Good Morning Management

Qu'est-ce que le bonheur sinon l'accord simple entre un individu et l'existence qu'il mène. Albert Camus.

2017, comment tenir nos bonnes résolutions au-delà de fin Janvier ?

Tenir une parution hebdomadaire sur un blog, courir trois fois par semaine, manger sain, arrêter de fumer, perdre du poids et parfois tout cela à la fois ; la nouvelle année est souvent la date butoir où l’on décide, « une bonne fois pour toutes », de prendre des engagements et surtout, de s’y tenir dans la durée. En 2007, une étude menée par Richard Wiseman de l’Université de Bristol impliquant 3 000 personnes a démontré que 88% des bonnes résolutions de la nouvelle année échouaient. Dès lors, comment peut-on expliquer que nos résolutions de la nouvelle année ne tiennent généralement pas au-delà de fin janvier ? Quelles stratégies adopter pour tenir vos résolutions dans la durée ? En ce début d’année, voici toutes les clés pour que, cette fois, ça marche pour de bon.

  1. Nous nous mettons durablement en mouvement grâce à un projet qui fait sens.

Peut-être faudrait-il commencer par ne plus appeler cela une résolution. Car de la notion de (ré)solution peut rapidement découler la notion de problème à résoudre. Et c’est en réalité la première erreur qu’il faut à tout prix éviter : chercher à résoudre un problème pour échapper à une douleur ou à un échec.

En lieu et place de cette stratégie d’évitement, nous vous invitons plutôt à vous mettre en projet. Un projet qui représente un véritable défi, la réalisation d’un rêve ou l’accomplissement d’une réussite majeure.

Avec « Summit of my life », le champion de trail running Kilian Jornet s’est lancé pour défi de gravir sept des plus hauts sommets au monde en y établissant de nouveaux records d’ascension et de descente et ainsi marquer à jamais l’histoire de son sport, comme l’italien Bruno Brunod avant lui.

A travers ce projet hors norme, « l’ultraterrestre » tient un levier motivationnel lui garantissant tous les matins l’énergie nécessaire pour enfiler ses baskets ou ses skis et partir pour des sorties de plusieurs dizaines de kilomètres.

Fort heureusement, il n’est nul besoin d’un projet hors du commun pour utiliser ce ressort essentiel de la motivation. Prenons un exemple fictif pour concrétiser cette notion ; toute ressemblance avec une personne existante ou ayant existé est purement fortuite.

Audrey, working girl accomplie, vit à Paris et ne compte pas ses heures. Ses responsabilités contraignent souvent cette épicurienne à avaler un sandwich sur le pouce en guise de déjeuner et à se faire livrer son diner, faute de temps (et d’envie) pour se préparer un repas digne de ce nom. En 2017, elle souhaite, en guise de bonne résolution, rééquilibrer son alimentation pour perdre un peu de poids.

Audrey, des rêves pleins la tête, projette aussi à moyen terme d’ouvrir une chambre d’hôtes à la campagne. Au menu, des produits issus de l’agriculture biologique et venant tout droit de son potager pour faire découvrir aux touristes les merveilles de la gastronomie française.

Vous l’aurez peut-être deviné, nous conseillons à Audrey de « s’imposer » de se mettre au fourneaux une à deux fois par semaine pour se préparer des bons petits plats sains et équilibrés et ainsi tester ses futures recettes maison qui feront la joie de ses convives. Ses efforts quotidiens (faire les courses, vérifier la provenance des produits, tester des recettes complexes) seront alors portés et soutenus par l’énergie endogène de son projet à long terme.

En résumé, la « nouvelle activité » ou l’arrêt d’une mauvaise habitude ne doit finalement être que la déclinaison tactique permettant de concrétiser un projet motivant et inspirant. Bien entendu, n’est pas Kilian Jornet qui veut. Cette mise en mouvement à travers un tel projet est rendue possible parce que son projet est cohérent avec son ADN et ses sources de plaisir.

  1. Nous nous mettons durablement en mouvement quand nous prenons du plaisir

Comme bon nombre de personne, Audrey a tenté de suivre l’exemple de Jornet en se mettant au running mais ses différentes tentatives n’ont été que peu concluantes. « Je cours une heure parce que mon médecin me dit que si je ne perds pas rapidement du poids j’aurais des problèmes de santé mais je n’ai qu’une seule hâte, c’est que cette heure interminable prenne fin ».

