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Qu'est-ce que le bonheur sinon l'accord simple entre un individu et l'existence qu'il mène. Albert Camus.

Roger Federer, back to the future

Roger Federer, Rafael Nadal, les sœurs Williams… L’Open d’Australie 2017 marque le retour de la « vieille » garde au premier plan du Tennis Mondial. Alors que certains se voyaient déjà « calife à la place du calife », Roger vient de décrocher son 18ème titre du Grand Chelem. Dès  lors, comment expliquer l’extraordinaire parcours du Suisse, qui, invariablement, empile les trophées du Grand Chelem ? Retour sur une longévité épatante… et somme toute assez logique.

La raison d’être de Federer ? Prendre du plaisir à perfectionner inlassablement son art en marquant l’Histoire des tournois du Grand Chelem. Cette raison d’être, intemporelle, Federer s’y accroche et elle ne varie pas d’un iota. Et ce rêve qu’il vit éveillé le transcende ! Il n’y a qu’à voir l’énergie phénoménale mobilisée pour venir à bout, en 5 sets, de son adversaire du jour, Rafael Nadal.

Ce supplément d’âme n’est finalement rien d’autre que la résultante d’un rêve intemporel qui donne du sens et une motivation hors du commun lui permettant de :

1.       Se dépasser

Tout au long du tournoi, le parcours du champion est admirable. Avec sa 17ème place au classement mondial, il a évolué dans une partie de tableau relevée ; ce qui, à 35 ans, n’avait rien d’une promenade de santé.

2.       Prendre du plaisir

C’est une notion qui est chère à Roger Federer. Cela se ressent sur le circuit et en interviews, notamment lors des Grand Chelem qu’il affectionne particulièrement. Et puis, est-il possible de jouer au Tennis pendant près de 20 ans au plus haut niveau si l’on ne prend pas de plaisir ? Vous avez 4 heures.

3.       Être lucide

Le Tennis est un sport qui n’est pas de tout repos pour l’organisme et les articulations, et le Suisse sait parfaitement s’adapter aux contraintes que lui imposent son corps « vieillissant ». L’énergie lui donne la lucidité de ne pas tomber dans l’euphorie. Il s’écoute, il écoute son corps, et surtout, il choisit ses tournois avec minutie pour continuer à vivre son rêve le plus longtemps possible. C’est ce que l’on peut appeler la quintessence de la motivation. 

4.       Être concentré et assumer ses choix

Après sa blessure au genou, il a su faire preuve d’humilité. A l’image d’un Rafael Nadal, il s’est remis en question et a travaillé sur deux choses : ses points forts et le foncier. Il assume ses décisions en acceptant de lâcher prise sur le classement mondial et de choisir les combats qu’il mène et qu’il prépare minutieusement. Il répète alors inlassablement ses gammes et il se concentre sur les fondamentaux et les gestes d’excellence pour être au top le jour J.

5.       Être dans une logique de solution et non de problème

Roger a prise sur son environnement. Ce n’est pas « je vieillis, je ne peux rien y faire ». Il pense plutôt : « Qu’est ce qui est physiquement et mentalement envisageable pour aller le plus haut possible tout en continuant à prendre du plaisir ? »

6.       Anticiper et privilégier une vision à long terme

Federer a l’énergie pour anticiper les choses. Être visionnaire lui permet de choisir une stratégie cohérente et adaptée à son contexte. Il ne fait pas l’erreur de privilégier la performance à court terme, mais construit plutôt une ambition à long terme d’où découlent la stratégie et la tactique. Ce sont ces dernières qui évoluent en fonction du contexte, tandis que le rêve, lui, demeure inamovible.

Dans un monde en perpétuelle évolution, c’est un enseignement majeur pour les entreprises qui espèrent performer dans la durée. Pour résumer, accrochez-vous à votre rêve, utilisez l’énergie à bon escient en adaptant votre stratégie et vos projets à moyen terme au contexte et à vos capacités du moment.

Nous laissons Federer à son nouveau projet à long terme, qui cette fois sera certainement le dernier : la médaille d’or au JO 2020, à peu près le seul titre qui manque à son incroyable palmarès. Une façon pour lui de prouver, et ce n’est pas la génération X qui le contredira, que c’est finalement dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes.

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