de sa To-Do-List ou que l’on fait le tri de ses emails.

A cet égard, le Chief Happiness Officer devra donc être l’ambassadeur du fonctionnement en mode projet. Cette dynamique permet en effet de faire des points réguliers sur l’état d’avancement des sujets, de mesurer le chemin parcouru et de piloter la motivation et l’énergie des équipes dans la durée.

Le taux de sérotonine dépend notamment de la qualité de la relation

L’ensoleillement, le sport, les relations sociales, les pensées positives et les contacts physiques agissent positivement sur l’ensemble de l’organisme à travers une hormone, la sérotonine. Cette dernière influence de façon positive le comportement et l’humeur de l’individu. Elle apporte calme, bien être et confiance en soi. Elle est également responsable du sentiment d’appartenance, de fierté du statut social et joue un rôle dans la mécanique de reconnaissance.

Il incombe donc au Chief Happiness Officer d’intervenir sur l’agencement des espaces de travail, ces derniers ayant un réel impact sur le bien-être des équipes. Des espaces de travail ensoleillés, une salle de sport, une cantine proposant des produits de qualité et sains, sans oublier d’inciter les collaborateurs, à travers l’organisation d’évènements du type cours de yoga, à pratiquer certaines disciplines de développement personnel telle que la méditation, un outil essentiel pour accéder à l’équilibre émotionnel.

La sérotonine est diffusée quand on se sent important et utile. En d’autres termes, comprendre le sens et l’utilité des tâches qui nous sont confiées a un impact prépondérant sur l’envie de les réaliser. La sécrétion de la sérotonine nous apporte alors une humeur positive et constructive et nous permet de mener à bien nos projets.

Le CHO doit donc faire vivre l’idée qu’une entreprise jouissant d’un ADN cohérent verra le bonheur sonner à sa porte. Un ADN cohérent et formalisé permettra en effet à chacun de raccrocher ses tâches quotidiennes à la mission intemporelle de l’entreprise et aura donc, à juste titre, le sentiment d’être utile et de faire un travail qui a du sens et une réelle valeur ajoutée. Bien entendu, l’efficacité de ce levier dépendra aussi de la capacité du système à implémenter des projets pertinents, en cohérence avec la raison d’être de l’entreprise.

L’ocytocine : l’hormone du lien humain.

Elle est l’hormone de l’amour, de l’amitié, de la générosité et du lien humain. Nous la libérons lorsque nous passons du temps à la construction de la relation en face à face, celle qui nécessite une réelle intelligence émotionnelle et non pas celle qui existe via emails ou au travers des réseaux sociaux. Puisqu’elle nous permet de créer de vraies relations, elle renforce également la sensation de sécurité, la confiance, la sérénité et elle donne un coup de fouet à notre système immunitaire.

L’anxiété et le stress chronique fragilise petit à petit notre système immunitaire et inhibe la production d’ocytocine (et avec notre capacité à l’empathie et la générosité) conduisant certains au burn-out. Le stress inhibe aussi notre accès à la pensée claire. En d’autres termes, il nous empêche d’avoir l’esprit disponible pour les raisonnements logiques et l’action efficace. Nous évoluons alors dans les territoires limbiques de notre cerveau, sièges des émotions, avec la peur comme principal « carburant », et nous sommes dans l’incapacité de faire appel à notre cortex préfrontal, siège de la pensée.

Dès lors, il nous est impossible de communiquer efficacement avec nos congénères et chaque échange a de fortes chances d’ajouter encore d’avantage de complexité à une situation déjà tendue. Quand un manager stress ou contribue au stress de ses équipes, il va à l’encontre de l’efficacité et se place aux antipodes du principe même de leadership.

Il incombe donc au Chief Happiness Officer de permettre aux managers de proximité de faire vivre les conditions de la motivation auprès de ses équipes. Donner du sens, fixer des exigences motivantes, favoriser le développement des collaborateurs à travers une valorisation des progrès et des débriefings stimulants, poser un cadre et un système de valeurs en le faisant vivre dans la durée, toutes ces missions auront un réel impact sur l’état d’esprit et le bien-être des équipes. S’ajoute à cela la canalisation de l’affect qui permettra de gérer le stress et de rester factuel dans les moments où la tension sera un peu plus forte qu’à l’accoutumée.

ENDORPHINE : l’hormone du bien être psychique et mental

Il est à noter que le rire et l’activité sportive sont des éléments simples mais particulièrement efficaces pour déclencher la génération d’endorphine. Et ces dernières participent de plusieurs façons à notre santé et à notre bien être psychique et mental :

  • Elles permettent la diminution du stress et de l’angoisse, et par conséquent, favorise les échanges « d’adultes à adultes ».
  • Grâce à elles, le système immunitaire est plus résistant, ce qui contribue en toute logique à diminuer le nombre d’arrêts maladie des collaborateurs même si ceux causés par les virus et les bactéries ne sont pas les plus problématiques. En revanche, les arrêts maladie pour manque profond d’énergie sont en effet bien plus néfastes mais cela tombe bien, c’est aussi au Chief Happiness Officer, à travers la création des conditions de la motivation, de résoudre ce type de problématiques.
  • Elles améliorent de la qualité du sommeil et par voie de conséquence, jouent un rôle prépondérant sur l’humeur, le dynamisme, l’enthousiasme et la concentration des équipes.

Le CHO est donc le garant de l’atmosphère qui règne dans l’entreprise et, à travers des temps collectifs réguliers tout au long de l’année, il favorisera le dynamisme et un état d’esprit positif pour l’ensemble des équipes.

En résumé, les 5 missions transverses, concrètes et centrales du Chief Happiness Officer

Le Chief Happiness Officer doit donc jouer un rôle prépondérant sur l’organisation de l’entreprise à travers cinq missions bien distinctes :

  1. La formalisation d’un ADN cohérent pour donner du sens
  2. Le fonctionnement en mode projet pour garantir l’endurance des équipes
  3. Le développement de l’intelligence émotionnelle des managers
  4. L’agencement de l’environnement de travail
  5. L’organisation de temps collectifs et de moments festifs

Plusieurs études très sérieuses, la plupart venues de prestigieuses universités d’Amérique du Nord tel que Harvard ou le MIT, démontrent une corrélation évidente entre la proportion de salariés heureux et épanouis et la performance globale de l’entreprise à laquelle ils appartiennent. Par exemple, l’étude révèle qu’un « salarié heureux est en moyenne deux fois moins malade, six fois moins absent et qu’il serait neuf fois plus loyal que les salariés peu épanouis dans leur quotidien professionnel. » C’est dire l’immense responsabilité qui repose désormais sur les épaules de celui qui orchestre le bonheur en entreprise. De l’organisation en mode projet aux conditions de travail, en passant par l’agencement des espaces détente et des salles de réunions qui libèrent la créativité de chacun ; sans oublier le développement de l’intelligence émotionnelle des managers de proximité et la cohérence globale de l’ADN de l’entreprise, les champs d’actions du Chief Happiness Officer sont aussi stratégiques que diversifiés. Il s’agit donc bien d’un poste qui, avec l’intérêt croissant des salariés pour le développement personnel, va prendre une place de plus en plus centrale au sein des organisations.

 

 

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