Il s’agit du discours typique de quelqu’un pour qui le running n’est que « motivation finale » avec la volonté pour seul et unique levier de mise en mouvement. La motivation finale est le plaisir résultant de l’achèvement de l’action. Quand on ne prend pas de plaisir à réaliser une action, le plaisir survient lors de l’atteinte du résultat, au moment où l’action se termine. C’est le fait de visualiser l’atteinte dudit objectif qui nous met en mouvement et qui nous pousse à avancer.

Dans ce cas, l’activité coûte de l’énergie à l’individu, il va avoir tendance à bâcler sa tâche pour s’en débarrasser le plus vite possible et si jamais l’action dure trop longtemps, il se démotivera probablement. Il utilisera un temps le ressort de la volonté pour avancer, avec le découragement et l’abandon en ligne de mire ; la volonté étant une ressource mentale extrêmement limitée.

Lorsque l’on parle de volonté, il y a une notion d’effort, voire de contrainte alors que derrière la notion de motivation se cache la notion de plaisir. Dans un cas, c’est le cerveau et la raison qui parlent ; dans l’autre, c’est le cœur, les tripes et donc l’émotionnel qui prend le dessus. On ne vit alors pas l’activité de la même manière, quelle qu’elle soit, s’il y a une obligation de faire ou bien si la mise en mouvement est due à l’envie de faire. []

Celui qui résonne de cette façon a de fortes chances de repousser le réveil parce qu’il pleut, parce qu’il fait froid ou parce que la soirée de la veille a été un peu trop arrosée. Toutes les excuses seront bonnes pour rapidement remiser ses chaussures de running au placard. Cette personne se concentre sur la finalité, ne prend aucun plaisir dans l’action, s’épuise et finit par renoncer purement et simplement à ses bonnes « résolutions ».

A l’inverse, la motivation que l’on va qualifier d’instrumentale est la motivation à faire l’action, où l’on prend beaucoup de plaisir dans sa réalisation. Nous retrouvons ce levier dans les activités qui nous ressourcent, qui nous permettent d’emmagasiner de l’énergie. Celui qui, à l’image de Kilian Jornet, se dit : « je prends du plaisir communier et à être en harmonie avec la nature, à admirer l’environnement et la splendeur du levé du jour, à sentir la rosée du matin et les endorphines faire effet » ne loupera pour rien au monde une sortie parce qu’il va prendre du plaisir à faire l’action sans (presque) jamais penser au résultat final.

Et il en va de même au sein de l’entreprise. De nos jours, de nombreux salariés sont invités à répondre à des « engagement survey », les fameuses enquêtes très à la mode destinées à mesurer le niveau d’engagement des collaborateurs d’une entreprise.

Dans la plupart des cas, les retours de ces enquêtes sont positifs et confortent les dirigeants dans le fait que les équipes sont très investis au sein de l’entreprise. Même sans enquête préalable, il est assez aisé de constater qu’effectivement, dans notre entourage professionnel, les collaborateurs sont globalement très engagés, investis dans leurs missions et qu’ils ne comptent pas leurs heures.

Dans le même temps, ils peuvent se sentir fatigués, considérer que leur mission n’a pas beaucoup de sens, ne pas adhérer à la stratégie globale de l’entreprise et avoir un mal fou à sortir du lit le matin. La plupart d’entre nous a au moins un collègue en tête qui est extrêmement volontaire et assidu mais finalement assez peu enthousiaste au quotidien. Et sur la durée, celui-ci perdra petit à petit toute envie, avec fatalement, une diminution de sa productivité, voire, dans les situations les plus graves, un burn-out.

Cela peut sembler paradoxal de prime abord mais ces deux sentiments ne sont pas pour autant contradictoires. Plusieurs hypothèses sont en effet envisageables. Le collègue en question a une valeur travail liée à son éducation ; il est très attaché à l’entreprise car il y travaille depuis de longues années ; ou alors il se sent redevable auprès de son patron ou de ses équipes mais ce n’est pas pour cela qu’il prend du plaisir et qu’il est heureux de se lever le matin pour aller bosser. Et pourtant, c’est cette notion de plaisir qui fait toute la différence et qui est le réel levier d’une performance durable.

