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Qu'est-ce que le bonheur sinon l'accord simple entre un individu et l'existence qu'il mène. Albert Camus.

Rosberg, pourquoi il quitte la F1 encore plus vite que la grille au départ d’une course ?

Qu’à t-il bien pu se passer dans la tête de Nico Rosberg pour qu’il décide d’abandonner son fauteuil de champion du monde ? Le clan Mercedes pouvait-il anticiper un tel cataclysme ? Et plus important que tout, à quoi est dû ce retournement de situation aussi soudain qu’inattendu ? Retour sur la semaine qui a changé la vie de cet immense champion.

  1. Keke Rosberg, ce coach dont le regard développe des points forts

Fils d’un champion de formule 1, il semble naturel pour l’enfant qu’était Nico de chercher à exister aux yeux de son père à travers les sports mécaniques. Quoi de plus naturel que de chercher à développer des qualités sur la thématique qui passionne les parents ? C’est à n’en pas douter le chemin le plus court pour obtenir la reconnaissance positive après laquelle nous courrons tous.

Il y a de nombreux exemples de sportifs qui ont bénéficié de la présence à leurs côtés de « parents / coachs » avec pour conséquence systématique des performances exceptionnelles. Prenez Kilian Jornet, Mozart, Tiger Woods, Kentin Mahé, Aldo Montano et tant d’autres ; leur dénominateur commun, au-delà d’être des champions, est qu’ils brillent tous dans la discipline qui passionnait leurs parents avant eux.

Chaque samedi, en guise de soutien et d’encouragement, Keke envoie un sms à son fils en disant « mets les gaz à fond ». Une attitude très positive qui pousse son fils à se dépasser avec en toile de fond, le plaisir, l’exaltation et l’ivresse de la vitesse qui galvanise chaque pilote.

Keke Rosberg : « Il faut bien dire quelque chose. Que lui conseiller ? Ne rate pas le premier virage ? Il faut quelque chose qui maintienne le moral, qui donne du plaisir. Le sport ne devrait être que cela… »

  1. Un objectif ambitieux mais limitant en guise de projet

Keke Rosberg : « J’ai appris à mon fils les trois règles de ce sport : remporter une course, puis Monaco et un titre. Il devait cocher les croix pour espérer y arriver. »

Et ces différentes croix ont effectivement été cochées. Le 5 avril 2012 à l’arrivée du Grand Prix de Chine, Nico monte pour la première fois sur la plus haute marche du podium. Une première aussi pour une Flèche d’Argent en Formule 1 depuis 1955.

En 2013, il gagne le Grand Prix de Monaco, trente ans après son père, et il pose ainsi le deuxième jalon de ce projet ambitieux.[]

En ce qui concerne le sacre, Rosberg a bénéficié d’un levier extrêmement puissant : la motivation revancharde. Le fait d’avoir, à deux reprises, lors des saisons 2014 et 2015, finit deuxième, a généré encore davantage de motivation à remporter son graal, le titre de champion du monde.

Nico Rosberg au micro de Pierre Tassel : « Je peux vous le dire, cette saison a été sacrément difficile. Après la grande déception des deux dernières années, j’ai tout donné comme un fou et n’ai rien laissé au hasard. Ces déceptions ont emmené ma motivation à un autre niveau. Un niveau que je n’avais encore jamais atteint. »

La motivation revancharde nait d’un échec, d’une frustration ou potentiellement d’une humiliation. C’est une scène fondatrice où l’on se dit : « je ferais tout pour laver l’affront, pour ne plus revivre pareille déception ou désillusion ». L’élection de Donald Trump est à cet égard, un très bel exemple de motivation revancharde.

En 2011, lors du diner annuel de l’Association des correspondants accrédités à la maison blanche, Barack Obama avait raillé la possibilité que Trump devienne un jour président des Etats-Unis et s’était longuement moqué de lui. Aux dires des conseillers politique de Trump, c’est à la suite de cet « incident » qu’il a décidé de prendre sa revanche en se lançant dans la course à l’investiture.

Au-delà de la motivation revancharde liée à ses échecs, Keke Rosberg a donné une véritable feuille de route à son fils et en bon gestionnaire de projet, il a su l’encourager en posant les jalons qui lui ont permis d’atteindre des sommets. Seul ombre au tableau : la définition dudit projet.

En effet, tel qu’il est formulé, « remporter un titre », le projet n’est finalement qu’un objectif SMART (spécifique, mesurable, atteignable, réaliste et timé). Et c’est la raison pour laquelle l’atteinte simultané de l’objectif et du projet sonne le glas de la carrière du fils Rosberg.

C’est un précepte valable pour les sportifs mais qui s’applique dans le monde de l’entreprise en général : « quand le projet n’est qu’un objectif, le champion n’est qu’une comète ». Le meilleur vendeur du monde finira par s’épuiser et n’obtiendra plus de résultats si son unique but dans la vie est d’atteindre son objectif mensuel sans jamais se poser la question du sens inspirationnel de son action.

  1. Une mission intemporelle pour écrire l’histoire dans la durée

Les plus grands (sportifs, dirigeants, chefs d’entreprise, artistes…), ceux qui marquent en profondeur l’histoire de leur discipline, ont tous en commun un ressort motivationnel qui leur permet d’exceller sur le long terme : une mission intemporelle.

Michael Schumacher, septuple champion du monde, n’avait qu’une obsession : être toujours plus rapide et pousser la machine au maximum de son potentiel. Cette « mission » intemporelle a permis à « schumi » de ne pas se contenter d’un seul titre de champion du monde mais au contraire de persévérer pour aller toujours plus vite, plus loin, plus haut.

La mission de Steve Jobs était de perpétuellement challenger l’existant pour offrir à l’Homme des extensions de lui-même toujours plus performantes et pertinentes. Il a découlé de cette mission tous les succès de la marque à la pomme, chaque projet étant un moyen de servir cette magnifique raison d’être.

La mission de Walt Disney était de réveiller l’enfant qui sommeille en chaque adulte. Les dessins animés, les parcs d’attractions, les films Marvel ou encore les séries HBO, tous ces projets nourrissent ce but intemporel.

En résumé, définir une mission intemporelle, une véritable raison d’être dont découlent des projets cohérents est la meilleure façon d’obtenir une réussite hors du commun. Cette phase de la définition d’un ADN cohérent est capitale et doit par conséquent être prise très au sérieux :

  1. Qui est-on ? Quels sont nos points forts ? Quelles sont nos valeurs ?
  2. Quelle est notre raison d’être, notre mission ? A quoi sert-on ?

Nous ne pouvons que conseiller à Nico Rosberg, en quête d’un nouveau projet de vie, de chercher des réponses à ces questions. Son titre de champion du monde est la preuve qu’a minima, il sait gérer le stress, qu’il a de bonnes capacité de concentration, qu’il a de bons réflexes et une détermination sans faille. Partant de ce postulat, quel lien peut-il faire entre tous ses points forts, son ADN et ses futurs projets ? Lui seul a la réponse. Nous lui souhaitons simplement de trouver une voie qui lui permettra de s’épanouir pleinement et durablement.

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