  1. Nous nous mettons durablement en mouvement grâce à nos points forts

Comment trouver des activités plaisir ? Il suffit d’aller chercher en nous-même et de savoir qui l’on est.

Kilian Jornet a été sur-applaudi dans l’enfance sur ses capacités d’endurance. En effet, sa mère, passionnée de nature et son père guide de haute montagne, aiment raconter les balades de plus de 8h qu’ils faisaient en famille alors que kilian n’avait même pas deux ans. Cette scène fondatrice fait comprendre à l’inconscient du petit Kilian « quand je suis endurant, quand je montre que je peux marcher des heures sans me fatiguer, mes parents le voient, sont fiers de moi et m’aiment encore plus. Et j’existe au yeux de tous à travers cela puisque mes parents racontent cette anecdote dès qu’ils en ont l’occasion ».

Les conséquences de ce regard des parents sont tout bonnement hallucinantes. Il gravit son premier sommet à plus de 3 000 mètres d’altitude à l’âge de trois ans et son premier 4000m, le Breithorn dans les Alpes, à l’âge de six ans. A 20 ans, sa participation à la légendaire course de l’ultra trail du mont blanc (UTMB) n’est pour lui qu’un pur moment de bonheur, une source phénoménale de plaisir et de motivation car à ce moment précis, ce qu’il fait est en parfaite cohérence avec la scène fondatrice de sa prime enfance. Il le dit lui-même : « Ce n’est pas une course, c’est une introspection, c’est aller chercher en nous-même qui ont est. »

Autre exemple de réussite (et non des moindres) en lien direct avec le regard d’un référent, celui de Madonna. Très jeune, elle prend des cours de piano et a déjà un pied dans un domaine artistique. Mais assez vite, elle parvient à convaincre son père de lui laisser suivre à la place des leçons de piano des cours de danse classique. C’est dans ce cadre qu’elle rencontre un référent secondaire qui va bouleverser sa vie : son professeur de danse Christopher Flynn.

Il sera le premier à lui donner une très forte estime d’elle-même en lui disant qu’elle est belle, talentueuse et charismatique. Par son regard et son accompagnement sans faille, il a fait naître chez Madonna l’idée d’une carrière de danseuse à New York. Les nombreux succès de la reine de la pop émanent à n’en pas douter de ces nombreuses stimulations positives reçues dans son enfance qui ont générées une motivation quotidienne à créer des spectacles, des chorégraphies et des démonstrations scéniques plus incroyables les unes que les autres. Madonna s’éclate sur scène, ça se voit, ça se sent !

Pendant ses vacances à la campagne, Audrey partageait son temps entre randonnées en forêt, ateliers pâtisserie avec sa grand-mère et balades à vélo en famille. Cette dernière aura par conséquent beaucoup plus de chance de tenir ses bonnes résolutions en décidant de marcher davantage ou de se rendre au bureau à vélo que si elle se fixe pour objectif de terminer le marathon de Paris.

Il est indispensable de faire ce travail d’introspection pour trouver les domaines sur lesquels nous avons été valorisés par nos référents et qui vont générer une importante source de plaisir. Ces points forts « naturels » sont à cultiver au quotidien à travers des activités plaisir car ils seront source d’épanouissement. Les activités seront alors beaucoup plus faciles à tenir sur la durée.

En résumé, pour réussir à tenir vos bonnes résolutions sur le long terme, il est primordial de se fixer des objectifs en lien avec des activités que l’on prend plaisir à pratiquer, activités généralement en lien avec nos zones de conforts sur lesquelles nous avons été valorisé par nos référents. Se faisant, il n’est plus nécessaire de puiser dans sa volonté car la motivation à faire l’action nous permettra une mise en mouvement spontanée et naturelle permettant de recharger les batteries.

Il ne vous reste plus qu’à vous poser ces « simples » question : quel(s) projet(s) et quelles activités plaisir cohérentes avec mon ADN vont me permettre de concilier plaisir dans la durée et atteinte de mes objectifs ?

Quoi qu’il en soit, l’équipe Kohé vous souhaite de prendre beaucoup de plaisir à réaliser vos projets avec pour conséquence, une année 2017 exceptionnelle.

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